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Sean Scully, le conciliateur de talent

Par Claire Maingon | (11) Commentaires | Permalink

Sean20scully20bigland Il n'y a pas une abstraction mais des abstractions. Quelle variété dans les cheminements des artistes du 20e siècle, depuis les pères fondateurs jusqu'aux talent d'aujourd'hui, en passant du lyrisme au minimalisme, à l'organique. Il y en a pour tous les goûts, et des dégoûts. Certaines sensibilités demeurent imperméables à l'expression idéiste ou rétinienne. Moi, j'apprécie par exemple l'oeuvre de Sean Scully, ce peintre et graveur américain d'origine irlandaise. Né juste après la 2e Guerre Mondiale, Scully peut être décrit comme un peintre expressionniste, du fait de son utilisation de la couleur exacerbée comme véhciule de la géométrie et des émotions. On serait tenté de dresser des parallèles entre lui et Mondrian autant qu'avec Rothko. Ca tombe bien, ce sont deux artistes qu'il a admiré dans ses années de formation.

La bande, la rayure occupe l'essentiel de son langage pictural. Cette forme simple permet d'aller droit au but, si l'on peut dire, et de jouer sur la notion de verticalité, le propre de l'homme. L'oeuvre de Scully n'est est pas moins variée et organique, très sensuelle, elle n'a rien de froid et pourrait apparaitre comme un contre-point à l'oeuvre d'un François Morellet par exemple. Peignant à main levée, Scully travaille à l'huile. Conciliant, et très humain, l'artiste a défini son art - non sans un pointe de malice - contre la réconciliation entre l'expressionnisme de Pollock et la méthodique linéarité de Mondrian. Sean Scully est aussi de ceux qui s'inscrivent en faux contre l'éternel débat figuratif/abstrait. C'est vrai que la figure existe quoiqu'il advienne, autant que le sentiment supérieur et immatériel. Autant les réunir, dans une lecture féconde de l'art, que les affronter.

Portrait

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A quand John Currin?

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

567e18d0 Voilà un peintre que l'on aimerait voir plus souvent exposé en France, et pourquoi pas dans un grand musée parisien : l'étrange John Currin. Maniériste des temps modernes ? Ce peintre d'origine américaine a la délicieuse manie d'étirer les corps de ses créatures humaines, en rajoutant quelque vertèbres supllémentaires à ses modèles. Ingres des temps modernes ? Son oeuvre possède un magnétisme propre à la tradition de l'hyperréalisme, bluffant de technique et qui entretient des liens étroits avec la pratique photographique. Mais, anti-mimétique, il ouvre sur le monde de l'imaginaire et de la chimère. D'inspiration érotique, l'oeuvre de Currin a pour sujet principal et presque exclusif celui de la femme.

On ne peut s'empêcher de créer des parallèles avec les Vénus du Quatroccento et l''esthétique des nus flamands des hautes époques renaissantes, ainsi que les statues colonnes allongées des portails romans et gothiques. Elle n'est pas sans évoquer notamment dans les yeux des historiens de l'art français le courant traditionnaliste des années 30, dans le retour au sujet et à la manière des fresquistes. Qualifiée de kitsch par certains, la peinture de Currin a cependant la précieuse qualité d'être unique, personnelle, identifiable au premier regard. On rencontre plus fréquemment des expositions consacrées à ce peintre Outre-Manche ou Outre-Atlantique.

Illustration : couverture du catalogue mis en ligne sur le site de la Gagosian Gallery

Voir aussi : ActuArt | Peinture

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Le Poussin sorti de l'oeuf

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Poussinbergersarcadie Nicolas Poussin (1594-1665) est un maître de la peitnure française du 17e siècle dont on connait l'importance et le talent. Il n'est peut-être pas inutile de rappeller que ses premières années furent difficiles, lors de son voyage d'apprentissage à Rome en 1624. C'est là qui'l fut fortement marqué par la découverte de sarcophages antiques. Ce fut vers 1630 que Poussin - peintre français qui fut surtout romain - adopta définitivement le format du tableau de chevalet et des figures de taille réduite pour représenter l'histoire. La peinture d'histoire, s'il faut le souligner, était le genre le plus noble. Elle traitait, dans un but d'édification et d'élévation de l'âme, des sujets religieux, mythologiques, historiques et allégoriques. Il est clair que l'art de Poussin a été fortement influencé par Raphaël dans les années 1630.

