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François Houtin et le fabuleux

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Houtin06 On parle trop peu de l'art si discret et si sensible de la gravure, et encore moins de la gravure contemporaine. Pourtant, il y a beaucoup à dire, à la fois en terme de technique et d'artistes. Digne héritier de Gustave Doré, beau talent, François Houtin est justement l'un des graveurs de notre époque dont la technique très classique et très belle retient l'attention. Ce paysagiste à l'âme d'un rêveur se consacre à l'art de l'estampe depuis la fin des années 1970. Il a d'ailleurs reçu de nombreux prix importants, notamment le prix Florence Gould en 1986. On peut dire de l'univers de Houtin qu'il est du domaine fantastique, dans cette frontière entre la part du rêve, du conte et du cauchemar. Cela ne fait penser à Edgar Allan Poe. Cela me fait penser aux illustrations, aussi, des fables anciennes et des épopées médiévales.

Jardins de château fabuleux, où nulle âme n'erre. Fôrets un peu lunaires, et très arborées, sombres et mystiques. Voilà de quoi plonger dans de profondes rêveries, un peu comme dans les oeuvres de Leonor Fini. Vous pouvez actuellement retrouver les gravures de François Houtin exposées au Château de Vascoeuil,jusqu'au 15 juin. 

Voir aussi : Gravure

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Goya grave

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

300pxla_muerte_de_pepehillo Goya, est-il nécessaire de l'écrire, fut un peintre extraordinaire. Ce n'est pas pour rien qu'il a fasciné des générations d'artistes, tels que Manet ou Picasso. On connait aussi son oeuvre de graveur, conséquente et très importante. C'est donc un bel hommage (280 oeuvres) dédié à cette facette du grand peintre espganol que rend en ce moment hommage le Musée du Petit Palais, à Paris. Un hommage qui réunit des pièces essentielles, notamment les planches pour les Désastres de la guerre, qui révèlent le génie de cet artiste de la toute fin du 18e siècle, marqué semble-t-il par l'Esprit des Lumières. Témoin engagé dans son époque, contestataire et d'une modernité aussi saisissante que peut l'être Daumier par exemple, Goya n'a pas fini de nous surprendre. Ses scènes de tauromachie sont des morceaux d'exception.

On ajoutera, pour les précisions biographiques, que Goya a surtout travaillé et vécu à Madrid bien qu'il effectua un important voyage en Italie. Il fut notamment, en Espagne, au service des princes et autorisé à graver les oeuvres de Vélasquez, prestige intéressant. C'est ainsi que son influence commença de s'exercer durablement sur les artistes de son temps. Il rencontra à cette époque de nombreux intellectuels et philosophes qui louèrent ses services pour graver des planches destinées à l'illustration de leurs écrits. On terminera en rapellant que Goya vécut ses dernières heures en France, à Bordeaux, fuyant l'inquisition qui sévissait en Espagne. Il mourut à l'âge respectable de 2 ans, une nuit d'aviril 1828.

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Les féroces gravures de Daumier

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Daumier1834 J'ai eu le plaisir de visiter hier, avec un ami dont je tairais le nom illustre (pardonnez), une bien belle exposition : celle des gravures d'Honoré Daumier, à la BNF (site Richelieu). Comme d'habitude, et l'ami illustre ne démentira sans doute pas, la mise en scène était propre et bien faite. Les éclairages sont parfaits, le parcours sobres et feutré, l'exposition ni trop courte, ni trop longue. Mais, mon ami me dit de revenir à l'essentiel : les gravures de Daumier. La plupart ont été imprimées dans la presse de l'époque, notamment dans le Charivari.

Sur le plan historique, on se rend compte de l'impact de la censure dans cette seconde moitié du 19e sicèle. Et certaines planches ne sont d'ailleurs jamais parues, soit qu'elles égratignent trop le bourgeois ou surtou, qu'elles remettent en cause les principes du pouvoir. On connait bien les caricatures féroces du Louis Philippe, muté en grosse poire pantagruélique. Sur le plan artistique, le talent de Daumier est incontestable. Quelle puissance dans l'énergie des traits, on sent toute sa modernité (je veux dire par là son intemporalité). De tout temps, il y a des artistes qui sont modernes, par leur liberté immense. Regardes seulement les portraits d'un Franz Hals par exemple, ou la peinture de Manet. Ils sont modernes, peut importe l'époque. Daumier est féroce, il n'épargne ni les rapins, ni les femmes qui auraient des prétentions intellectuelles, ni les politiques...et lui même? Je ne pense pas qu'il se prenait au sérieux, mais il faisait sérieusement son métier. Daumier est également un beau sculpteur, ce dont témoigne un autoportrait en buste puissant qui inaugure le parcours. A voir absolument au cours du mois de mars, avec ou sans un ami illustre à son bras.

