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Laurence Bonnel, une oeuvre entre ciel et terre

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

5819_l_bonnel_2  Dans son atelier niché au fond d'un immeuble de la rue Michel-Ange, sous cet auspice précieux, Laurence Bonnel travaille à sa sculpture: des personnages longilignes qui se découpent en ombres chinoises, dans le jeu des lumières, sur les murs blancs. Sculptrice, elle crée des silhouettes architecturées, presque primitives, dont émane une grande présence. Occupation des sols, occupation de l'espace, sa sculpture est un lien entre la terre et le ciel. C'est ainsi qu'elle aime à la présenter. Laurence, cette jolie et grande trentenaire, a commencé à pratiquer le modelage il y a une dizaine d'années. Plus qu'une passion, cette autodidacte en a fait son métier. Après des études d'histoire de l'art, et forte de ses cours de dessins, elle s'est lancée entièrement dans la traduction de ses visions intérieures.

6084_l_bonnel_2 L'humain et la terre

Deux thèmes s'imposent dans l'oeuvre de laurence Bonnel depuis quelques années : celui des couples et celui de la foule. Le motif de l'humain, récurrent et central dans son imaginaire, est épuré jusqu'à la stylisation formelle qui évoque d'emblée l'art de Giacometti ou les corps cubistes d'un Zadkine. Mais, modeste et entière, l'artiste refuse les étiquettes et les filiations un peu faciles. Elle a son propre style et son oeuvre existe par et pour elle-même. Cette sculptrice mène une réflexion sur la place de l'individu, la solitude dans la multitude, l'absence cachée dans la présence des corps. Sans visages, asexués mais sensuels, ses personnages sont des mises en abîme d'un moi profond. Il n'y a aucun pathos dans sa façon minimaliste d'exprimer l'humain, mais une tranquillitué qui révèle une vision croyante dans les forces de la vie et de la nature. Les corps, dans son oeuvre étirée vers le ciel, sont autant des lianes que des cathédrales. 

6058_l_bonnel_3 De la glaise au métal

Le processus créatif de Laurence Bonnel accorde de plus en plus d'importance au dessin, d'après lequel elle pense la présence de ces longues silhouettes architecturales. Elle modèle en retranchant directement de la matière dans ses blocs de terre glaise et humide comme une prise en taille directe. Appelée à des rêves de monumentalité pour ses oeuvres, Laurence Bonnel verrait bien ses sculptures rejoindre la nature, la terre, pour y être ancrées. Actuellement, l'artiste travaille sur l'idée du cadre dont les personnages s'affranchissent ou dans lequel ils se fondent. La sculpture, art en trois dimensions, prend ici tout son sens. Et Laurence de mener son jeu sur les volumes et l'harmonie des masses. Epuration des lignes et des matériaux, singularité des contours, son style s'impose par un graphisme simple et équilibré. La sculptrice aime la matière; aime la terre, aime le bronze. Traduites dans le métal par les Fonderies Fusion, ses figures sont patinées dans des noirs profonds et toujours sobres.

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