Bien que romain de coeur et d'adoption, Poussin n'en a pas moins été sollicité par le roi  de France pour décorer la Grande galerie du Louvre entre 1640 et 1642. De lui, vous pouvez bien sûr regarder et apprécier quelques toiles majeures conservées au Musée du Louvre, notamment ses Bergers d'Arcadie (1638-1640) ou Moïse sauvé des eaux (deux versions : 1638/1647). Mais je dois dire quemon oeuvre préférée est son autoportrait. On le voit, si fier, parmi ses toiles retournées, comme si l'artiste se moquait un peu de nous, pauvres néophytes qui aimeriont étancher notre curiosité. La talent de l'artiste demeure un mystère impénétrable.

Autoportraitchantelou1650louvre

Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture

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Simon Vouet, un artiste majeur du baroque français

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

437pxsimon_vouet_001 Simon Vouet est l'une des grandes figures de la peinture religieuse française du 17e siècle. Né en 1590, il rapporta de sa formation à Rome une synthèse brillante des renouveaux de la peinture italienne. Là-bas, dans le berceaux des arts, notre peintre avait travaillé pour des commanditaires illustres tels que les princes Doria. Il oeuvra aussi pour le cardinal Barberini qui n'était autre que le futir pape Urbain VIII. Très renommé, Vouet était ainsi parvenu à la direction de l'Académie de saint-Luc, qui forma les artistes peintres avant la création de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. On peut dire que Vouet a beaucoup contribué, de manière significative, à implanter en France les bases d'un baroque inscrit dans la lignée des plus grands peintres italiens, Véronèse et Titien en tête.

Après son retour en France, il fut nommé peintre du roi et officia dans le cadre des grandes décorations à l'époque de Louis XIII. En vous balandant au musée du Louvre, vous pourrez découvrir certaines de ses toiles tout à fait caractéristiques de sa manière, très inspirée des vénitiens avec ces coloris clairs et chatôyants, des raccourcis et des drapés à tomber. Comme les grands maîtres de son temps, Vouet s'était entouré d'un atelier nombreux et diversifié dont on retrouver certains décors dans les grandes églises parisiennes.

Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture

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Victor Brauner, le surréalisme en puissance

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

J9nly25n Victor Brauner fut un dadaïste avant d'être reconnu comme un surréaliste. Il est donc un exemple utile pour faire le lien entre ces deux mouvements qui ne sont pas si consanguins qu'il y parait. Mais là n'est pas notre propos. Revenons à cet artiste d'origine roumaine qui fréquenta l'école de Paris dans les années de l'entre-deux-guerres. Comme Yves Tanguy, il semble que l'orientation de Brauner ait pris un tournant décisif en rencontrant Chirico. Il va explorer lui aussi le ressorts symboliques de l'iconographie pour sonder l'inconscient et ses méandres. Le motif de l'oeil (visionnaire et aveugle, tout-puissant et omniscient) est au coeur de ses premières recherches.

Victor Brauner deviendra une figure réellement importante de la mouvance surréaliste parisienne. Il participa d'ailleurs à l'exposition Surréaliste de 1947 chez Maeght où il présente non un loup-garou, mais un loup-table. Brauner est resté un parisien de coeur et fut même enterré au cimetière de Montmartre. On peut notamment se procurer ses écrits et correspondances, édités en 2005 par le Centre Pompidou et qui vous feront voyager dans le temps, et avec René Char ou André Breton. 

