Eric Baudart, une poussière dans l'oeil
Par Claire Maingon
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Eric Baudart est un artiste contemporain trentenaire. J'aime son travail de photographe, autour de l'objet et des éléments de la vie quotidienne qu'il fait s'exprimer avec poésie. Très axé sur la manipulation des images que permet la technologie numérique, Eric Baudart a récemment reçu le Prix Campari Fondation Antoine de Galbert, Maison rouge. Il est toujours de la partie dans les manifestations qui font découvrir l'art contemporain au grand public, comme Intrusions au Petit Palais l'année dernière. Ses images sont toujours épurées, centrées sur l'objet qu'elles détachent du contexte pour en valoriser les qualités plastiques. L'objet est comme distancié de sa fonction pour déployer son autonomie esthétique et sensible.
J'aime beaucoup la série sur les gommes et les poussières, qui deviennent comme des sculptures grâce à la photographie. Cela me fait aussi un peu penser aux expérimentations de Man Ray, dans les années 1920, et ses photos de poussières qui évoquent des sols lunaires. Le résultat est très différent mais l'on retrouve une même poétisation du réel qui me plait. Vous pouvez retrouver cet artiste à la Galerie Chez Valentin qui le représente de façon permanente.
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Eija-Liisa Ahtila et ses petits drames humains
Par Claire Maingon
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C'est l'exposition d'Ahtila, la photographe, qui débute le 22 janvier au Jeu de Paume. Cette finlandaise décrypte les rouages des trames familiales, ces petits drames entre amis et entre parents. Sans fioriture, elle sonde les relations qui se nouent dans les familles. A mi-chemin entre l'art vidéo et la photographie, en empruntant ses référents au monde du cinéma, elle nous fait voyager dans différents endroits du monde...et les drames sentimentaux sont les mêmes, quelque soit les méridiens de la terre où l'on se place. La géographie des sentiments est toujours la même. C'est une oeuvre très intéressante, qui nous parle de nous, que l'oeuvre de cettte artiste. Le jeu des lumières et des répondants dans l'espace est particulièrement cru et bien maîtrisé
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Beat Streuli generation
Par Claire Maingon
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Beat Streuli est un photographe d'origine suisse mais qui vit entre Bruxelles, Düsseldorf et Zurich. Né en 1957, il pose son regard sur la ville et ses habitants, ses passants, ses âmes. L'artiste a choisi de jouer la carte de la sédentarité. Il ne vole pas des morceaux du réel pour s'envoler ensuite à l'autre bout du monde, en utilisant compulsivement la photographie. Non. Streuli fait corps avec la ville qu'il prend, il s'y installe, comprend, ressens, apprivoise l'univers qu'il regarde par son objectif. C'est là le coeur de sa démarche et elle est palpable, d'une façon inexplicable, dans les clichés qui en résultent. Streuli n'a pas pas peur d'affronter les foules, de se fondre dans la masse urbaine pour capter des visages, des attitudes, des silhouettes. Anonymes, ces êtres d'un instant occupent des très grands formats qui forment comme un panorama enveloppant.
La travail de Streuli témoigne également de son ouverture vers les autres cultures, lui qui est un citoyen du monde. La multiculturalité est l'un de ses leitmotivs. Les types physiques révèlent une incroyable richesse du genre humains au travers de leur dissemblance dans le particulier, et de leur ressemblance dans le général.
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Le monde de l'enfance par Anne Noble
Par Claire Maingon
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Dans sa section photographie, musée du quai Branly présente jusqu'au 13 janvier l'exposition d'Anne Noble sous le titre de Ruby's Room. Un titre qui fait rêver, n'est-ce pas? Il s'agit de la présentation de son travail photographique entrepris entre 1998 et 2006. Cette femme d'origine néo-zélandaise a porté son regard sur sa fille qu'elle a prise en très grands format et se penche sur le monde l'enfance, qui est notre royaume intérieur à tous, notre boîte de pandore, notre jardin secret. L'axe de son travail est centré sur "ce que les enfants font avec leur bouche". Que font-ils au juste? Des choses plus angéliques que leurs ainés, sans doute.
