les formes joyeuses de Joel Shapiro
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Joel Shapiro joue avec l'espace. C'est un artiste, un sculpteur new-yorkais d'une soixantaine d'années. Son oeuvre est volontairement tournée vers le monde des signes plutôt que des images. Autrement dit, Shapiro refuse d'être un imagier autant qu'un illustrateur. Visuellement minimalistes, ses oeuvres sont en équilibre dangeureusement tangible avec le monde réel qui nous entoure. D'une certaine façon, cette tension n'est pas si éloignée de ce que dégage par exemple les oeuvres de Richard Serra. Cependant, l'oeuvre de Shapiro entretient un lien beaucoup plus fort avec la notion de figure car il n'est pas rare que ses formes flirtent entre l'abstraction et la figuration.
Et puis, c'est assez joyeux. Les sculptures de Shapiro s'élancent dans le ciel dans un mouvement ascendant et géométrique. Malgré tout, je préfère la gravité pour moi complètement fantastique des volumes de Serra. Ce n'est pas le même genre. En tout cas, l'oeuvre de Shapiro trouve son sens dans l'univers new-yorkais avec lequel elle est en osmose ou en correspondance.
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Laurence Bonnel, une oeuvre entre ciel et terre
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Dans son atelier niché au fond d'un immeuble de la rue Michel-Ange, sous cet auspice précieux, Laurence Bonnel travaille à sa sculpture: des personnages longilignes qui se découpent en ombres chinoises, dans le jeu des lumières, sur les murs blancs. Sculptrice, elle crée des silhouettes architecturées, presque primitives, dont émane une grande présence. Occupation des sols, occupation de l'espace, sa sculpture est un lien entre la terre et le ciel. C'est ainsi qu'elle aime à la présenter. Laurence, cette jolie et grande trentenaire, a commencé à pratiquer le modelage il y a une dizaine d'années. Plus qu'une passion, cette autodidacte en a fait son métier. Après des études d'histoire de l'art, et forte de ses cours de dessins, elle s'est lancée entièrement dans la traduction de ses visions intérieures.
Deux thèmes s'imposent dans l'oeuvre de laurence Bonnel depuis quelques années : celui des couples et celui de la foule. Le motif de l'humain, récurrent et central dans son imaginaire, est épuré jusqu'à la stylisation formelle qui évoque d'emblée l'art de Giacometti ou les corps cubistes d'un Zadkine. Mais, modeste et entière, l'artiste refuse les étiquettes et les filiations un peu faciles. Elle a son propre style et son oeuvre existe par et pour elle-même. Cette sculptrice mène une réflexion sur la place de l'individu, la solitude dans la multitude, l'absence cachée dans la présence des corps. Sans visages, asexués mais sensuels, ses personnages sont des mises en abîme d'un moi profond. Il n'y a aucun pathos dans sa façon minimaliste d'exprimer l'humain, mais une tranquillitué qui révèle une vision croyante dans les forces de la vie et de la nature. Les corps, dans son oeuvre étirée vers le ciel, sont autant des lianes que des cathédrales.
Le processus créatif de Laurence Bonnel accorde de plus en plus d'importance au dessin, d'après lequel elle pense la présence de ces longues silhouettes architecturales. Elle modèle en retranchant directement de la matière dans ses blocs de terre glaise et humide comme une prise en taille directe. Appelée à des rêves de monumentalité pour ses oeuvres, Laurence Bonnel verrait bien ses sculptures rejoindre la nature, la terre, pour y être ancrées. Actuellement, l'artiste travaille sur l'idée du cadre dont les personnages s'affranchissent ou dans lequel ils se fondent. La sculpture, art en trois dimensions, prend ici tout son sens. Et Laurence de mener son jeu sur les volumes et l'harmonie des masses. Epuration des lignes et des matériaux, singularité des contours, son style s'impose par un graphisme simple et équilibré. La sculptrice aime la matière; aime la terre, aime le bronze. Traduites dans le métal par les Fonderies Fusion, ses figures sont patinées dans des noirs profonds et toujours sobres.
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Les sculptures du Parc Monceau
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Sympa de faire une petite ballade au Parc Monceau en regardant les groupes sculptés du 19e siècle qui furent déposés en hommage aux poètes et aux musiciens. Dans l'esprit des jardins anglais, ce parc qui a été remanié du temps des travaux du Baron Haussmann a été enrichi de sculptures principalement sous la Troisième République. Par exemple, on y découvre un groupe à la mémoire de Guy de Maupassant. C'est l'oeuvre du sculpteur Raoul Vernet, autrement dit un nom que bien d'entre nous ont oublié..voire dont ils n'ont jamais entendu parler. Inagurée en 1897, c'est un exemple assez typique de la statuaire commémorative aux hommes illustres. On y voit une élégante, accoudée au monument et qui symbolise la femme dans l'oeuvre du romancier autant que sa lectrice.
