Van Dyck à la cour
Par Claire Maingon
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Antoon Van Dyck, comme on le sait, s'est illustré dans les portraits des grandes cours européennes du 17e siècle, en Angleterre notamment. Vous savez, les portraits de Charles 1e. Mais il n faut pas oublier que le peintre était flamand de naissance et de formation. Comme tous les artistes de ce temps, il fit un voyage essentiel en Italie qui devait le marquer durablement. C'est ensuite seulement qu'il entreprit son séjour londonnien, celui qui devait faire de lui l'un des peintres les plus célèbres de son époque. On peut dire que Van Dyck a durablement marqué l'art du portrait d'apparat. Il devint alors une référence internationale.
Il faut dire que sa peinture bluffe par son apparente facilité, et ce sens inné de l'élégance. Cela bien qu'il livra aussi des portraits plus modestes, à mi-corps, pour la bourgeoisie anversoise. Ce peintre de cours avait réussi à dépasser en réputation tous ses contemporains. Comme Rubens, il avait un prolifique atelier qui lui permettait de pourvoir à la demande croissante des amateurs et de multiplier ses oeuvres par des reproductions sous son contrôle.
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Le Guide
Par Claire Maingon
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Guido Reni n'est pas le plus célèbre des peintres italiens aux yeux du grand public, certes, mais il n'est pas un inconnu non plus des visiteurs du Musée du Louvre. Cet artiste ayant vécu à cheval entre le 16e et le 17e siècle est un héritier de l'idéal maniériste, un gracieux peintre qui a eu le talent de trouver son style personnel à une époque où les codes de la peinture étaient suffisamment rigides pour brimer la fantaisie des plus faibles. Son expression naturaliste est toujours mariée à une élégance hautement raffinée, et c'est ce qui lui valut de très importantes commandes (au palais du Quirinal notamment) et une grande estime dans le milieu des Lettrés. Il évolua sensiblement à partir des années 1630, un moment où sa manière devint plus délicate encore et où l'artiste avait volontairement choisi une gamme de couleurs plus restreinte.
Nous pouvons ajouter que Guido Reni se rattache aux peintres de l'Ecole dite de Bologne, dont il est une des très grandes figures. Sa proximité avec l'art des Carrache et de Raphaël en font l'un des talents les plus singuliers et les plus admirables de son siècle.
Voir aussi : Histoire de l'art
Rembrandt, forcément
Par Claire Maingon
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S'il est bien un peintre qui occupe une place dominante dans l'Ecole hollandaise du 17e siècle, c'est Rembrandt, n'est-ce-pas? Son talent commença à prendre une véritable importance à partir des années 1640. Il eut également, comme Rubens, un prolifique atelier qui s'étoffa beaucoup grâce à l'expansion économique et portuaire d'Amsterdam, la ville où l'artiste était basé. Ce qui est impressionnant, c'est il me semble la variété des techniques et des genres abordés par Rembrandt tout au long de sa carrière. Et, à la différence de beaucoup de ses confrères hollandais, il parvint à s'écarter des préoccupations purement descriptives, objectives pour faire de la peinture un moyen de transcendance souvent de nature religieuse et presque mystique.
Très virtuose dans le maniement du clair-obscur, Rembrandt est parvenu à évoluer dans les dernières années de sa carrière vers un luminisme nuancé qui révéla un grand talent de coloriste. C'est la marque des grands de parvenir à se dépasser, en dépit du succès qui peut être une forme de sclérose et inciter à l'inertie et au contentement de soi. Cependant, la clientèle n'a pas suivi. Elle préférait sa manière tout de suite identifiable.
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Sean Scully, le conciliateur de talent
Par Claire Maingon
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Il n'y a pas une abstraction mais des abstractions. Quelle variété dans les cheminements des artistes du 20e siècle, depuis les pères fondateurs jusqu'aux talent d'aujourd'hui, en passant du lyrisme au minimalisme, à l'organique. Il y en a pour tous les goûts, et des dégoûts. Certaines sensibilités demeurent imperméables à l'expression idéiste ou rétinienne. Moi, j'apprécie par exemple l'oeuvre de Sean Scully, ce peintre et graveur américain d'origine irlandaise. Né juste après la 2e Guerre Mondiale, Scully peut être décrit comme un peintre expressionniste, du fait de son utilisation de la couleur exacerbée comme véhciule de la géométrie et des émotions. On serait tenté de dresser des parallèles entre lui et Mondrian autant qu'avec Rothko. Ca tombe bien, ce sont deux artistes qu'il a admiré dans ses années de formation.
