| Retour à l' accueil |

Sortir avec Manet

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

800pxedouard_manet_004 Tout a peut-être été dit sur la peinture d'Edouard Manet. Vous saviez que le peintre, figure de proue de l'Ecole dite des Batignolles, était mort le jour de l'ouverture du Salon de 1883? Cette année là, il exposait son Bar aux Folies-Bergères, une toile particulièrement intéressante dans ce jeu sur les dimensions de perception du réel dans la peinture. D'ailleurs cette oeuvre a notamment inspiré le photographe contemporain Jeff Wall, qui a revisité cette peinture dans Picture for Women (voir illustration plus bas). Pour revenir à Manet, j'ai toujours aimé cette toile qui nous fait plonger dans l'atmosphère d'un grand cabaret fin de siècle. Nous sommes là, à la place du consommateur, prêt à recevoir votre coupe de champagne servie par la jeune et jolie serveuse. Le jeu des miroirs est troublant. Sommes-nous bien ce type en chapeau haut-de-forme? Sommes-nous le spectateur de la scène? Où se situe le peintre et sommes-nous à la même place que lui?

On sait que Manet fréquentait les lieux nocturnes, les bouges un peu huppés de son temps. Les thèmes de scènes de genre modernes sont parmi les plus intéressantes dans son oeuvre, comme c'est aussi le cas dans la peinture de Degas, con contemporain. Mais on peut aussi préférer ses scènes à l'espagnol, inspiré par la peinture de Goya. Tout dépend de nos goûts. Personnellement, j'aime beaucoup ses toiles qui donnent à ressentir une certaine atmosphère de Paris, de ses débauches, de ses déboires. La toile célèbre dont nous parlons aujourd'hui se trouve bien sûr à Londres, dans la très belle collection de l'Institut Courtauld.

Jeffbar2_400

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

Jacques Gestalder reconnu

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

180pxdisque_persokalioujny_par_gest La fondation Taylor nous permet souvent de retrouver ou de redécouvrir des artistes méconnus ou oubliés. C'est là son grand intérêt. Cette fois-ci, c'est Jacques Gestalder qui est à l'honneur de ce lieu situé à deux pas du métro Saint-Georges, dans le 9e arrondissement. Né en 1918, ce sculpteur nous a quitté récemment. L'exposition présente ses oeuvres en ronde-bosse, mais aussi une sélection de dessins qui révèlent tout le talent de cet élève de Robert Wléricck, sculpteur bien connu des années 30. Gestalder a joué un rôle non négligeable dans son époque, et contribuant notamment à la fondation du Salon de la Jeune sculpture qui fut un rendez-vous important pour beaucoup d'artistes. Il fut aussi l'un des fondateurs de Formes Humaines, qui fut aussi une manifestation importante en son temps.

Héritier d'une esthétique rodinienne, dédiée à la compréhension du mouvement et de la sensualité des corps, Gestalder a aussi réalisé de nombreux bustes de personnalités comme Jean Cocteau, Paul Claudel ou Le Corbusier. Parfaitement inscrit dans une histoire de la modernité dans son sens large, sans restriction avant-gardiste, Gestalder est également l'auteur de nombreux monuments et fut de nombreuses fois médaillé. On peut notamment admirer l'une de ses oeuvres à l'Opéra Garnier, représentant le danseur étoile Kalioujny, qui figure à l'entrée de la Bibliothèque-Musée. L'exposition de la Fondation Taylor dure jusqu'au 19 avril.

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

Edouard Goerg, de l'ombre à la lumière?

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

Edouard20goerg20chevaux20de20bois20 De son nom Edouard Goerg, il n'est pas le peintre réaliste le plus gai des années trente (en existe-t-il d'ailleurs?). Cet atiste né en 1893 en Australie serait mort mystérieusement dans le Var en 1969. On connait parfois mieux le talent de Goerg au travers de son oeuvre de graveur. Ce n'est pas pour rien, sans doute, qu'il fut nommé professeur enseignant cette technique à l'Ecole des Beaux-Arts dans les années 1950. On a souvent tendance à lui associer une forme de critique de la société bourgeoise, cette même société qui a souvent été égratignée par les peintres expressionnistes de la génération du feu, en France comme dans le reste de l'Europe d'ailleurs .

Goerg avait appris le métier de peintre au contact de Maurice Denis et de Paul Sérusier à l'Académie Julian. Il n'a pas eu une vie facile, ayant perdu sa femme puis contractant de gros problèmes de santé qui l'obligent à subir des séances d'électrochocs très traumatisantes. On retrouve néanmoins une forme de sérénité dans ses femmes-fleurs très caractéristiques de sa dernière manière, des visages de beautés paisibles et patiente. La gamme de couleurs est le plus souvent sombre, empâtée à l'excès et terreuse, à l'image de celle de Marcel Gromaire, son contemporain. C'est un artiste de l'entre-deux-guerres dont on parle relativement peu, voire presque jamais. Il pourrait être intéressant qu'une institution lui consacre une exposition. On s'apercevrait des liens de parenté qui existe aussi entre son oeuvre et celle de Chagall ou de Léonor Fini auxquels il me fait parfois penser.

