Les artistes anglais sont à Gand
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British Vision, l'observation et l'imaginaire dans l'art britannique sur deux siècles (1750-1950), c'est tout le programme d'une expo présentée actuellement au musée de Gand. Vaste et passionnant thème qui permet de réunir tous les grands maîtres de l'art insulaire depuis Hogarth, en passant par Constable, Turner, les préraphaélites...et des artistes plus contemporains comme le génial Francis Bacon ou le non moins talentueux Lucian Freud. Il s'agit de la première rétrospective de l'art britannique a être organisée en dehors du Royaume-Uni depuis des dizaines d'années. Cette expositon donnera notamment l'occasion de replonger dans l'univers fantastique et assez hallucinant de William Blake.
William Blake, pour parler de lui,fut à la fois un peintre et un poète. Inspiré par ses visions bibliques et prophétiques, il n'a jamais représenté un talent très classique. Enlumineur et illustrateur, il est l'auteur de Chantsd'innocence et d'expérience, un volume paru en 1783. L'exposition donnera envie aux amateurs de son oeuvre de redécouvrir son oeuvre péotique et même temps que sa peinture, son oeuvre aquarellé et cet univers tout à fait mystique.
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Des joyaux de la couronne
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Autant vous le dire tout de suite: je suis à Bruxelles pour les fêtes. Ne soyez donc pas étonnés si je parlerais principalement de la vie culturelle et artistique belge dans les posts à venir. Vous aviez, vous, qu'en Belgique, on expose aussi de l'art dans des banques ? ING possède en effet un espace culturel où sont organisées de très belles expositions comme l'actuelle sur le thème de Brillante Europe, joyaux des cours européennes. Il s'agit d'une exposition de 230 joyaux ayant appartenu à des monarques importants. Depuis Charlemagne, ces pièces tout à fait exceptionnnelles ont fait partie du décorum royal et sont aujourd'hui des témoins pour le moins précieux des évolutions diplomatiques, économiques et culturelles qu'a connu l'Europe depuis le Moyen Age.
On ne porte pas ces bijoux royaux de façon ordinaire. Tout un protocole accompagne leur usage. Ces pratiques sotn aégalement étonnemment diversifiées d'une cour à l'autre. Pour cette très belle exposition, la banque ING a obtenu des prêts très considérables en provenance des plus beaux musées européens comme le Victoria & Albert Museum de Londres ou le Musée national de Hongrie à Budapest.
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Les années noires : une exposition remarquable
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Je vous conseille bien évidemment la visite de l'exposition Allemagne, les années noires, au Musée Maillol. On peut faire confiance à Bernard Lorcquin, directeur de ce musée, pour nous organiser des évènements toujours de très haute qualité. Vous verrez bien des choses intéressantes. Déjà, la suite des gravures sur le thème de la Guerre d'Otto Dix. Ceux qui connaissent l'Historial de la Grande Guerre, à Peronne, en ont peut-être souvenir. Dix est vraiment un très grand peintre, de la trempe d'un Picasso. On s'en rend compte en voyant la pluralité de ses manières, une inspiration qui puise autant dans les solutions cubistes, futuristes, réalistes. L'exposition permet de prendre conscience de cela de façon très forte. Et puis, il y a Georges Grosz. Des dessins de tranchées vraiment épatants, assez proches d'un univers de BD, au -delà de l'horreur. Comme une seconde dimension qui s'ouvre sur la guerre, débarassée du patriotisme et de la pudeur, pour montrer le visage de l'homme.
On découvre aussi quelques artistes moins connus du grand public, comme Ludwig Meidner dont la façon un peu anguleuse évoque l'univers d'un Kirchner. Krichner, d'ailleurs, qui n'est bizzarement pas présent sur les cimaises. L'exposition est bien mise en scène, notamment grâce aux affiches et à quelques films qui rythment et recadrent le propos historique. Mais sans lourdeur ni insistance excesssive sur les circonstances de la guerre. A ne pas rater, ainsi que l'achat du catalogue qui mérite, pour 35 euros, et aussi l'affiche vraiment très réussie qui peut faire un petit cadeau de noël pas cher.