La bande, la rayure occupe l'essentiel de son langage pictural. Cette forme simple permet d'aller droit au but, si l'on peut dire, et de jouer sur la notion de verticalité, le propre de l'homme. L'oeuvre de Scully n'est est pas moins variée et organique, très sensuelle, elle n'a rien de froid et pourrait apparaitre comme un contre-point à l'oeuvre d'un François Morellet par exemple. Peignant à main levée, Scully travaille à l'huile. Conciliant, et très humain, l'artiste a défini son art - non sans un pointe de malice - contre la réconciliation entre l'expressionnisme de Pollock et la méthodique linéarité de Mondrian. Sean Scully est aussi de ceux qui s'inscrivent en faux contre l'éternel débat figuratif/abstrait. C'est vrai que la figure existe quoiqu'il advienne, autant que le sentiment supérieur et immatériel. Autant les réunir, dans une lecture féconde de l'art, que les affronter.
Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture | Points d'Art | Portraits d'artistes
Donnez-moi du Rubens
Par Claire Maingon
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C'est grâce à son atelier trop bien organisé que Pierre-Paul Rubens a tant produit, tant diffusé sa peinture aux quatre coins de l'Europe. Les petites mains l'avaient aussi délivré de toute la besogne attachée à la réalisation de grands portraits de commande, et autres décorations de chevalets, pour se consacrer aux grands décors, peindre des tableaux d'autels, des sujets d'histoire. Eduqué dans la tradition humaniste, pourvu d'une large culture classique et grâce à ses nombreux voyages à travers l'Europe, Rubens n'a pas seulement été un grand peintre. Il a aussi été un homme heureux, réussissant sa vie privée là où d'autres n'ont pas voulu aimer, ce qui explique la multiplication des images du bonheur familial dans les dernières années de sa vie.
Est-il utile de rapeller tous les grands décors et les cycles qu'il a laissé? Qu'il s'agisse des puissances française, espagnole ou anglaise, il s'est mis au service de pays qui se livraient guère sur le plan diplomatique et durant la Guerre de Trente ans. On rappellera que Marie de Médicis avait commandé à Rubens deux grandes suites de tableaux pour son palais du Luxembourg, représentant à sa gloire "La vie très illustre et les gestes héroïques de la reine". C'est une iconographie complexe, dans laquelle la symbolique du caducée joue un rôle majeur et de lien. Comme d'habitude, Rubens est fidèle à son talent de coloriste, comme on dit, qui l'ont fait considéré comme un décadent par les générations néo-classiques.
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Murillo
Par Claire Maingon
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Peintre espagnol, Bartolomé Estéban Murillo a vu le jour en l'an 1618. C'est en prenant contact avec la peinture de Rubens, mais aussi de Van Dyck, que Murilloa été rapidement conduit à élaborer des compositions dynamiques, à faire usage d'une touche plus fluide, tout en étant très sensible à l'influence vénitienne. L'art de Murillo était tombé dans l'oubli pendant le 18e siècle. Il fut redécouvert tardivement. On le considère souvent comme un précurseur du réalisme, ainsi qu'en témoigne parfaitement une toile du musée du Louvre, Le petit mendiant. Pas de prétexte mythologique ou historique ici, c'est la simple vie de l'enfance qui est au coeur du sujet.
Ajoutons que Murillo fut le fondateur de l'Académie des Beaux-Arts de Séville. Le pauvre homme est mort tragiquement, en chutant de son échaffaudage alors qu'il peignait un retable au couvent des capucins de Cadix. RIP
Voir aussi : Histoire de l'art
Johannes Vermeer
Par Claire Maingon
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On entend parfois que Johannes Vermeer fut le chef de file de l'Ecole de Delft. En réalité, c'est impropre et réducteur, un peu comme de considérer que Millet fit partie du groupe des peintres paysagers de Barbizon. Mais revenons dans les Flandres. En réalité, ce fut le peintre P. de Hooch qui occupe la place de meneur au sein de cette école. Quant à Vermeer, c'est sûr qu'il demeure aujourd'hui plus connu que son ainé, notamment au travers de sa célèbre Laîtière, bien connu des Français consommateurs de yaourts, et du film La jeune fille à Perle avec la délicieuse Scarlett Johansson. Quant on regarde sa production d'un peu plus près, on s'aperçoit qu'elle fut assez restreinte. D'une part, notre artiste n'aura pas vécu très vieux (1632-1675). La plupart de ses scènes sont dites de genre intimiste, elles nous font pénétrer dans l'intérieur de riches ou de plus modestes flamands.
