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Cheval mécanique

Par Claire Maingon | (30) Commentaires | Permalink

T02307_8 Peut-on classer dans nos animaliers Raymond Duchamp-Villon, le frère de Marcel Duchamp et de Jacques Villon ? Ben oui, il est l'auteur d'un cheval, non? Un Cheval Majeur. Sur que c'est assez étonnant comme représentation animalière, mais cela mérite réflexion. Bon déjà, on pourra argumenter en disant que Raymond fut un excellent cavalier, avant de perdre trop rapidement la vie au cours de la Grande Guerre. Du coup, ce Cheval est resté son oeuvre la plus emblématique. Elle donne, bien entendu, un sentiment de dynamisme cubisant, de projection vers le mouvement. Mais surtout, ce cheval apparait comme une forme de machine, nouant par là des résonances avec le futurisme italien. J'aime beaucoup cette oeuvre qui n'est pas tant, finalement, l'image d'un cheval que l'utilisation symbolique de la fonction et de la force chevaline comme évocation de l'ère moderne.

Image : Tate, London

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L'animal Martel

Par Claire Maingon | (35) Commentaires | Permalink

0120 Poursuivons notre amusante série sur les sculpteur animaliers, mais cette fois-ci pour nous plonger au coeur des années 1930. Voyez ce drôle de zozio, c'est une oeuvre es frères Martel. Très art déco, me direz-vous. On ne vous contredira pas. Les frères Martel étaient des jumeaux, Jan et Joël. D'ailleurs, ils sont morts à quelques jours d'écart, en 1966. L'art animalier ne représente en réalité qu'une facette de leur grand talent. Ils ont notamment été les auteurs de monuments commémoratifs de la grande guerre très audacieux sur le plan des formes, dans ce genre qui s'imposait plutôt par son académisme un peu rébarbatif. Ce qui est assez génial, je trouve, c'est ce mélange très réussi entre nauralisme et cubisme, le travail sur la synthèse des lignes et l'architecture des formes.

Les frères Martel respectaient généralement la règle du nombre d'or pour composer des formes finalement très idéalisées. D'ailleurs, il ne semblerait peut-être pas si incongru de qualifier cette sculpture de classique, tant elle semble régie par la perfection proportionnelle et la beauté linéaire des contours. On trouve notamment des pièces intéressantes au Musée de Soissons, dans l'Aisne où ils ont beaucoup travaillé. Il existe également un ouvrage monographique qui présente bien la carrière de ses jumeaux uniques dans l'histoire de la sculpture des années 1930.

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François Pompon, animalier moderne

Par Claire Maingon | (21) Commentaires | Permalink

Album6 Revenons à notre belle série sur les sculpteurs animaliers. Je voudrais revenir sur un talent dont nous avons déjà parlé dans d'autres contextes. Celui de François Pompon. Peinte originaire de la côte d'Or, il fait ce lien entre le 19e siècle (marqué par le naturalisme dans la représentation animalière) et l'ére de la sculpture moderne. Pompon fut l'un des praticiens de Rodin, et comme lui, il avait un physique d'artisan. On a peine à croir que sont sorties de ses mains des formes aussi épurées et audacieuses que l'Ours Blanc, son oeuvre emblématique et qui fut le clou du Salon d'Automne de 1922. Ainsi Pompon n'a rencontré la notoriété qu'à un âge bien tardif, plus de la soixantaine. Ce qui motivait le sculpteur, qui prenait lui aussi ses modèles au Jardin des plantes, n'était pas de faire une étude réaliste mais de saisir l'essence du mouvement.

Dans cette démarche, il n'est pas étonnant que Pompon ai été reconnu et admiré par les plus grands artistes modernes des générations suivantes. Il avait pressenti, d'intinct, la nécessité de se délivrer de la mimésis pour tendre vers l'abstraction (dans le sens de soustraire du réel la synthèse des formes). Entouré de son fidèle pigen apprivoisé Nicolas, et de sa chienne Nénette qu'il promenait sur le boulevard Montparnasse, Pompon fut le créateur d'un bestiaire dont l'humour n'est pas absent. Regardez ce génial Lapin. Tout y est. Et nombreux sont les publicitaires à s'être inspirés d'ailleurs de son esthétique formelle. Son oeuvre est intelligente, pleine de précision et de passion. Vous pouvez le découvrir au Musée d'Orsay, mais aussi à Dijon grâce au maire de la ville dans les années 1940, le Chanoine Kir, qui insista pour le versement de cette collection léguée par le sculpteur à l'Etat au musée des Beaux-Arts de la ville.