Poire

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Davies, une oeuvre gravée nostalgique et inquiète

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Exposition_735_1 Dessinateur et graveur d'origine galloise, feu Richard Davies est actuellement à l'honneur de la Biblothèque Richelieu qui va lui consacrer une belle exposition à partir du 22 janvier. Cet artiste a pratiqué intensément la gravure en taille-douce et en noir et blanc, procédés anciens qui ont été un peu oublié au 20e siècle au profit de l'eau-forte et de la lithographie. Mort précocémment à l'âge de 46 ans, Davies montre une maîtrise extraordinaire des fondus, ces passages subtils entre les zones d'ombre et de lumière. On peut découvrir l'étendue de son immense talent au travers des 170 épreuves qui sont réunies. Les scènes gravées par Davies entretiennent un lien assez anxieux avec le thème du départ, de l'attente, de l'anonymat. Quais de gare, scènes de bistrot, la solitude des hommes est partout présentes, même quand elle se fond dans la foule et l'agitation de la ville.

Voir aussi : Gravure

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Visages et gravures de Giacometti

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Giacometti Francis Bacon préférait dans l'oeuvre d'Alberto Giacometti ses dessins à ses sculptures. Ses portraits pour être plus exact. La Bnf a eu l'excellente idée d'organiser en ce moment une exposition consacrée l'oeuvre gravée du peintre suisse à l'expression timide et mal assurée. Giacometti, qui a longtemps habité à Paris dans le 14e arrondissement, est arrivé en 1920. Dès le départ, il a connu une activité dans le monde de l'édition qui a toujours fourni du travail aux artistes peintres. Les pièces exposées dans les locaux du site Richelieu sont en provenace des réserves de la bibliothèque mais aussi de la fondation Giacometti. 

Le sculpteur a gravé toute sa vie mais avec des pauses de plus ou moins longue durée. Il a illustré sur commandes plusieurs ouvrages dont certains de Michel Leiris et de René Char. On se souvient que Giacometti a fréquenté le noyau des surréalistes dans les années 30. L'une de ses grandes réalisation demeure l'illustration de L'Histoire de rats de Georges Bataille en 1947 pour lequel il conçut 31 gravures différentes. Bien qu'elle soit multiple, la gravure n'en demeure pas moins un objet artistique parfois rare et précieux. Cette exposition permet de découvrir une facette encore méconnue de cet artiste. On pourra s'y rendre tranquillement jusqu'au 13 janvier 2008.

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Les p'tits Poulbots à Forney

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Poulbot Super chouette moment à passer à la bibliothèque Forney en visitant l'exposition Poulbot. On connait tous ses dessins des petits gavroches de Paris, lé béret sur l'oeil mutin, les bras potelés. Ils sont devenus un symbole de Montmartre. Mais c'est vrai que l'on a pas tant que cela rendu hommage à leur créateur. Considéré comme un illustateur, Francisque Poulbot a effectivement beaucoup travaillé pour la publicité dans les années de l'entre-deux-guerres. Il a réalisé des affiches pour les chocolats Meunier par exemple. Mais il s'est aussi engagé pour des causes plus graves comme les orphelins de guerre laissés seuls par l'horrible carnage de 14-18.

C'est tout cela que l'exposition offre de découvrir, c'est finalement une autre façon d'apprendre l'histoire. Et de voir qu'il n'y a pas que miévrerie dans ces petits bonshommes de Poulbot qui ont été, bien après sa mort en 1946, repris et galvaudés, transformés en objets pour touristes. Mais ce n'était pas l'esprit qui avait présidé eà leur création. Vous découvrirez à l'exposition 130 affiches magnifiques et toujours très fraîches.

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Paul Jouve a illustré Balzac

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

L_grav_jouve L'art animalier est un genre bien spécifique qui a son petit monde d'amateurs. Si vous aimez la sculpture moderne, vous connaissez naturellement François Pompon, auteur d'un Ours Blanc qui trône au Musée d'Orsay et qui a inspiré les publicitaires pour la marque Coca-Cola. Moins populaire, peut-être, mais tout aussi talentueux, dans le genre orientaliste,  Paul Jouve fut un merveilleux artiste. Ses fauves n'en finissent pas de rugir, pour le plaisir des visiteurs du Musée des années 30, à Boulogne-Billancourt, et bientôt pour une superbe exposition qui se tiendra à la Maison de Balzac.