Plus célèbres sont Antonin Mercié et Alexandre Falguière, sculpteurs a qui furent commandé le monument à Alfred de Musset. Ce groupe s'inspire de La nuit de mai, un poème paru en 1835. Ce monument a été inauguré au départ dans Paris avant de rejoindre le Parc Monceau en 1981. Autre monument important de la promenade, celui à Frédéric Chopin, sculpté par Jacques Froment-Meurice et qui montre le grand artiste à son piano, en train de composer la marche funèbre. Moi, je trouve toujours ces monuments assez touchants et amusants, certes un peu éculés, mais ils sont des témoins de la statuaire publique officielle du 19e siècle et en valent bien d'autres. Quand on voit les sculptures commémoratives actuelles, on peut finalement penser que ces oeuvres sont d'une belle qualité plastique et poétique.
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Le parc de sculptures en plein air d'Anvers
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Si vous passez à Anvers, ne vous privez pas d'un petit tour au Middelheim, le parc de sculpture en plein air. C'est un endroit de référence où l'on trouve notamment un bel Ours Blanc de François Pompon, des sculptures de Maillol, Moore et autres modernes. Fondé en 1950 après une exposition temporaire de sculptures dans le parc municipal, le Musée du Middelheim a été beaucoup soutenu par l'action de Cécile Goldscheider, qui fut longtemps la conservatrice du Musée Rodin, à Paris.
Le calme et la quiétude des lieux, l'environnement forestier, permettent d'apprécier les sculptures d'une autre façon que dans un musée classique. Voilà un éden insoupçonné dans la ville. On n'imagine pas, de prime abord, les difficultés que soulève la conservation des oeuvres d'art en plein air. Problème d'hydrométrie, d'érosion...en même temps, les influences atmosphériques patinent les pièces d'une façon inattendue en y laissant coulures et marbrures.
Ci-contre : La Vierge folle de Rik Wouters, un artiste très célèbre en Belgique et qui fut aussi un grand peintre
Voir aussi : Expositions & Evènements | Sculpture
Qui a sculpté le Manneken Pis?
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Comme c'est noël, on va lui faire une fleur, au Manneken Pis. On va parler un peu de lui. Après tout, c'est une sculpture aussi, pas qu'un vulgaire attrait touristique. De son nom de petit Julien, ce bonhomme d'une quarantaine de centimètres, en bronze, est à deux pas de la Grand Place. On le sait, son petit sexe fait office de fontaine, donnant prétexte à de multiples photographies des passants et aux rires hilares des enfants. Seulement, qui songe encore qu'elle est l'oeuvre de Jérôme Duquesnoy, sculpteur auquel elle a été commandée en 1619. Cependant, dans les turpitudes de l'histoire, l'original semble avoir disparu et ce serait donc un copie de la sculpture que nous contemplons aujourd'hui béatement ou avec déception.
Mais l'histoire ne fait que se répérer car la commande passée à Duquesnoy avait déjà vocation à remplacer une première statuette de bonhomme en train d'uriner...qui était en pierre et très usée. La famille Duquesnoy est un egénéalogie complexe et dont je vous passe les détails. Retenez juste pour la forme que c'est ici de jérôme dit le vieux dont il est question.
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Robert Couturier
Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink
J'aimerais vous inviter à revoir ou à découvrir la sculpture de Robert Couturier, dont plusieurs oeuvres sont présentes dans les collections permanentes de la Fondation Maillol. Né en 1905, ce sculpteur a aujourd'hui presque 103 ans..Son oeuvre est marquée par une grande inventivité, un humour, une décomplexion qui le sépare des académiques de sa génération. Il utilise toutes sortes de matériaux et surtout a pratique le plâtre direct (sans travail de la terre). Il est normal de le retrouver chez Maillol car Couturier fut son élève dans la fin des années 1930. Après les années de la Seconde Guerre Mondiale, où il fut prisonnier et réussi à s'évader d'un camp, il fut nommé prof à l'Ecole des Beaux-Arts. Il enseigna notamment la sculpture à Lisbeth Delisle, une artiste contemporaine qui a une oeuvre intéressante et travaille depuis années le carton.
On doit encore retenir que Couturier fut l'un des fondateurs du Salon de Mai, une manifestation très importante dans les années 60-70. Très intéressant, vous pouvez lire l'article qui lui est consacré sur Wikipédia et dans lequel on trouve une photographie extraite d'une vidéo qui présente le témoignage de Couturier. Un homme simple pour une oeuvre importante qui mériterait d'être plus souvent exposée qu'elle ne l'est à l'heure actuelle dans les musées français.
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Martan Pan à Belleville
Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink
Paris et sa banlieue possèdent tout un tas de super fontaines qui sont aussi des objets d'art. Anciennes et modernes, j'ai choisi aujourd'hui de lorgner du coté de ce qu'a fait la sculptrice Marta Pan dans ce domaine. Femme artiste qui vit à Paris depuis 1947, elle s'est vu confier beaucoup de projets artistiques urbains dans sa longue carrière. Mise en scène de l'espace, ses oeuvres sont généralement séduisantes, comme ici à Saint Quetin en Yvelines où ses formes ciculaires répondent aux échos du plan d'eau.