Reproductionmuseermnstatuelapin20es Image 1  : l'ours blanc

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Quand Barye rugit...Delacroix n'est pas loin

Par Claire Maingon | (8) Commentaires | Permalink

A20barye20lion2020serpent Allez tiens, je propose une petite série sur la sculpture animalière. C'est un beau sujet, mais qui demeure finalement relativement méconnu. On a coutume, c'est vrai, d'associer les sculptures animalières à de petits sujets décoratifs, bons à poser sur un rebord de cheminée. Il est juste qu'au 19e siècle, les fondeurs et éditeurs d'art ont beaucoup réalisé de ces ornements, à partir d'oeuvres de Barye ou de Mène. On trouve encore facilement dans les ventes publiques des bronzes de ces deux artistes, dans des fontes d'édition anciennes généralement sorties des fonderies Hébrard. Je voudrais revenir un instant sur ce Lion et le serpent de Barye. Quelle violence, on est bien ici dans l'esprit du romantisme des années 1830. Que d'aucuns appellent la Révolte.

Vous savez bien sur que le Salon officiel de Paris représentait le grand rendez-vous de l'art contemporain. On sait que ceux de 1824 et 1827 ont éclairé par les audaces de Delacroix. En bien, en sculpture le grand salon romantique fut celui de 1831. Et Barye justement d'y triompher. Remarquez aussi le souci néaturaliste du sculpteur pour représenter les animaux. Bien que la scène de combat soit empathique, et théâtrale, l'artiste veut respecter l'anatomie et la précision dans le rendu des pelages et des écailles. Il travaillait d'ailleurs au Jardin des Plantes, dessinant devant les "modèles". C'est un exemple du genre. On peut aussi le rapprocher justement des fauves peints et dessinés par Delacroix sur la même période.

00eba80d7d17594d98532c80b6815768 Ci- contre : une aquarelle de Delacroix

Image 1

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Camille allume Rodin

Par Claire Maingon | (6) Commentaires | Permalink

Me0000050692_3_1 Bien sûr, les amoureux de la sculpture et de la femme n'oublierons pas d'aller voir la très belle rétrospective Camille Claudel, au musée Rodin. La dernière en date remonte en effet à plus de dix ans. Et puis, le musée Rodin, voilà qui a tout son sens, si tant que l'on ait besoin d'épiloguer encore sur la liaison passionnelle entre le maître et sa jeune élève. Il ressort surtout de l'expo que Camille avait l'âme d'une statuaire bien trempé, des états d'âmes, et un talent singulier. Pas des pastiches de Rodin, non, bien au contraire. Un jeu intime de répondant parfois mais une force surprenante dans la taille du marbre notamment. Camille Claudel fut une virtuose du ciseau et du maillet. Elle est d'ailleurs parmi les rares sculpteurs de son siècle a avoir taillé elle-même, sans nécessairement recourir aux praticiens.

Certaines oeuvres se dégagent de cette rétrospective qui nous fait comprendre, aussi, que l'oeuvre de Claudel est peu volumineuse en terme de pièce. Je pense à Clotho, et sa masse de cheveux, très loin des académies et plus proches des décharnés d'anatomie scientifiques. Je pense bien sûr à ses sculptures taillées dans l'onyx, l'une des pierres les plus difficiles à travailler..Et un buste de Rodin, si emblématique qu'il était devenue le portrait officiel du sculpteur. Certains visiteurs regrettent que l'expo n'ait pas consacré un thème au dialogue amoureux Claudel/Rodin. Mais, c'est l'oeuvre de Camille - et elle seule - qui est ici sur le devant de la scène.

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L'humanité selon Stephan Balkenhol

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

450pxbalkenhol_mann_und_frau Artiste d'origine allemande, Stephan Balkenhol est un sculpteur du bois. Il exécute des figures dans des essensces diverses, aussi bien le pin, le chêne que des bois plus exotiques, qu"il peint ensuite à l'acrylique. Renouant ainsi d'une certaine façon avec des pratiques médiévales, il dresse des figures polychromes qui sont des monsieur-tout-le-mode. L'artiste joue souvent avec les proportions et les distances, aimant réaliser des petits ou de très grands personnages. Installée ensuite sur des socles, elles nous toisent ou nous observent en nous donnant à voir un reflet de l'homme et de la femme moderne. Il arrive également que le sculpteur les place dans des niches, entrenant ainsi un rapport avec l'image sacrée et l'icone.

Stephan Balkenhol refuse la narration dans son oeuvre de sculpteur, même s'il crée des personnages qui sont entre réalité et fiction. Ainsi, il force en quelque sorte le spectateur à recréer sa propre histoire au travers de la sculpture figurative. Sans littérature, sans fioriture non plus, son travail ouvre sur une dimension humaine qui se répartit du social mais reste dans le secret du monde

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La beauté épurée d'Hiquily

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

320268_1 Hiquily, ce nom vous dit quelque chose? C'est un sculpteur, très juste. Un sculpteur qui a su se forger un langage du corps de la femme, tout en volumes étirés et pleinement ouverts, comme en expansion dans un espace infini et dilué. On croirait voir en ses oeuvres des idoles cycladiques revenues des temps anciens, modernisées par la main d'un démiurge prométhéen très près de nous. L'art d'Hiquily, aussi, n'est pas sans une bonne dose d'humour, un humour sage et doucement érotique, sans aucune forme de vulgarité. Il est un sculpteur que l'on dit du métal, un peu comme avait pu l'être Julio Gonzalez avant lui. Hiquily a été un touche-à-tout, usant de la ferraille, de la tôle qu'il travaillait au chalumeau.

