Chardin, ce héros
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La Raie de Chardin est, comme on dit, un morceau de la peinture française du 18e siècle. Elle figure parmi les joyaux de la collection du musée du Louvre. Peinte autour de 1725, cette nature morte très vivante est une inspiration des tableaux hollandais du 17e siècle. Chardin représente vraiment une personnalité incontournable du siècle des Lumières, et il avait obtenu des charges importantes à l'Académie royale de peinture et de sculpture. C'est notamment lui qui géra à un époque l'accrochage du Salon qui, comme chacun le sait, représentait le pivot de la vie artistique et du commerce de l'art.
On sait aussi que Chardin a, comme qui dirait, ennoblit la scène de genre populaire. Et, bien que les genres qu'il ait pratiqué aient été considérés en son temps comme mineurs, Chardin avait obtenu la reconnaissance et l'admiration de ses pairs et peintres d'histoire. Ses sujets de prédilections sont souvent des natures mortes de fruits frais et des ustensiles de cuisine au cuivre rutilant. On en mangerait de cette brioche qu'il peignit et qui se trouve aussi au Louvre. Chardin ne songeait pas tant à rendre le détail des matières qu'à jouer sur l'éloignement pour évoquer la nature des différentes subtances. Il parvint surtout avec vituosité à rendre l'impression de la lumière sur les masses et à reconstituer la vues objets par la juxtaposition des contours à partir des tons de la couleur et non du trait, sa grande théorie.
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Le Bernin au placard
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Personne n'aurait pu penser cela imaginable, et pourtant, il l'a fait : Louis XIV a eu le culot de refuser une statue au Bernin. La commande d'une statue équestre à la gloire du roi avait été passée au sculpteur italien en 1667 pour le château de Versailles. Son groupe en marbre était initialement prévu pour la cour d'honneur du palais. Cependant, fine bouche, Louis XIV a refusé ce groupe en raison de ces déploiements baroques. Il demande alors à un sculpteur "classique", Girardon, de transformer ni plus ni moins la statue de Bernin en figure du général Martius Curtius qui est une figure héroïque de l'antiquité romaine. Ce à quoi Girardon parvient en ajoutant force attributs, notamment un casque etdes flammes sous le ventre du cheval. Mais l'oeuvre n'est plus destinée à la cour d'honneur..mais un recoin du parc.
bref, voyez la drôle d'histoire des statues. En 1988, une réplique en plomb a été installée dans la cour Napoléon, au Musée du Louvre. On se rend compte que l'exaltation baroque du répertoire berninien n'a pas été si modifié par Girardon qui était peu être un peu vert d'avoir du transformer l'oeuvre du maître iatlien.
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Saint Eustache...Eustache Le Sueur
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Eustache Le Sueur, voilà un autre peintre religieux du 17e français qui mérite d'être redécouvert, bien qu'il soit connu de tous ceux qui font des études d'histoire de l'art. Né en 1616, on se contentera peut-être de le présenter comme un élève de Vouet dont il a suivi la manière. Certes, mais il s'est inspiré aussi du langage monumental de Raphaël par la suite. On peut tout à fait rattacher le Sueur au style baroque, et d'ailleurs d'aucuns le surnomme le "Raphaël français". Je n'aime pas trop ces formules comparatives et grossières, personnellement. De lui, vous verrez des toiles au Louvre, et notamment son cycle de la Vie de Saint-Bruno, 22 toiles destinées au Cloître des Charteux, à Paris. Notre artiste a également officié dans la commande royale, ce qui est bien naturel à son époque.
En recvanche, point de Le Sueur à Saint-Eustache. Désolé.
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Antoine Watteau
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Cette année, le Musée Jacquemart-André avait consacré une exposition à l'un des peintres les plus célèbres du 18e siècle français: Fragonard. Nous reviendrons sur lui prochainement, mais non sans avoir d'abord présenté la personnalité d'Antoine Watteau. IOn le considère généralement comme le maître des Fêtes galantes, un genre qu'il a inventé et fait admettre à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Proche de la scène de genre, sa peinture n'en demeure pas moins plus complexe qu'il n'y parait car les situations sont poétiques, comme des revisitations d'un passé buccolique et antique assez mystérieux qui n'est pas sans évoquer, pour moi en tout cas, les oeuvres sombres et postérieures d'un Böcklin.
Watteau, très brillant, a connu très jeune le succès puisqu'il fut reçu à l'Académie à l'âge de 28 ans. Il est clair que son univers emprunte énormément au monde du théâtre, dont on oublie aujourd'hui qu'il représentait le seul véritable divertissement des temps modernes. Bien sûr, on trouve dans les collections du Musée du Louvre bien des toiles importantes de Watteau et notamment la plus célèbre, Le pélerinage à l'île de Cithère datant de 1717. Mais mon tableau préféré, c'est le Gilles, un personnage de la Comedia dell' arte, à la fois triste et pensif.