Le jeu des étoffes est toujours impeccable, et le travail sur la lumière diffuse et diaphane coupe parfois le souflle de celui qui regarde. Il faut que dire que Vermeer a fondé sa pratique sur une imitation parfaite du réel, à la recherche d'un illusionnisme de la nature. Cependant, et c'est là tout l'intérêt, il existe aussi une dimension symbolique dans ses oeuvres. Ce n'est pas parceque la peinture est imitative du réel qu'elle est vide de sens. S'il ne fut guère un inventeur, le peintre hollandais demeure un poète du quotidien dont les oeuvres atisent toujours la curiosité du grand public, après les siècles.
Voir aussi : Histoire de l'art
Les petites femmes de Castelli
Par Claire Maingon
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Luciano Castelli, voilà un artiste suisse qui aime la femme. La femme jouisseuse. Né en 1951, ce peintre a toujours eu une vision un peu délirante et décomplexée du réel. Songez qu'il exposa des pipes à haschich en plâtre à la Documenta de Cassel en 1972. Très inspiré par sa propre vie, Castelli signe une oeuvre quasi biographique et non empreinte d'un vrai humour coloré. Son nom est associé au mouvement de l'art corporel, n'hésitant pas à se travestrir en femme pour réaliser des séries d'autoportraits. Il n'est pas étonnant que Castelli ait copiné avec Pierre Molinier, dont on connait le goût pour les portes-jartelles et les bas noirs.
Utilisant aussi bien la photographie que la peinture ou la sculpture, Luciano Castelli peut être classé comme un néo-expressionniste. Il est clair qu'il se positionne comme une figure d'artiste loibre, et volotniers provocateur. "Nous sommes tous des bêtes en rut", aime-t-il à répéter dans les années 70, années où il réalise des performances. Soit. En tout cas, ses toiles des années 1980 sont plus sensibles, peintes d'ailleurs avec les doigts pour certaines.
Voir aussi : Histoire de l'art
Jacob Van Ruisdael
Par Claire Maingon
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On orthographie parfois son nom Ruisdaal, mais il reste néanmoins l'un des plus célèbres paysagistes hollandais du 17e siècle. Né en 1628, il est donc un contemporain de Vermeer. Peintre de paysage, d'accord, mais le genre paysager prend tout entier chez lui valeur de métaphore. C'est la magie de la peinture des genres mineurs en Hollande, cette révélation de l'invisible au travers du monde sensible. Les effets de lumière souvent dramatiques qui se rencontrent dans les toiles de Ruisdael sont comme des métaphores de la petitesse de l'homme face à la cosmogonie de la nature et à sa toute puissance divine.
Notre peintre était surtout réputé pour ses ciels de tempête et ses scènes orageuses, en créant une sorte de poétique du paysage. Versatilité du temps et des âmes, brieveté de l'existence face à l'éternité suprême de la nature, telles sont les notions qui se dessinent derrière les apparences du paysage. Les paysages de Ruisdael ne sont pas sans évoquer les toiles de Caspar Friedrich, plus tard au 19e siècle, qui a su, de la même façon, interroger le sens de l'existence derrière le voile du réel.
Ci contre : une toile de Friedrich
Voir aussi : Histoire de l'art
Fragonard érotique
Par Claire Maingon
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Ah Frago! Je veux dire, Jean-Honoré Fragonard, bien sûr, ce peintre si célèbre du 18e siècle français. L'auteur des parties de Colin-Maillard, du Verrou, de La Chemise enlevée. Fragonard est un peintre de genre, plutôt érotique, mais il avait fait ses premières armes à l'Académie Royale de Peinture et de Scultpure sous le vocable plus prestigieux de la peinture d'histoire. Il fut agrée en 1765. Cet élève de Boucher avait séjourné à Rome pendant 4 ans. Mais sa découverte de l'art italien, antique et moderne, l'avait éloigné de la manière de son maître.
Le sexe tient une place omniprésente dans l'iconographie de Fragonard, peintre de la sensualité et de l'humour tendre. Ceux qui avaient visité l'exposition de l'année dernière au Musée Jacquemart-André ne diront pas le contraire. Plus espiègle que grivois, il a élevé le genre de la scène intime à son apogée. C'est surtout dans le Verrou que s'exprime au mieux les tensions de la chair et de l'esprit quil aima tant à peindre. L'image nous montre un couple succombant au désir dans une lumière effleurant le lit sur lequel pèsent de lourds rideaux rouges. Comme ceux d'une scène ou se jouerait le théâtre des passions charnelles et - peut-être- adultères.
Voir aussi : Histoire de l'art


