| Retour à l' accueil |

J'aime Memling

Par Claire Maingon | (73) Commentaires | Permalink

Memling20detail Hans Memling est un peintre fascinant, n'est-ce pas? Cet artiste à l'expression étrange, car elle nous est lointaine, est né en Allemagne en 1440. Mais c'est à Bruges qu'il fit sa carrière, après s'être établi comme de juste dans le quartier des peintres. C'était un peintre très réputé en son temps dans l'ensemble des Pays-Bas, et bien sûr en Italie où sa notoriété a dépassé sa disparition, en 1494. On peut dire de Memling, sans aucun doute, qu'il représente le dernier des grands primitifs flamands. Il fut fortement influencé par l'art de Van Eyck, mais tout cela mâtiné de ses propres influences régionales. L'artiste, comme ceux de ces générations, peignait généralement sur bois. Et, naturellement, ses prédilections allaient vers les scènes religieuses, rapport aux commandes de l'église.

On connait de lui plusieurs chefs d'oeuvre, dont les plus emblématiques sont La Vierge parmi les saints et L'adoration des mages, tous deux conservés à Bruges, à L'hôpital Saint Jean où ils furent déposés dès leur réalisation par Hans Memling. Mais, moi j'aime aussi beaucoup la composition qui se trouve aux Musées Royaux de Belgique, à Bruxelles. Elle représente Le Martyre de Saint Sébastien (voir image ci-dessous), l'histoire d'un saint qui - comme on le sait - vécut en pleine période de persécution des chrétiens à Rome, au 3e siècle. On terminera en soulignant que l'art de Memling, cette expression faite de douceur et de précision, ne fut redécouvert qu'assez tardivement, à l'instar d'autres maitres de la renaissance qui sont restés longtemps oubliés et peu appréciés avant le 20e siècle. 

0007860

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Maitre Rogier

Par Claire Maingon | (17) Commentaires | Permalink

419pxphilip_the_good Personnellement, je suis toujours fascinée par les portraits anciens de la Renaissance flamande. Tellement énigmatiques, on ne sait jamais si on est devant des personnages de cristal, des êtres un peu surnaturels ou des vivants. Le traitement des visages est tellement illusionniste, les peux si cristalines que cela confond. C'est ce que le ressens quand je regarde les toiles de Rogier Van der Weyden, un artiste du 15e siècle qui fut un peintre officiel de la ville de Bruxelles. Bien sûr, il oeuvra pour les grandes noblesses européennes, et notamment la dynastie des Bourguignons ou encore les grandes familles italiennes. On lui doit notamment ce beau portrait d'homme, celui de Philippe Le Bon. Né à Tournai, van der Weyden fut appellé "Maitre Rogier", rapport à son prénom et à sa renommée. 

A l'inverse des artistes de la génération précédente, et notamment de son maître supposé 'Robert Campin), notre artiste s'est fait apprécié par sa capacité à introduire plus de sensibilité dans l'art du portrait. Bien sûr, on reconnaitra dans son expression très bluffante l'influence de son aîné Van Eyck. Naturellement, Van der Weyden a travaillé pour l'église en composant de grands retablessur des thèmes religieux comme les descentes de croix. Il est notamment l'auteur d'une oeuvre extraordinaire et parfaitement unique en son genre, un jugement dernier composé de 15 panneaux et destiné aux Hospices de Beaune.

800pxrogier_van_der_weyden_001

Image 1 : portrait de Phillipe Le Bon

Image 2 : le retable du jugement dernier

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Carlo Maratta, le baroque

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Apollodaphne_maratta Acteur du baroque dit tardif, Carlo Maratta est un peintre italien d'un talent un peu différent de celui de ses contemporains du rococo, tels que Pierre de Cortone. On le rapprochera plus volontiers de Guido Reni ou encore de Francesco Albani. Cependant, il fut un talent vraiment singulier, créateur d'une iconographie très personnelle. Installé dans la ville de Rome dès l'âge de 12 ans, Maratta a connu une très grande renommée de son vivant. Inspiré à la fois par l'art de Raphaël et des frères Carrache, il a su allier la douceur des teintes au classicisme des figures et des expressions bien sûr empruntées aux exemples de la statuaire gréco-romaine. Il fut aussi un pourvoyeur de belles oeuvres pour la cour de France, dans cette fin du 17e siècle.

On peut dire de Maratta que son influence su déterminante dans l'organisation de la vie artistique romaine. En effet, il fut le vrai fondateur de l'Académie romaine qui imposa la tonalité classique dans toute l'Europe du 17e siècle. Bien sûr, notre artiste travailla à la décoration de bien des bâtiments cultuels, et des églises de la ville éternelle. Il réalisa aussi des décors profanes d'importance pour des palais, et notamment pour le Palais San Pietro au Vatican. Si vous allez à Rome pour de petites vacances, pourquoi ne pas partir sur ses traces? Elle vous conduiront aussi à faire un détour vers Genzano, ville où le peintre s'était retiré et où il embellit un palais qu'il s'était offert!