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La beauté Satsuma
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Le Japon est une terre riche de traditions d'arts décoratifs, et notamment dans le domaine de la céramique. C'est pourquoi la Manufacture de Sèvres propose en ce moment une superbe exposition consacrée à la céramique qui s'est développée au sud du Japon au 17e siècle, à Satsuma. Il faut remplacer cet essor en parallèle de celui du cérémonial du thé auquel cette céramique est liée. 120 pièces sont été réunies et retrace l'évolution de cet art extrêment précieux et plein de minutie jusqu'au 19e siècle. Il s'agit toujours d'une même façon de procéder, un peu comme dans les vases grecs. Ici, ce sont principalement des céramiques blanches à motifs dorés. On découvre aussi les grès noirs et blancs imitant des peaux d'animal, comme le crocodile, le serpent et le requin, de sympathiques bestioles à haute valeur symbolique.
A la suite de Sèvres, cette très belle exposition sera accuellie au Japon. Son organisation s'est inscrit dans la célébration du 150e anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises.
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Qui jouy?
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Il est de ces tissus parfaitement historiques et jamais démodés comme la toile de Jouy. Et, bien que nous ne soyons pas dans le blog couture, je vous le concède, c'est bien à elle qu'est consacré un musée monographique: le musée de la Toile de Jouy, à Jouy-en-Josas. Il y a peu de temps, un intéressante exposition y a démarré sous le titre de Trésors d'impression qui rend hommage aux toiles de Jouy imprimées à la manufacture entre 1759 et 1843, et à son créateur Christophe-Philippe Oberkampf. On y découvrira de très belles pièces, et notamment acquises par le musée depuis 1978. Les vêtements sont classés par thématiques, selon les motifs de prédilection de ces imprimés, comme les scènes bucoliques et les chinoiseries.
En matière de dessins, on verra aussi des portraits du peintre Léopold Boilly représentant les filles d'Oberkampf et qui ont été récemment acheté par le musée. Voilà une exposition à la frontière de l'histoire, de l'histoire de l'art, de l'histoire du goût et des arts décoratifs à visiter, en prenant tout son temps puisqu'elle dure jusqu'au moi de juin.
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Paris prend des couleurs
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Les expositions de l'Hôtel de Ville sont souvent très courues...car elles sont gratuites mais aussi fort bien faites et attrayantes. En ce moment, on peut y voir une grande exposition de photographies qui s'intitule Paris en couleurs, des frères Lumières à Martin Parr. Quel programme, n'est-ce pas? L'ensemble ne se compose de pas moins de 300 clichés en couleurs, inédits, qui ont été pris de Paris depuis l'année 1907. Il est vrai que la couleur n'est pas apparue subitement dans l'histoire de la photographie et on peut même dire qu'elle n'a vraiment été utilisée quà partir des années 1930, un moment d'intense développement du photojournalisme.
Mais la couleur a aussi révolutionné l'histoire du portrait photographique en lui donnant une dimension plus proche de la peinture, de la vie. Aujourd'hui, nous sommes totalement habitués à la présence de la couleur. le Noir et Blanc est comme un mode de représentation ancien et plus luxueux. C'est aussi le passage à l'ère du numérique qui a beaucoup fait évoluer les choses et les pratiques, en démocratisant et popularisant l'usage de la photographie.
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Le service royal de l'oncle de Napoléon
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On peut découvrir en ce moment à la Manufacture de Sèvres une exposition d'art décoratif centrée sur le service du Cardinal Fesch, à décor antique. Fesch était un célèbre collectionneur du début du 19e siècle, demi-frère de la maman de Napoléon. Le service qui est présenté est celui que l'empereur avait offert à cet oncle en 1811. Il se compose de 82 pièces réalisées dans les ateliers de la Manufacture royale peu avant. L'ensemble est magnifiquement ouvragé, avec son fond bleu tapissé d'or et dont le centre de chaque pièce est orné d'un grand camé inspiré de l'antique évoquant des figures mythologiques et historiques de la Grèce et de Rome. L'attirance pour l'antique est un leimotiv dans l'art du 19e siècle, tant en peinture d'histoire, sculpture qu'objets d'art décoratif. C'est un voyage dans le temps et dans l'histoire du goût que cette exposition propose encore jusqu'au 31 décembre.
A savoir : il existe à Ajaccio un musée consacré au cardinal Fesch qui possède une belle conllection permanente et présente comme exposition temporaire un accrochage autour du thème de l'enfance et des jeux.
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Les Daguerréotypes de l'ailleurs
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
On le sait, l'histoire de la photographie est passée par le daguerréotype qui est lui même un héritage de cette bonne vieille Camera oscura, procédé d'optique connu depuis l'antiquité et qui fut très utile aux peintres de la Renaissance pour apprendre à représenter et à maîtriser le rendu de la perspective spatiale. C'est aussi le titre tout à fait intéressant d'une exposition de photos présentée en ce moment au Musée du Quai Branly. Il s'agit d'une réunion des premiers portraits réalisés grâce au procédé mis au point par Daguerre, après la disparition de Niepce. Mais ici, dans ce musée dédié au mélange culturel, les portraits sont exclusivement ceux de non-européens. Et c'est tout l'intérêt car les portraits de famille classiques, bourgeoises du second empire, on connaissait déjà.