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Voir aussi : Peinture

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Un abstrait à Paris : Carmelo Arden Quin

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Arden20quin20carmelo2020elan2089202 La galerie Drouant nous propose une rétrospective de l'oeuvre de Carmelo arden Quin, et ce jusqu'au 31 janvier. Cet artiste est une figure historique de l'abstraction géométrique. Né en 1913 en Uruguay, il fut un proche de Torres Garcia. En 1945, Quin fut le fondateur d'un groupe baptisé Arte Concreto-invencion. S'en est suivi le mouvement MADI qui le réunit avec d'autres peintres tels que Rhod Rothfuss. L'art abstrait n'est-il, par essence, l'expression même du concret? La géométrie n'existe-t-elle pas, à l'état pur, dans la nature qui nous environne et dont nous sommes issus et composés? Le peintre vit en France depuis les années 1950 où bien sûr, il a exposé dans tous les grands salons de l'abstraction, en premier lieu celui des Réalités Nouvelles.

La particularité de son travail est d'avoir sorti l'expression abstraite de la rigidité de la toile académique, par convention rectangulaire. Il a fait éclater cet espace pour permettre un épanchement des formes et des couleurs. Ainsi, son expression n'est pas confite ni même sclérosée même si elle demeure résolumment géométrique et donc très cartésienne. On ne connait pas tant que cela en France le mouvement MADI qui a pourtant représenté un jalon essentiel dans l'histoire de l'abstraction internationale. Heureusement, une exposition dont nous reparlerons sûrement va ouvrir ses portes à la maison de l'Amérique latine, à Paris.

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Jan Gossaert dit Mabuse

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

392pxjan_gossaert_013 Qui fut Jan Gossaert? Un acteur important de la vie artistique dans l'essor de la Renaissance dans les Pays-Bas, une peintre de talent qui fut au service des Princes et notamment de Philippe de Bourgogne. Gossaert est un personnage historique puisqu'il fut le premier peintre à faire le voyage à Rome dans le but de copier des antiques. Et l'on sait combien cette pratique d'apprentissage eut la vie longue dans les siècles qui ont suivi. On connait parfois mieux Gossaert sous son pseudonyme, celui de Mabuse, cependant les détails sur sa vie privée sont laconiques. Hormis ce voyage, on connait peu de choses sur lui et il demeure un mystère dans l'histoire de l'art.

Vous pouvez plusieurs oeuvre de ce peintre à la fois en Belgique, à Berlin ainsi qu'en Hollande, en particulier à Rotterdam où est conservée cette toile représentant Hermaphrodite et Salmacis. C'est un épisode emprunté aux Métamorphoses d'Ovide. On y voit la nymphe des eaux essayant de contraindre le jeune Hermaphrodite à s'unir à elle. Il supplie les dieux de se libérer de cette emprise. Le viol masculin est un sujet relativement étonnantdans l'iconographie picturale.

Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture

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Les corps fragiles de Vincent Corpet

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

123869_normal2 Quel âge a Vincent Corpet? 48 ou 50 ans? Impossible de trouver la date de naissance exacte de cet artiste contemporain. Vous me direz que, dans le fond, on s'en f...t. Et vous avez raison. Ce qui compte, c'est l'oeuvre, non? Justement. Parlons un peu de l'oeuvre de Vincent Corpet, de ses figures massives et charnues, ces corps-véhicules de la personnalité, traités comme des planches anthromorphiques (c'est ce que cela m'évoque). Qui sommes-nous derrière nos vêtements, derrière nos masques? D'ailleurs, existons-nous sans eux?

Ce regard presque objectif, disons authentique, n'est pas pour me déplaire. Visuellement, Corpet opère un mariage réussi entre la nacre des chairs et des arrières-fonds de couleurs vives, donnant naissance à des représentations harmoniques et presque musicales, sûrement psychologiques. Mais qui évoquent aussi, comme dans l'installation ci-dessus, des stands de tirs à la fête foraine. On ne sait plus où donner de la tête.