Illustration : Apollon et Daphné, toile conservée dans les collections des Musées royaux de Belgique (Bruxelles).

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Quand Van Laer rénova le paysage romain

Par Claire Maingon | (6) Commentaires | Permalink

800pxpieter_van_laer_001 On connait trop peu l'influence du peintre hollandais Pieter Van Laer durant la période moderne. En ce plein milieu du 17e siècle, c'est pourtant autour de lui que se sont rassemblés de nombreux artistes hollandais et flamands à Rome, la ville de toutes les confluences artistiques. Il fut un rassembleur. Né à Haarlem en 1599, Van Laer était surnommé "il Bamboccio", c'est à dire la Poupée de son. Il fut une forme de rénovateur de la peinture paysage, en utilisant les ressources du paysage non pour servir de toile de fond à des scènes religieuses ou mythologiques, mais à de simples scène du quotidien. Autrement dit, il fit usage du décor de la Rome antique et de ses vestiges pour évoquer l'activité de la ville, les marchés, les réunions de mendiants, de forains ou de voyageurs.

Parmi les nombreux élèves de Van Laer, on connait notamment Johannes Lingelbach dont une oeuvre très représentative de cette école est conservée dans les collections des Musées Royaux de Belgique, à Bruxelles. Il fit donc partie de la clique de ceux que l'on surnomma à cette époque les "Bamboccianti", en référence à leur maître et mentor. Il contribua à populariser le genre paysager initié par Van Laer, et cela même bien après que le maître ait quitté Rome.

Cette oeuvre de Van Laer est conservée au Musée de Budapest

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Mauméjean et la mosaïque de la Butte aux Cailles

Par Claire Maingon | (8) Commentaires | Permalink

File_31900_2 L'autre jour, voilà que je promenais à la Butte-aux-Cailles, vous savez ce coin si charmant près de la place d'Italie. C'était parfaitement agréable, et cela ne faisait à un Montmartre encore canaille, préservé des touristes. Très titi parisien. Mais revenons à l'art, chers lecteurs. Tout cela pour dire qu'on y trouve l'église Sainte-Anne-de-la-butte-aux cailles, une église qui fut achevée d'être construite en 1912. Ce qui m'intéresse, c'est avant tout son décor, un décor qui ne fut cncrétisé qu'à la fin des années 30. Bien sûr, le répertoire iconographique est dédié à sainte Anne et la Vierge, toutes deux célébrées su les vitraux de l'église. L'auteur de ces travaux n'est pas très célèbre, ou ne l'est plus. Il s'agit de Charles Mauméjean, dont le père fut le créateur d'une entreprise de vitraux et de mosaïques dans la bonne ville de Pau dès la fin du 19e siècle. 

Charles était architecte de formation, mais il a développé des capacités créatrices intéressantes qui lui ont permis d'obtenir en outre de très nombreuses commandes à Paris. Il fut notamment à l'origine du décor de Sinte Dominique, ou réalisa encore des éléments décortaifs pour Saint Pierre de Chaillot, toute en béton armé. Les mosaïques de Mauméjean sont d'une très belle qualité, par la finesse de leurs tesselles et de leurs coloris.

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Quand Arman piquait sa crise

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Xf3339arman Et si on parlait un peu d'Arman, ce sculpteur assez génial assosicé au Nouveau Réalisme au coté d'Yves Klein. On parlait de cela aujourd'hui, avec mes étudiants qui ont bien aimé ses Colères, vous savez ce moment où il avait littéralement fait voler en éclat des objets, souvent des instruments de musique comme un accordéon. Complètement kapput, l'accordéon. Ca me fait toujours penser aux colères sans doute terribles de Zeus, il y a quelque chose de tout puissant dans ce geste reproduit par l'artiste. Né en 1928, à Nice, Arman s'est éteint il n'y pas si longtemps, en 2005 à New York. IL a fait donc la jonction avec les grandes figures du POP, dont le Nouveau Réalisme entre bien en résonance. Il n'y a pas à dire, l'ingéniosité et la gestuelle d'Arman ont toujours quelque chose d'audacieux qui laissent rêveurs.

Ce n'est pas tant à la portée de tous de faire violence, dans le respect de soi-même. Il n'y a même qu'un artiste - poète ou plasticien - pour faire cela. Ce pourrait être finalement l'une des définitions de l'artiste, non?

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Annibale Carrache

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Annibale_carrache_la_lapidation_de_ Annibale Carrache représente un jalon essentiel dans l'histoire de la peinture italienne et européenne moderne, puisqu'il a été notamment le maître de Guido Reni et du Dominquin. Pas rien. Né à Bologne, et assisté de ses deux frères, Annibal est souvent placé au coeur d'une opposition avec la peinture du Caravage, dont il pris le contre-pied dans les années du Concile de Trente. On qualifiera volontiers ses débuts de baroque, rapport au dramatisme de ses mises en scène et de sa manière. Les choses évoluent à la fin des années 1590, un moment où Carrache se dirige vers plus de rationnalité et s'approche de la manière de Raphaël. Marqué par ce dernier, il trouvera dans le foyer romain matière à ses plusimportantes commandes, notamment au Palais du cardinal Farnèse.