Ils mâchent des bonbecs, ils jouent, ils miment. L'exploration de ce thème, qui est aussi une introspection du rapport qu'elle entretient à sa propre fille, ne verse jamais dans le voyeurisme ou la psychologie de boulevard. A nous d'interpréter, de voir dans son rapport à l'adulte en devenir ce qui résonne en nous. La photographie est une merveilleuse projection du réel, et l'oeuvre d'Anne Noble, en couleurs et en noir et blanc, est un bien beau miroir du désir et de l'enfance.
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Les bonnes grâces de Léonard Nimoy
Par Claire Maingon
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Voilà un drôle de personnage et une singulière carrière que celle de Léonard Nimoy. Il va exposer bientôt ses photographies de femmes très rondes à la galerie Louis Stern, en Californie. Cet artiste, vous le connaissez car il ne fut autre que le mythique M. Spock dans Star Trek dans les années 60-70, un rôle qui lui valut quand même trois nominations aux Emmy Awards. En 2003, Nimoy a décidé d'abandonner cette carrière d'acteur pour se lancer dans la photographie. Et là, aussi, il fait preuve d'un esprit de dérision assez spectaculaire. Agé de plus de 70 ans, il a pris le contre-pied de l'esthétique de la perfection des corps si importante dans son milieu d'incubation.
En effet, les femmes photographiées par Nimoy ne sont pas des Pamela Anderson. Grasses, elles n'en sont pas moins voluptueuses. Et si l'obésité morbide a quelque chose de repoussant, force est de constater que les clichés de Nimoy ne sont jamais vulgaires. Ses prises de vue sont toujours en noir et blanc, et les modèles généralement issus d'une troupe d'artistes rondes qui se produisent dans des cabarets de Los Angeles. Le parti pris de Nimoy est celui de la fierté féminine, au delà du diktat des apparences. C'esy malgré tout assez spécial, et l'artiste revisite des thèmes empiriques de l'historie de l'art comme celui des Trois grâces qui prend ici tout son sens.
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Les expos photos de chez W
Par Claire Maingon
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Retrouvez à la galerie W, aux Abbesses, l'histoire de la reconstruction du Pavillon Baltard...en photographies. C'est l'exposition des clichés de Jean-Claude Gautrand. Ce photographe a mené un véritable reportage sur la destruction des halles en 1971. Cette manifestation accompagne lasortie d'un bouquin Le Pavillon Baltard aux éditions Idelle. Aussi, si vous venez voir cet ensemble photographique, n'oubliez pas de grimper jusqu'au 2e étage de la galerie. Vous pourrez voir l'exposition Polka magazine qui repgroupe des grands noms de la photographie contemporaine comme Salgado ou Perier. L'idée fut de réaliser un accrochage qui ressemble aux pages d'un journal dans une rédaction de presse au moment du bouclage, moment crucial. Marrant également la galerie W a poussé le délire jusqu'à éditer justement un petit magazine de l'exposition.
Du photographe Jean-Marie Perier, vous pourrez retrouver de savoureux clichés anecdoctiques des yéyés, un thème d'actualité qui l'a rendu célèbre. N'omettons pas de signaler que la galerie W expose également de façon permanente l'oeuvre de Misstic, graffeuse artiste que l'on ne présente plus, mais également des oeuvres de Raymond Hains.
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Emmanuel Pierrot dans la lune
Par Claire Maingon
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Je trouve tout fait belles et poétiques, oniriques, les photographies d'Emmmanuel Pierrot. Elles sont gaies et pleines de vie, astucieuses et joyeuses. Son site est une vraie oeuvre d'art, plein d'ingéniosité. Ya pas à dire, ce gars m'a tout l'air d'être un bon vivant. Dans le sens de : qui aime la vie et ne se prend pas au sérieux. Ce qui ne veut pas dire ne pas faire les choses sérieusement. Ya qu'à voir la qualité des clichés. On sent beaucoup de sincérité dans ce travail de photographe, et une personnalité. Un peu Pierrot dans la lune sur le bords, il aime mettre le monde à l'envers. D'ailleurs, notre artiste aime faire poser les gens sur les tables, et les prendre en photo de haut, comme s'ils étaient en apesanteur. C'est jouer avec l'illusion de l'espace, et du temps.
J'aime la générosité de ses clichés, mais aussi l'esprit surréalisant, disons surtout décalé, dans l'esprit de Magritte. Un surréalisme pas sombre mais qui est proche du jeu de mot, du calembour, de l'absurdité pas méchante mais jamais anodine. On peut dire de lui qu'il est magicien car la perfection de ses clichés est hallucinante. J'adore celle là aussi, l'explosion de cette religieuse. J'aime son humour simple et humain, pas intello mais en même temps plein d'acuité et de sensibilité. Son univers coloré me fait du bien et m'amuse follement. Franchement, c'est un photographe à découvrir.