Dans Paris, on peut voir la fontaine du Labyrinthe, pour faire un écho au blog sur l'oeuvre de l'artiste contemporain Jeppe Hein. Cette fontaine, installée vers Belleville (place des fêtes), est l'oeuvre de Marta Pan. Son érection a été décidée en 1980. C'est clairement la forme d'un labyrinthe circulaire, vous savez comme ces jeux de bille quand on était enfant...sauf que c'est une fontaine. Marta Pan, La fontaine labyrinthe a été inaugurée en 1986. Elle a aussi réalisé des sculptures flottantes assez chouettes, ça me fait penser à une île flottante (il est midi).
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La galerie Nelson reçoit Klingelhöller
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
La sculpture moderne et l'espace, c'est un poncif qui fonctionne toujours à merveille. Et je dis cela en m'émerveillant le plus souvent des rapports que les volumes entretiennent avec les lieux même de leur conception, de leur exposition puis de leur conservation. Le dialogue entre les temps, c'est par le biais de l'espace et de la contextualisation de la sculpture qu'il est est finalement le plus visible, le plus sensible. Tout ça, excusez du peu, pour vous introduire la nouvelle exposition que consacre la galerie Nelson, à Paris, à l'artiste allemand Harald Klingelhöller, un élève de Klaus Rinke à Düsseldorf dans les années 70. Minimaliste sans doute, matérialiste aussi, il invite à une mise en regard des mots et des espaces.
Ici, on découvrira surtout une série (grand dada de l'art contemporain) de cabinets commencée en 2005 par l'artiste. Réalisés dans des matériaux divers propre à l'art sculptural, il s'agit finalement d'une revisitation d'un motif essentiel tant dans l'art du design que dans l'histoire de l'art. Curieuses et ludiques, tout en étant efficaces et graphiques, ces pièces jouent sur l'ambiguité du statut de l'oeuvre et de l'objet. Les tiroirs-mots réalisés par Klingelhöller invitent à reconsidérer à la lumière du contemporain le dilemne de la poule et de l'oeuf. Qui fait naître quoi? A voir du 12 janvier au 29 février, pour mettre un mot sur un projet, un désir sur une envie et mieux découvrir l'oeuvre de ce créateur allemand.
Voir aussi : ActuArt | Expositions & Evènements | Sculpture
Quizzart: qui signa le décor des Folies-Bergères?
Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink
La façade des Folies-Bergères, cette salle de spectacle très connue des parisiens et des touristes, est ornée d'un grand bas-relief. Mais qui connait le nom de son auteur? C'est Picot, autant dire pas le plus célèbre artiste des années 30. On trouve d'ailleurs tellement peu de choses sur lui que s'en est presque tragique. Cependant, ce n'est pas une raison pour laisser s'abimer ce petit morceau de l'histoire des arts décoratifs architecturaux. Installés rue Richer, dans le 9e arrondissement, les Folies Bergères ont été inaugurées en 1890 mais les décors actuels et la renommée des lieux se sont faits au cours des années folles. C'est ici que s'est produite l'exotique et divine Joséphine Baker, "venus d'ébène" qui s'y est produite avec la revue nègre.
Le décor de Picot a été posé, il me semble, en 1927. On trouve parfois sur le marché, en salles de vente, des esquisses en plâtre pour ce grand bas-relief. L'esprit n'est pas tant éloigné de la synthèse plastique d'artistes plus célèbres de l'entre-deux-guerres, héritiers du cubisme, comme les frères Martel. J'aime beaucoup ce décor, bas-relief incrusté dans le bâtiment à la manière d'une immense métope antique, qui doit être replacé dans la lignée des travaux d'un Bourdelle au Théâtre des Champs-Elysées par exemple.
Voir aussi : Architecture | Histoire de l'art | Sculpture
Modigliani, jusqu'à la lie
Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink
Y a-t-il eu un commerce éhonté des têtes de caryatide d'Amédéo Modigliani? Sans doute. C'est vrai que l'on voit souvent des fontes passer en vente publique. Pauvre modi, artiste maudit entre tous, peut-être. De fait, l'intérêt pour la sculpture de Modigliani, juif italien de Livourne débarqué à Paris au début du 20e siècle et mort en 1920, est intéressant. Saviez-vous qu'il voulait être sculpteur, au départ, mais en a été dissuadé par l'état fragile de ses bronches, lui le tuberculeux, trop attaqué par la poussière du marbre. On dit que ses têtes de jeunes filles, Modigliani les avait taillées dans les blocs qui ont servi à la construction du métro parisien. Il y a toujours un parfum de légende, parfois nauséeux d'ailleurs, qui entoure cet artiste devenu symbole de la bohême de l'Ecole de Paris.
Je n'avais pas trop aimé, du reste, le film sur sa vie qui date de 2004 et dans lequel joue la très belle Elsa Zilberstein. Encore une bonne grosse caricature. Finalement, n'est-ce pas encore là un mythe à déconstruire? Il serait peut-être temps de mener ce travail d'historien pour montrer le vrai visage d'un peintre qui était aussi un grand sculpteur.
Voir aussi : Sculpture
L'humain et la terre