Le décor de la voûte de la galerie Farnèse est le chef d'oeuvre décoratif de Carrache. Pourtant, bizzarement, le cardinal n'avait pas apprécié son travail. Mort en 1609, son corps repose au Panthéon de Rome, l'un des édifices les plus sensationnels qui puissent être donnés de vister dans la Ville Eternelle. J'aime aussi beucoup cette huile conservée au Louvre, représentan la cruelle Lapidation de Saint-Etienne, et qui montre cette manière très emblématique de la peinture de Carrache.

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Le Guerchin

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

A0633 Peintre italien renommé, Le Guerchin est né il y a bien longtemps, en 1596. Il est mort aussi il y a bien longtemps, en 1665. Son style était original, avec ses empâtements vibrants, ses couleurs chaudes, et les masses bien contrastées d'ombres et de lumières appris au coté de Carrache. C'est son séjour à Rom qui conduit notre peintre à nuancer sa manière violente et son goût pour le dramatique. Il se rapproche alors de l'idéal classique des bolonais. Il fut d'ailleurs le vrai continuateur de Guido Reni, après la mort de ce dernier, en 1642. Installé à Bologne, il poursuivit l'héritage classique. Le Guerchin fut un artiste très productif, avec plus de 250 toiles à son actif. Il eut de nombreuses commandes, et avait notamment travaillé pour le compte du pape, à Rome, où il était demeuré jusqu'en 1623.

Peintre d'abord de sujets religieux, le Guerchin est bien sûr représenté dans nos collections nationales. Au Louvre, vous pouvez admirer Loth et ses filles, une toile datée de 1651 qui met en scène cet épisode pas si moral de l'histoire religieuse ancienne. Le nu de la jeune fille est savoureux, son corps souple par opposition à la musculature sèche du paternel ennivré. L'univers de la peinture italienne ancienne est toujours fascinant. Il nous transporte dans d'autres temps, où la peinture avait déjà vocation à embellir à élèver quelque chose dans l'âme du spectacteur. De la vraie peinure d'histoire.

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Le Bernin

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

Bernin_apollo_daphne Vous allez dire que c'est un peu facile de faire un blog sur le Bernin. Pourquoi facile? Parce qu'il fut le plus beau sculpteur italien du 17e siècle? Parce qu'il fut sensible aux problèmes religieux de son époque? Je ne me souviens jamais sans émotion des groupes vus à la Villa Borghèse, sur les hauteurs boisées de Rome. La délicatesse du travail du marbre, sans veine, la blancheur des cuisses de Daphné poursuivie par Zéphir, et dont les doigts se changent en lauriers. Quel défi de vouloir traduire dans le marbre, matériau inaltérable, un moment aussi fugace, aussi bref que celui de la métamorphose d'un corps. Le Bernin, on s'en doute, n'eut pas de piene à être reconnu, de son vivant, comme l'un des plus grands.

A l'instar de Michel-Ange, il avait obtenu le soutien de la papauté. Son souci constant de traduire dans la pierre l'immétariel et le transitoire indique la possibilité d'une conception presque picturale de la sculpture. Attentifs aux recherches du Caravage, Le Bernin a essayé dans son art de travailler également au rendu réaliste d'une expression psychologique. Rome est une ville merveilleuse pour le suivre à la trace, depuis le baldaquin de la Sant-Pierre, à la Sainte-Thérèse cachée dans une petite église à deux pas de la gare Terminini. A vous de les découvrir.

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post

Un Grec en Espagne

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

El_greco_pieta_small El Greco = Le grec. Il fait vraiment partie de ces artistes qui m'ont toujours fasciné. Né en 1541, cet originaire de Crète forga très lentement qui style si personnel qu'on identifie sans peine entre tous les peintres religieux du 17e siècle européen. Installé à Tolède durant la mejeure partie de sa carrière, notre peintre s'était quand même fendu d'un séjour de deux ans en Italie, à Venise précisément, d'où il conçut une vraie vénération pour Le Titien et tout un répertoire de compositions empruntées au Tintoret. On peut dire sans exagération que, dans son genre très expressif, Le Greco n'eut pas de rival de son vivant. Il obtint d'ailleurs de très nombreuses commandes et développa ainsi sans contraintes matérielles sa manière fondée sur une abstraction formelle curieuse et maniériste.

Pour finir, on rattache bien sûr cette personnalité artistique à l'école de peinture espganole. On sait moins aussi qu'il fut sculpteur. On regrette simplement que la France ne sompte pas de si monbreux Greco dans ses collections. Ses tableaux sont majoritairement partie rejoindre des institutions américaines, mieux pourvues. Le Prado, à Madrid, compte aussi un ensemble de quarante de ses oeuvres. On soulignera que sa peinture a influencé de nomrbeux artistes modernes, et notamment Jackson Pollock. 

Voir aussi : Histoire de l'art

Separateur_post