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La Bourse du talent a choisi Viviane Dalles
Par Claire Maingon
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A partir du 18 décembre, la BNF exposera les lauréats d'un prix décerné à de jeunes photographes : la Bourse du talent, créée en 1998 et dont c'est cette année la 10e édition. C'est un véritable tremplin, l'assurance d'un beau lancement dans une carrière féconde. Parmi les lauréats 2007, on trouve Viviane Dalles qui été choisie pour son reportage "Monsanto à la conquête de l'or". Il s'agit du fruit d'un travail qu'elle a mené sur six mois, au cours de deux voyages, et qui témoigne des effets dramatiques de l'implantation des OGM dans la culture cotonière indienne. Il faut dire aussi que cette jeune femme, à peine trentenaire, est née à Millau. Plus proche du reportage journalistitique que de la photographie d'art, Viviane Dalles a réussi à prendre des clichés à la fois plein de vie, d'espoir et de couleurs, et en même temps tragiques par la souffrance expressive des visages de ces femmes contraintes à leur très dur labeur. La découverte de ce travail permet d'ouvrir les yeux sur une réalité cruelle du monde industriel et de faire la rencontre d'un beau talent de photographe. A découvrir absolument.
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Jean-Louc Moulène
Par Claire Maingon
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On doit pouvoir dire que Jean-Luc Moulène fait partie des valeurs sûres de l'art contemporain photographique. Né en 1955 à Reims, cet artiste est d'abord célèbre pour sa série Disjonctions imaginée dans les années 1980. Elle est comme une visitation catégorique de certains genres historiques picturaux, photographiques et documentaires, comme le Portrait ou la nature morte. Il y a toujours une grande part de poésie, d'onirisme, dans les compositions (a-t-on envie de dire à la place de clichés) de Jean-Luc Moulène. La dernière fois que j'avais regardé ses travaux, c'était au Musée du jeu de Paume en 2005. Mais, en regardant bien, il est un peu partout.
Moulène s'inscrit pour moi en tout cas dans un rapport de proximité avec Roland Barthes, pour qui la photographie est témoin du temps et se fait l'écho ou le support à une forme de nostalgie ennivrante. ce que la photographie immortalise, nous ne le verrons plus jamais. On nous verrons le pastiche de ce coment, ou un moment très semblable, mais celui-là n'existe plus. Terminé, dans les oubliettes du temps. Moi, qui suis de nature mélancolique, ca me parle mais sans pathos. Car l'oeil de Moulène n'est pas tristesse (pas des synonymes mélancolie et tristesse) et il y a une grande vivacité dans l'utilisation qu'il fait de la couleur et des possibilités du réel. Il adopte la posture du peintre et avait d'ailleurs réalisé des "tableaux-photographiques" qui entretiennent un lien de parenté revendiqué avec la pratique picturale. Photographies vivantes, elles ouvrent sur une dimension de l'inconscient et du présent tout à la fois.
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Paris prend des couleurs
Par Claire Maingon
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Les expositions de l'Hôtel de Ville sont souvent très courues...car elles sont gratuites mais aussi fort bien faites et attrayantes. En ce moment, on peut y voir une grande exposition de photographies qui s'intitule Paris en couleurs, des frères Lumières à Martin Parr. Quel programme, n'est-ce pas? L'ensemble ne se compose de pas moins de 300 clichés en couleurs, inédits, qui ont été pris de Paris depuis l'année 1907. Il est vrai que la couleur n'est pas apparue subitement dans l'histoire de la photographie et on peut même dire qu'elle n'a vraiment été utilisée quà partir des années 1930, un moment d'intense développement du photojournalisme.
Mais la couleur a aussi révolutionné l'histoire du portrait photographique en lui donnant une dimension plus proche de la peinture, de la vie. Aujourd'hui, nous sommes totalement habitués à la présence de la couleur. le Noir et Blanc est comme un mode de représentation ancien et plus luxueux. C'est aussi le passage à l'ère du numérique qui a beaucoup fait évoluer les choses et les pratiques, en démocratisant et popularisant l'usage de la photographie.
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Photographie