On pourra notamment voir les clichés réalisés par Charles Guillain en Afrique du Nord à une époque où le matériel photographique était très encombrant, lourd et où les plaques de verre séchaient parfois trop vite pour pouvoir être développées. Pour compléter la visite ou pour faire un joli cadeau de noël, n'oubliez pas de jeter un oeil sur le catalogue d'exposition qui a spécificité de reproduire 30 daguérréotypes en taille réelle accompagnés de plusieurs études techniques.
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Jeppe Hein et la mise en espace du Labyrinthe
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En visitant, il y a quelques semaines, une super exposition d'artistes contemporains à la Tate Modern, The World as a stage, j'avais découvert une oeuvre ludique et optique, une installation même, qui m'avait enchantée : Rotating Labyrinth de Jeppe Hein. Il s'agit d'une sorte de jeu de miroirs tournants qui vous ferait croire dans un clip des années 70 ou dans un moment du film culte Tommy. Un peu schizophrénique et très narcissique, où l'on voit son propre visage défiler en se mélangeant aux visages des autres visiteurs qui contournent l'oeuvre. Ca m'a donné envie de m'intéresser à ce jeune artiste né en 1974. Le leitmotiv de Hein, c'est de considérer d'abord le spectacteur comme un acteur de l'oeuvre, comme un participant.
Vous me direz que cette démarche n'est pas profondément originale, depuis que Marcel Duchamp a déclaré que l'oeuvre d'art existe d'abord par le regard que l'on porte sur elle. Certes, mais ici, l'oeuvre est le champ de la représentation scénique, pour ne pas dire de la théâtralité du monde. World as a stage = le monde est une vaste scène où nous sommes les acteurs d'un jeu qui nous dépasse et que nous régissons à la fois. Originaire de Copenhague, Hein a déjà un beau corpus d'oeuvres à son book et plusieurs commandes monumentales. Basé à Berlin, il participe à de grandes manifestations internationales comme la Biennale de Venise et travaille régulièrement sur le thème si fécond et mythologique du labyrinthe. D'ailleurs, l'une de ses oeuvres-installations avait été présentée en 2005 au Centre Pompidou, dans l'espace 315. Il est aussi l'auteur d'une fontaine installée près de Nantes cette année, dont le jet puissant ne s'anime que lorsque le promeneur s'arrête sur le banc. Ludique et interactif, encore une fois. Espérons le voir plus souvent encore dans les grandes expositions d'art contemporains français, pourquoi pas au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris qui aime à faire valoir la créativité des jeunes artistes déjà consacrés.
La fontaine de Jeppe Hein à Couëron
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La galerie Nelson reçoit Klingelhöller
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
La sculpture moderne et l'espace, c'est un poncif qui fonctionne toujours à merveille. Et je dis cela en m'émerveillant le plus souvent des rapports que les volumes entretiennent avec les lieux même de leur conception, de leur exposition puis de leur conservation. Le dialogue entre les temps, c'est par le biais de l'espace et de la contextualisation de la sculpture qu'il est est finalement le plus visible, le plus sensible. Tout ça, excusez du peu, pour vous introduire la nouvelle exposition que consacre la galerie Nelson, à Paris, à l'artiste allemand Harald Klingelhöller, un élève de Klaus Rinke à Düsseldorf dans les années 70. Minimaliste sans doute, matérialiste aussi, il invite à une mise en regard des mots et des espaces.
Ici, on découvrira surtout une série (grand dada de l'art contemporain) de cabinets commencée en 2005 par l'artiste. Réalisés dans des matériaux divers propre à l'art sculptural, il s'agit finalement d'une revisitation d'un motif essentiel tant dans l'art du design que dans l'histoire de l'art. Curieuses et ludiques, tout en étant efficaces et graphiques, ces pièces jouent sur l'ambiguité du statut de l'oeuvre et de l'objet. Les tiroirs-mots réalisés par Klingelhöller invitent à reconsidérer à la lumière du contemporain le dilemne de la poule et de l'oeuf. Qui fait naître quoi? A voir du 12 janvier au 29 février, pour mettre un mot sur un projet, un désir sur une envie et mieux découvrir l'oeuvre de ce créateur allemand.
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