Né en 1925, il est la preuve que la formation académique des beaux-arts n'a pas du tout été stérile dans les années 50, cette décennie où l'art moderne ne jurerait que par l'asbtraction. Il n'est pas question d'un jugement de valeur, mais sans doute de relativiser le caractère prétenduement univoque de l'avant-garde. J'aime la simplification des formes, et celle que l'on trouve dans la sculpture d'Hiquily a de quoi séduire même les plus adeptes partisans de l'abstraction formelle. Il n'y a, en définitive, pas de contradiction entre les deux. C'est un bien bel artiste auquel Pierre Cabanne a d'ailleurs cobsacré un livre il n'y a pas si longtemps, en 2005.

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Charlemagne à Paris

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

510645512aoaleo_fs Z'aviez remarqué, vous, qu'il y avait une statue de Charlemagne à deux pas de Notre-Dame de Paris? Je viens seulement de me rendre compte de l'existence de ce monument équestre, qui nous plonge dans le Moyen Age. Voilà un de ces groupes bien du 19e siècle, personnellement ils me font toujours rire avec leur emphase héroïque et leur vision romanesque de l'histoire de France.  Cette oeuvre est le fruit d'un travail commun des frères Rochet, puis exposée avec un grand succès lors de l'Exposition Universelle de 1878 (celle qui vit s'élever le Trocadéro, que l'actuel Palais de Chaillot a remplacé en 1937). Prouesse de la fonderie d'art, le groupe a été mis en place par la municipalité sur la parvis en 1882.

Si au départ, le groupe ne représentait que Charlemagne, les deux sculpteurs lui ont ajouté deux figures historiques qui donnent à l'oeuvre la dimension d'un vrai récit en images : Roland et Oliviers, faisant office d'écuyers du conquérant empereur. Ainsi, ce n'est plus une simple statue équestre que nous contemplons, mais une vraie composition historique digne d'une peinture des hauts faits mémorables. Comme souvent au 19e (siècle de l'histoire), les artistes ont gardé un souci extrême à la véracité des accessoires. L'épée que brandit Charlemagne ne serait autre que sa fidèle Durandal, et la couronne est une transposition véridique de celle conservée à Nuremberg!

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Alquin et les ombres portées

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Dyn001_original_393_392_pjpeg_25549 Nicolas Alquin est le fils d'Alechinsky. Il est sculpteur, né en Belgique, et créateur d'un peuple de bois, grave et taillé abruptement. C'est peut-être une résurgence de Cobra, le mouvement expressionniste dont son père fut une figure charismatique. L'oeuvre d'Alquin porte en elle quelque chose du sacré, en tout cas cherche à exprimer une dimension qui s'apparente au recueillement et à la solitude. Ses figures sont comme emmurées en elles-mêmes. Tout récemment d'ailleurs, il est l'auteur du premier mémorial dédié aux esclaves résistants, élevé à Bagneux. Alquin fait parler la matière, fonte de fer et bois brûlé, qui délivre à elle seule un message dur et comme impénétrable.

Les monuments d'Alquin, qui sont nombreux, sont comme des porteuses d'une mémoire d'oppression. Mais ne promettent pas tant la délivrance. Au jardin des Invalides, vous pouvez notamment tourner autour de sa fontaine, une figure sans tête comme sortie d'outre-tombe, qui commémore la mémoire des victimes du terrorisme. Une oeuvre grave, donc, et à forte portée symbolique.

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Georges Minne, sculpteur symboliste

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

637662 Georges Minne est un sculpteur d'origine belge que l'on peut ranger dans la catégorie des symbolistes et de l'art nouveau. S'il est généralement ignoré par le grand public, cet artiste avait connu une renommée importante de son vivant. Le symbolisme était une mouvance de dimension européenne, entre les salons et les expositions qui ont eu lieu à travers l'Europe à la fin du 19e siècle. De fait, Minne était un participant de la Sécession viennoise de 1900. Il eut une certaine influence sur des artistes demeurés plus célèbres que lui, notamment les peintres Egon Schiele et Gustav Klimt. Il fut également encensé par les poètes de son temps, et pas les moindres. Emile Verhaeren a loué la puissance d'expression pathétique et poétique de son oeuvre sculpté.

Les contemporains ont aimé à dresser des parallèles entre Minne et Rodin, d'autant plus que Rodin a vécu un temps à Bruxelles dans les années 1870. Il est juste qu'une sensibilité les rapproche. Malgré tout, on ne peut pas faire de Minne un sous-Rodin. Plusieurs oeuvres de lui sont à découvrir au Musée d'Orsay, dont l'agenouillé à la fontaine qui est une partie d'une fontaine d'inspiration symboliste réalisée par lui en 1898.

Voir aussi : Histoire de l'art | Sculpture

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