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Charles Le Brun en met plein la vue
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Dans le genre peintre religieux et décorateur royal du 17e siècle, on ne peut guère faire mieux que Charles Le Brun (1619-1690). Héritier du souffle mystique de Simon Vouet, dont il fut l'élève, Le Brun fut également le discipline du Poussin dont il médita l'exemple. Mais, comme le disait Bourdelle à propos de Rodin, rien ne pousse à l'ombre des grands arbres. Aussi, notre peintre a-t-il su prendre son envol pour atteindre par lui même les cimes de la gloire. C'est que l'on ne voyait pas petit au 17e siècle, surtout dans le giron de Louis XIV. Après s'être occupé de la décoration du château de Vaux-le-Vicomte, Charles Le Brun s'est attelé à Versailles, sur la demande du roi. Après l'escalier des ambassadeurs, il ne fut autre que le réalisateur des décors de la Galeries des Glaces.
Le Brun a également joué un rôle très important dans l'histoire de la création de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Il faut dire qu'il était un exemple parfait de peindtre d'histoire, maitrisant plus qu'un autre les codes subtils et symboliques de l'allégorie. C'est un peu à cause du 19e siècle, et de la haine que lui portèrent les romantiques, que Lebrun était tombé dans l'oubli. Son importance a été largement réhabilité depuis même s'il demeure un peintre du 17e siècle moins célèbre que Poussin.
Ci-contre : décor de Lebrun pour la Galerie des Glaces, Versailles (photot: La Tribune de l'Art)
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Hans Memling
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Né en 1440 en Allemagne, Hans Memling a vécu sa Bruges où il a possédé un bel atelier dans un quartier dévolu aux peintres. On peut le considérer comme le denrier représentant des grands primitifs flamands, un héritier de Rogier van der Weyden et de Jan van Eyck. De son vivant, Memling a joui d'une solide réputation, ses oeuvres étaient très demandées que ce soit dans les Pays-Bas ou dans les centres européens artistiques tels que Florence. Naturellement, les sujets peints par Memling sont avant tout des sujets religieux, à l'image du Martyre de Saint-Sébastien conservée dans les Musées Royaux de Belgique, à Bruxelles.
J'aime beaucoup la peinture de Memling, généralement appliquée sur des panneaux de bois comme c'était l'usage au 15e siècle. On est bluffé par la conservation des ces objets si anciens et qui parviennent à émouvoir. Il y a une humanité rehaussée de je ne sais quoi de sacré, de divin, dans son art. La redécouverte de Memling n'est pas si ancienne, elle date du 19e siècle principalement par les historiens de l'art allemand. Il est l'auteur d'un impressionant retable, orné de sept panneaux, dans la chapelle du dôme de Lübeck et dont vous voyez ici le panneau central, représentant le Christ en croix (1491).
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Asger Jorn et le communisme
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A l'heure où s'est ouvert à Bâle (Fondation Beyeler) une exposition sur l'Action Painting au sens large, il n'est pas inutile de revenir un instant sur la figure de Asger Jorn (1914-1973), un peintre d'origine danoise qui fut un théoricien actif dans une époque où l'Europe était plongée dans l'ère glaciaire de la guerre froide. Politiquement engagé, Jorn avait un message et défendait une idée: celle que l'art soit proche de la vie, dans l'expérience d'une spontanéité du ressenti. On peut parler, à n'en pas douter, d'une oeuvre expressionniste. D'ailleurs, l'art de Jorn n'est pas étranger à d'autres formations célèbres de l'époque, notamment COBRA.
Jorn fut à l'origine, avec quelques autres intellectuels de son temps, de la création de l'Internationale situationniste. Il s'agissait d'une communauté d'esprit à l'encontre de la culture bourgeoise et capitaliste. On peut donc dire de Jorn qu'il fut un communiste actif, et avait d'ailleurs été formé dans l'atelier de Fernand Léger, à Paris, dont l'engagement social dans les années 30 est bien connu. Sur le plan formel et esthétique, on peut dire que l'expressionnisme de Jorn prend ses racines dans une vision surréaliste du réel, avec la création d'un univers dans l'univers sensible, comme la surimpression de songes et de cauchemars sur le quotidien. Passablement inquiétant mais aussi très fort visuellement et qui ne laisse pas indifférent, quelque soit ses préférences...