Cette exposition ne sera pas une rétrospective mais consacrée au thème "Une passion dans le désert". Il s'agit du titre d'un roman écrit par Balzac, et qu'ont mis en résonance les conservateurs du Musée avec l'oeuvre du grand animalier. Le récit est celui d'une suprenante rencontre entre un soldat des troupes napoléoniennes et d'une panthère dans le désert d'Egypte. Jouve a illustré une édition de luxe dans les années 40. Un beau travail, qui porte la marque de son talent félin. J'apprécie beaucoup l'oeuvre de cet artiste, qui était un authentique passionné de l'orient et de la nature et un excellent graveur. D'autre part, ce sera l'occasion de visiter la Maison de Balzac, un musée pas si connu qui se trouve vers Passy, dans les beaux quartiers de la capitale.

Tn_jouvekaa

Jouve fut bien entendu l'un des plus beaux illustrateurs du Livre de la Jungle, de Kipling, avant les années Disney. Mais il faut être un bibliophile averti pour posséder désormais un des exemplaires de l'édition de 1919 qui comporte les sublimes illustrations de Jouve.

Celle-ci appartient quant à elle à La chasse de Kaa, un ouvrage illustré par Jouve à l'aube des années 30.

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Des idées de petites gravures sur cuivre

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

source image, une gravure de pascale Monnin

La gravure sur cuivre est un procédé très ancien. Je trouve qu'elle donne parmi les plus beaux résultats, en terme de sophistication (car la gravure sur bois, par exemple, a aussi un charme fou un peu sauvage). Bref, pour graver sur cuivre, pas besoin d'aller chercher des techniques modernes. On peut tout faire comme il y a 500 ans. Il existe un site génial  et spécialisé qui explique tout cela très clairement. Alors bien sûr, on pense tout de suite aux maîtres du genre, comme Dürer. Sans cherche de comparatif anachronique, il existe aussi de beaux graveurs sur cuivre contemporains. Sur le net, j'ai par exemple découvert récemment Pascale Monnin. Cette jeune femme vit à Haïti. J'apprécie son travail tout en finesse et plein d'humour, mais aussi un peu archaïque. Je trouve que ce n'est pas si fréquent dans la gravure sur cuivre, habituellement plus léchée. Une gravure coûte visiblement dans les 300 euros. Dans le genre virtuose, un peu littéraire et fantaisiste, on peut également mentionner le travail de graveur de Pierre Delvincourt. C'est tout à fait un autre style, il me fait penser à Léonor Fini. Ca, ce sont des idées pour investir avec vos modestes moyens dans une jolie gravure, selon les goûts. Pour le reste, contentez vous d'un petit week-end à Amsterdam, histoire de visiter les colelctions du Rijksmuseum ou la Maison de Rembrandt.

source image, une gravure de P. Delvincourt

Voir aussi : Gravure

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L'art discret de la gravure

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

L’art de l'estampe, si multiple grâce à la variété des techniques (eau-forte, gravure sur bois, lithographie) est fondamental dans les sociétés de l'image. Il est à l'origine de la reproduction et de la diffusion des représentations du monde par les artistes. Mais les maîtres graveurs ont toujours été discrets car leurs pratiques conserve une dimension artisanale. Ils ont parfois été moins considérés que les peintres et les sculpteurs. Il faut dire qu’au 18e siècle, il s’agisait surtout de gravure d’interprétation, d’après des toiles qui avaient eu du succès au Salon, la plus importante exposition parisienne des Beaux-Arts. Tous les grands artistes membres de l’Académie, comme François Boucher, avaient leur bande de graveurs de qualité. Aujourd’hui, et tout au long du 20e siècle, les graveurs ont laissé libre cours à leur imagination. Parmi les artistes contemporaines à découvrir - et il en existe beaucoup - figure par exemple Charlotte Arnoux Saut. Elle travaille dans l’Oise et a animé pendant plusieurs années l’atelier « Gravure et multiples » à l’ecole d’art du Beauvaisis. Cet artiste maître graveur a entrepris jusqu’en 2006 une œuvre remarquable. Il s’agit d’un travail d’estampes autour des écrits de Etty Hillesum, une jeune femme tuée à Auschwitz en 1943. Poignant, difficile et tellement vivant dans les mémoires grâce aux travaux des artistes contemporains.   

Source image : gravure du 18e siècle

Voir aussi : Gravure

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