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

Sean Scully, le conciliateur de talent

Par Claire Maingon | (11) Commentaires | Permalink

Sean20scully20bigland Il n'y a pas une abstraction mais des abstractions. Quelle variété dans les cheminements des artistes du 20e siècle, depuis les pères fondateurs jusqu'aux talent d'aujourd'hui, en passant du lyrisme au minimalisme, à l'organique. Il y en a pour tous les goûts, et des dégoûts. Certaines sensibilités demeurent imperméables à l'expression idéiste ou rétinienne. Moi, j'apprécie par exemple l'oeuvre de Sean Scully, ce peintre et graveur américain d'origine irlandaise. Né juste après la 2e Guerre Mondiale, Scully peut être décrit comme un peintre expressionniste, du fait de son utilisation de la couleur exacerbée comme véhciule de la géométrie et des émotions. On serait tenté de dresser des parallèles entre lui et Mondrian autant qu'avec Rothko. Ca tombe bien, ce sont deux artistes qu'il a admiré dans ses années de formation.

La bande, la rayure occupe l'essentiel de son langage pictural. Cette forme simple permet d'aller droit au but, si l'on peut dire, et de jouer sur la notion de verticalité, le propre de l'homme. L'oeuvre de Scully n'est est pas moins variée et organique, très sensuelle, elle n'a rien de froid et pourrait apparaitre comme un contre-point à l'oeuvre d'un François Morellet par exemple. Peignant à main levée, Scully travaille à l'huile. Conciliant, et très humain, l'artiste a défini son art - non sans un pointe de malice - contre la réconciliation entre l'expressionnisme de Pollock et la méthodique linéarité de Mondrian. Sean Scully est aussi de ceux qui s'inscrivent en faux contre l'éternel débat figuratif/abstrait. C'est vrai que la figure existe quoiqu'il advienne, autant que le sentiment supérieur et immatériel. Autant les réunir, dans une lecture féconde de l'art, que les affronter.

Portrait

Separateur_post

Malkine

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Malkine20 Surréaliste absolu. C'est assez énorme C'est le certificat d'authenticité que le pape du surréalisme, André Breton, avait délivré à George Malkine. Ce type était un drôle d'oiseau, une sorte de touche-à-tout, à la fois correcteur, vendeur à la sauvette, responsable d'une stand de balancoires à la foire du Trône, et infatiguable écrivain, comédien et musicien. Dans l'orbite du surréalisme, il fut l'une des figures majeures de ce groupe intellectuel et artistique. Par sectaire pour un sou, le Malkine a pratique à la fois des formes d'art figuratives et abstraites, en développant un propos poétique qui a pour moteur l'invention. L'invention perpétuelle, le bouillonnement. En trois temps, son oeuvre s'est développée entre les années 1926 et 1970, conclue par la série des demeures.

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

Tapisseries anciennes et vieilles poussières

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Tapisserie_hospices_beaune_142 Vous vous intéressez, vous, à l'art de la tapisserie? Vous avez tort car il a pleins de choses à vous apprendre sur les vieilles coutumes et les traditions décoratives de la Renaissance. Les tapisseries anciennes ne sont pas que des nids à poussières, elles sont aussi de vastes mises en scène historiées. Certaines villes de France ont, de ce point de vue, un riche passé. Prenez Beaune, par exemple. Au 15e siècle, la ville plus célèbre pour sa vente annuelle de grands vins a été une place forte de l'art de la tapisserie. Et cela grâce à l'action de riches mécènes comme le fondateurs des Hospices justement, un certain Nicolas Rolin. A cette époque, on n'était donc pas étonné de voir les intérieurs des nobles et seigneurs de la cité largement décorés de riches tentures historiées.   

Cependant, il serait un peu réducteur de s'arrêter au 15e siècle, vous ne croyez pas? C'est ce se sont dit les types de Beaune. La tradition s'est perpétuée jusqu'à nos jours, notamment par le fait artistique de créateurs tels que Michel Tourlière, disparu en 2004. Les parisiens n'oublieront pas d'aller faire un tour au Musée du Moyen-Age, à Cluny, pour revoir la superbe tapisserie de la Dame à la Licorne, mais qui est ancienne celle-là. Et puis, bien sûr, il y a Bayeux...et là, nous y reviendrons, c'est un extraordinaire ouvrage merveilleusement bien conservé.

Illustration: un tapisserie des Hospices de Beaune

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

Leroy est mort, Vive Eugène!

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

Leroy062002 "Tout ce que j'ai jamais essayé en peinture, c'est d'arriver à [...] une espèce d'absence presque, pour que la peinture soit totalement elle-même". Le propos est tenu par Eugène Leroy en 1988. Cet artiste a une oeuvre singulière, surgie d'un empâtement extrême qui fait devenir matière à la peinture. Qui fait de la peinture et de la toile un corps, un minéral, presque un objet alchimique. Né en 1910 et mort en 2000, ce grand peintre aura mis un certain temps à être reconnu. C'est souvent la marque des grands artistes que de continuer leur pensée, sans transiger, sans rechercher d'abord la notoriété. L'épaisseur est la marque de fabrique de Leroy. Mais le répertoire du peintre n'est pas classifiable si rapidement dans la catégorie d'abstrait pour autant. Il y a un champ de possible entre la figure et la non-figure.