Une toile de Corpet a été exposée dans Intrusions au petit palais. On trouve dans le fascicule une citation intéressante de l'artiste qui détaille sa méthode de travail : "Je demande à ceux qui acceptent de poser de demeurer immobiles, droits, les bras le long du corps, les jambes jointes, le visage de face, et je les peins de très près, morceau après morceau, séance après séance, en les regardant aussi attentivement que possible". On imagine que ces séances doivent être intenses, autant pour le modèle que pour le peintre. Le nu est naturellement un thème traditionnel dans la peinture occidentale, mais aussi l'occasion d'un voyage en nous presque chamanique, dans ce que nous avons de plus fragile : notre intimité. Sans défense, nous nous présentons tels que nous sommes, sans les artifices du jour. C'est un peu de cette nature animale et humaine que Corpet capte dans chacune de ses toiles, émouvantes et solides.

Voir aussi : Peinture

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Je me suis fait tirer le portrait!

Par Joest Jonathan Ouaknine | (3) Commentaires | Permalink

Portrait J'en ai de la chance. Tous les jours, vous avez des dizaines de touristes qui vont à Montmartre et payent pour qu'on leur fasse à un portrait. En général, la réalisation est moyenne et c'est rarement ressemblant, mais les gens sont contents: on les peint! Moi, j'ai obtenu un portrait de qualité sans n'avoir rien déboursé et en plus, je n'avais rien demandé! Il se trouve que mon frère par alliance est artiste-peintre. Hier soir, j'étais chez lui pour fêter noël. Alors que je regardais ses dernières oeuvres, Milos Trifunovic, c'est son nom, m'a dit: "Tiens, j'ai envie de te peindre! Ca prendra cinq minutes!" Aussitôt dit, aussitôt fait et ainsi, j'ai posé entre deux coupes de champagne. En voici, une manière originale de passer le réveillon!

En fait de "cinq minutes", ça a duré une bonne heure (avec pauses), mais ça valait largement le coup. Voici donc mon portrait à l'acrylique, par Milos Trifunovic. Au passage, j'en profite pour lui faire un peu de pub, car c'est un artiste qui mérite l'attention.

On le voit ci-dessous en action. Les peintures en arrière-plan sont également de lui:

Milos

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Edward Hopper et la solitude des âmes

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Hopper22 Edward Hopper est l'un des artistes amércains qui a le plus les faveurs du grand public. On peut signaler, pour les veinards qu'un achat de billet pour Washington ne rebutera pas, qu'une grande rétrospective est actuellement organisée à la National Gallery of Art. Cela faisait un quart de siècle qu'on avait pas vu exposition du genre. C'est dire l'évènement. Ce genre de grandes expositions révèle l'approche toujours nouvelle que l'on peut avoir sur l'oeuvre d'un grand peintre. Il n'est pas inutile de confronter notre regard d'aujourd'hui à une oeuvre archi-connue, l'exposition Courbet au grand palais le montre trop bien.

Hopper a emprunté ses thèmes à son milieu : l'Amérique profonde, celle où - a priori - il ne se passe rien. Rien que les drames de la solitude, de l'attente, que ses scènes de genre mettent en exergue, comme des métaphores de la condition humaine. Sa peinture me fait toujours penser à la littérature de Steinbeck, je ne sais pas pour vous. Les éclairages et les cadrages sont d'une sensibilité étonnante, jamais mièvre, mais poétique. Réaliste par définition, Hopper se révèle le peintre d'une ceryains métaphysique des âmes. Il a peint jusqu'à son dernier souffle, à l'âge de 80 ans, des toiles qui ont fini par flirter avec l'abstraction. Comme un retour sur lui-même et sur la fébrilité de l'existence.

Hopperautomat

Voir aussi : Peinture

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