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Philippe de Champaigne
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Pour continuer notre petite série sur les peintres fameux du 17e siècle, je voudrais revenir sur la personnalité de Philippe de Champaigne (1602-1674). Saviez-vous qu'il était flamand d'origine ? Il fut formé dans sa ville natale de Bruxelles et devient, comme on le sait mieux, le portraitiste attitré de Louis XIII et de Richelieu. Mais il travailla tout d'abord au décor du Palais du Luxembourg pour la reine Marie de Médicis. C'est à Chammpaigne que Richelieu, cardinal illustre et fin politicien, confia la décoration de la galerie des Hommes illustres du Palais-Cardinal, et cela en collaboration avec un artiste dont nous avons parlé récemment : Simon Vouet. Surtout, Philippe de Champaigne pariticpa activement à la fondation de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture en 1648, cela même qui voulait mettre un terme aux systèmes des corporations et fit naître le Salon qui est l'exposition de ses membres.
On trouve dans les collections du Musée du Louvre plusieurs oeuvres importantes de Philippe de Champaigne, notamment un Chirst mort qui impressionna beaucoup les peintres de la modernité. Quand on voit le Toréro mort de Manet, on ne peut s'empêcher de dresser un parallèle entre les deux toiles. Cette oeuvre m'a toujours fortement impressionnée, je ne sais pas pour vous. Mais il me semble que c'est un morceau plein de gravité et de talent. Champaigne maîtrisait aussi de façon bluffante le rendu des étoffes, ce qui procure toujours un plaisir immense à regarder sa peinture si en proie à la perfection illusionniste.

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Le Poussin sorti de l'oeuf
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Nicolas Poussin (1594-1665) est un maître de la peitnure française du 17e siècle dont on connait l'importance et le talent. Il n'est peut-être pas inutile de rappeller que ses premières années furent difficiles, lors de son voyage d'apprentissage à Rome en 1624. C'est là qui'l fut fortement marqué par la découverte de sarcophages antiques. Ce fut vers 1630 que Poussin - peintre français qui fut surtout romain - adopta définitivement le format du tableau de chevalet et des figures de taille réduite pour représenter l'histoire. La peinture d'histoire, s'il faut le souligner, était le genre le plus noble. Elle traitait, dans un but d'édification et d'élévation de l'âme, des sujets religieux, mythologiques, historiques et allégoriques. Il est clair que l'art de Poussin a été fortement influencé par Raphaël dans les années 1630.
Bien que romain de coeur et d'adoption, Poussin n'en a pas moins été sollicité par le roi de France pour décorer la Grande galerie du Louvre entre 1640 et 1642. De lui, vous pouvez bien sûr regarder et apprécier quelques toiles majeures conservées au Musée du Louvre, notamment ses Bergers d'Arcadie (1638-1640) ou Moïse sauvé des eaux (deux versions : 1638/1647). Mais je dois dire quemon oeuvre préférée est son autoportrait. On le voit, si fier, parmi ses toiles retournées, comme si l'artiste se moquait un peu de nous, pauvres néophytes qui aimeriont étancher notre curiosité. La talent de l'artiste demeure un mystère impénétrable.
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L'énigme Dali
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Que l'on apprécie ou non le personnage et l'oeuvre, il est indéniable que Salvador Dali est un grand artiste que certains qualifieront de Génie. Enfin, disons qu'il s'autoproclamait volontiers génial. Je repensais à cette période de son oeuvre où Dali s'était mis à faire des tableaux à énigmes, sortes de rébus subliminaux qui entretiennent pour moi une parenté avec les images d'Epinal. Vous savez, ces images où l'on peut voir plusieurs scènes en même temps, selon la façon dont on regarde l'assemblage des formes. L'énigme sans fin est de ce point de vue une toile remarquable et parfaitement maîtrisée. Il est clair que l'oeuvre de Dali a une profondeur et une vocation d'instropection psychique.
Refusant de censurer les images venues de son inconscient, Dali évoquait à plaisir les souvenirs et cauchemars scatophiles et morbides liés à l'enfance et la mort. Paradoxalement, c'est ce qui gêna Breton et les Surréalistes. Le problème était surtout que la forte personnalité de Dali était en conflit avec le pape, Breton aimant tirer la couverture à lui seul. Pour l'agacer, Dali n'hésitait pas à proclamer : "Le Surréalisme, c'est moi". Ca devait faire plaisir à Breton. Quoiqu'il en soit, et pour revenir à l'art de Dali, autant dire qu'il nous pàlonge du coté obscur, celui que nous ne montrons jamais dans le monde de la représentation sociale. Il s'agit du monde intérieur, peuplé de rêves étranges, de désirs et de fantasmes, de peurs et de mythes. C'est ce qu'il appelait le concept de paranoïa critique, une méthode qu'il avait mise au point pour faire surgir des images de son inconscient et les livrer en pâture sur la toile, quitte à faire mal.
Voir aussi : Histoire de l'art