Solitaire dans l'âme, ce peintre a bénéficié du soutien de Jean Clair à la fin des années 70, mais c'est surtout en Allemagne et en Belgique que Leroy a percé. Il y est question tout à la fois de la trace et de de la gestuelle dans l'oeuvre d'Eugène Leroy, de la composition et de la décomposition aussi. Quelque chose qui nous rapproche du Tout mais ne nous préserve pas d'une réflexion sur la vacuité de l'existence.

Photo : Galerie Guylemeaux

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

John Cage, bien dans ses basques

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Shoes2 Ca pourrait être le nom d'un acteur hollywoodien. C'est le nom d'un artiste américain, né pas loin des studios d'Hollywood, à Los Angeles. John Cage  fut un musicien créateur communément  associé à Fluxus, dont il fut l'un des membres les plus actifs. Cependant, il fut aussi un artiste à mi-chemin entre le monde de la musique et de la peinture. C'est intéressant de voir comment certains genres de pratiques artistiques peuvent se rencontrer. Après avoir appris le piano, et l'histoire de la musique, Cage avait fait son voyage d'apprentissage en Europe.

Cage, qui enseignait aux Etats-Unis dans les années 50, dirigea le premier happening de l'histoire, baptisé Event et dans lequel se produirent à la fois Merce Cunningham (danse), David Tudor (Musique) et Robert Rauschenberg (peintre). Ce qui est intéressant dans la démarche de cage est la confusion volontaire que ce dernier fait entre l'art et la vie. L'art et la vie sont viscéralement unis. Cette façon de voir les choses n'est pas moins réaliste qu'une autre et elle rend peut-être le quotidien plus beau, d'ailleurs. Question d'interprétation du réel. Il fut également un beau metteur en musique d'oeuvres littéraires autour de James Jayces notamment.

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

La mosaïque au Petit Palais

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Ist2_2641770_mosaic_pattern_at_peti En vous balandant dans le Petit Palais, vous avez peut-être remarqué la présence d'une jolie mosaïque. Elle date du temps de l'élèvation de cette architceture éclectique de la Belle Epoque: pour l'Exposition Universelle de 1900. Charles Girault, architecte, avait été le grand ordonnateur de sa planification dans la ville. C'est à lui qu'on doit la création de l'axe triomphal qui relie les champs-élysées aux Invalides. Le petit palais mise à fond sur la solennité et l'apparat. Très luxueux avec ses décors sculptés, il a donc été gratifié de mosaiques précieuses. On trouvera cette mosaïque au sol, dans le vestibule et les galeries du péristyle.

D'ordre floral et végétal, elle n'est pas historiée comme celle du Grand palais, son voisin dont nous reparlerons prochainement. Il s'agit, pour li'intérieur, de belle fleurs aquatiques dorées sur fond bleu. L'ensemble est très élégant et accueillant. Il n'est pas superflu de rendre hommage à son réalisateur : Facchina, un artisan qui avait participé à la restauration de la Basilique Saint-Marc de Venise. Il avait utilisé une technique nouvelle pour le petit Palais, inventée en 1855, qui coinsistait à assembler ses panneaux de mosaïque en atelier sur un papier spécial et dont le résultat serait enseuite déposé directement dans du ciment frais. Elle le rendit célèbre. C'est ainsi que les mosaïques de Facchina ornent le Petit Palais, certes, mais aussi bein d'autres bâtiments parisiens tels que le Musée Galliera, les grands magasins du Printemps ou encore le Lycée Chaptal!

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post

Boucher et la frivolité des sens

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

1bouchermunich François Boucher n'a pas du être le plus malheureux des peintres du 18e siècle français. D'une part, car il avait de bien jolis modèles, aux fessiers rebondis (Mlle O'Murphy). D'autre part, car il était le peintre préféré de la Marquise de Pompadour (maîtresse de Louis XV), et a du s'en mettre en maximum dans le cornet, comme on dit, en profitant du faste et du luxe de la cour. Boucher était introduit auprès des favorites. C'est notamment à lui que furent confiés les décors rocaille des appartements de l'Hôtel Soubise. On aime ou on aime pas Boucher...Diderot, en bon philosophe des Lumières qui pronait la morale, détestait. Faut dire que l'univers de Boucher et celui de la légèreté et du fantasme, du plaisir sans ambages.

Paris, petites madames. C'est tout Boucher ça. Moi, j'aime bien car cela me fait rire par le coté désuet et joliement charmant, complètement éthéré de ces scènes. En plus, j'aodre les scènes de la mythologie grivoise, comme celles montrant Vénus dans la forge de Vulcain. Il est vrai que Boucher en fait parfois trop en matière de rubans roses et de pompons. Mais, on lui pardonne, car c'est notre Boucher à Nous.

Voir aussi : Points d'Art

Separateur_post