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Une collection moderne : Allemand à Beauvais

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Chapeau5639 Ah! L'épopée des grands collectionneurs. Elle nous permet de lire l'histoire de l'art à travers l'histoire du goût, de la passion. Il existe pleins de bouquins formidables qui nous parlent de ces grands passionnés, mais aussi des expositions. Je pense à celle autour de Marcel Sembat, mais aussi de celle autour de la collection constituée par Yvonne et Maurice Allemand dans les années 1950-70. Il faut savoir qu'Allemand était à cette époque directeur du Musée des Beaux-Arts de Saint-Etienne. Mais ce n'est pas tant lui qui a été vers les oeuvres, que les oeuvres qui sont venues à lui. On doit dire que leur collection, étrangement, ne se trouve pas dans cette ville mais à Beauvais, où les enfants du couple ont fait une importante donation. Et c'est tant mieux d'enrichir les musées à priori plus petit (celui de Beauvais a de très riches et belles collections). 

C'est justement ce thème de la collection Allemand que présente le musée départemental. Et on constatera l'éclectisme des goûts du couple. Elle révèle notamment très bien la caducité du débat autour de l'abstraction/figuration dans les années de l'après seconde Guerre Mondiale. C'est un beau reflet de la fécondité des tendances non-figuratives et lyriques dans ces années là.

ill: Toile de Jo Girodon (1926), Musée de Beauvais.

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Séchas barbouille au Musée Bourdelle

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

Betise Je suis allée voir l'exposition d'Alain Séchas au Musée Bourdelle. C'est assez déroutant de prime abord. Quel Bariolage. Je l'écris avec un grand B, car ça mérite une majuscule. C'est visuellement très fort. Certains avanceront que leurs enfants de CP font la même chose. Je n'abonderais pas dans ce sens. Il faut sans doute une certaine audace pour projeter autant de couleurs sur des panneaux, qui sont parfois de simples bouts de catons. Mais encadrés, ça donne quelque chose d'assez noble. J'aime ce contraste. Surtout dans le cadre du musée Bourdelle, si policé et ancré l'esthétique du maître de Montauban aux sculptures architecturées et mues d'un vertain hiératisme, très noble lui aussi. J'ai surtout aimé les dessins de Séchas, comme des héritiers d'une libre écritue autmatique pleine de verve.

Faut dire que Séchas a répondu à un appel du musée qui lui a donné carte blanche. Mais au lieu de ses habituels chats, qui représentent sa marque de fabrique, sa patte, Séchas a préféré prendre la tangente. Proposer quelque chose d'inattendu. Cet artiste né en 1955, qui vit et travaille tranquillement à Colombes, n'est pas un conventionnel. Loin d'être la caricature de lui-même, il a brisé une certaine image facile que l'on pouvait se faire de son travail. Cette nouvelle exposition le prouve.

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De Paris à Lima et inversement

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Sprec05a En direct live de l'Amérique latine, de retour des années 1930, voilà une exposition bien sentie consacrée à Elena Izcue au Musée du Quai Branly. Vous savez, là où dialoguent les cultures. Entre Paris et Lima, voici ce pionnière des arts décoratifs enfin présentée sur le devant de la scène. Cette artiste d'origine péruvienne a été l'une des premières à redécouvrir et faire mieux connaitre l'art précolombien au début du siècle dernier (le 20e). Mais elle fut aussi une créatrice hors pair, influencée par sa culture d'origine, par le textile précolombien et notamment Paracas dont elle reprit les motifs typiques dans ses propres créations esthétiques. Grâce à elle, on a pu mieux comprendre, inventorier et répertorier le repertire iconographique des ces cultures anciennes et de l'autre coté du monde. A visiter sur les quais de la Seine jusqu'au 13 juillet 2008!

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La sculpture sur papier

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Modiglianiassise Il est toujours intéressant de se pencher sur les pratiques conjointes des artistes, par exemple à la peinture des sculpteurs ou l'inverse. En ce moment, c'est au très joli thème du dessin de sculpteurs qu'est consacrée l'exposition de la galerie Malaquais, sur le bord de la Seine. On y trouve pléthore d'artistes contemporains déjà âgés, ou des noms célèbres de l'Ecole de Paris : Modigliani, Jospeh Bernard, Bourdelle, Claude Abeille, Charles Despiau. Tous ensemble réuni autour de ce thème qui nous fait entrer dans le processus créatif des sculpteurs. Le dessin est un accompagnement essentiel dans la pratique de la terre glaise ou de la taille. Il n'est pas rare que les artistes se soient livrés à d'importants travaux de recherches sur le papier avant de concevoir une oeuvre en trois dimensions ou un bas-relief. Les principes directeurs de la sculpture habient souvent l'oeuvre dessinée, dans des styles très architecturés ou très lyriques.

On trouve aussi des dessins qui n'existent que pour eux-mêmes, sans lien avec une sculpture en particulier. Les artistes ont alors laissé libre cours à leur imaginaire, parfois leurs fantasmes, en faisant naître sur le canson des femmes et des formes. L'exposition durera jusqu'au 18 avril. Allez donc y faire un saut.

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Lovis Corinth, le réaliste écorché

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

682pxlovis_corinth_006 Une exposition va s'ouvrir à partir de mardi au Musée d'Orsay. Il s'agit d'une rétrospective consacrée à un peintre que l'on connait peu en France : Lovis Corinth. Plongé entre impressionnisme et expressionnisme, son oeuvre est un exemple intéressant de l'art de la seconde moitié du 19e siècle européen. Prussien, Corinth fit ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Munich avant de venir faire un séjour à Paris, puis de partir pour le service militaire. Il fut également à l'origine de la création d'une école de peinture à Berlin au tout début du nouveau siècle. Sa peinture est assez saisissante, très enlevée et forte d'une touche mouvementée qui n'est pas sans évoquer l'art d'un Kokoshcka par exemple dans certaines toiles.

Réaliste assez objectif, il interprète la nature et le monde du mouvement social avec une verve puissante mais non san poésie. Une poésie du réel qui frappe, assez durement, par opposition aux tendances académiques asceptisées de son temps. L'artiste n'a pas eu une vie facile, souffrant de dépression et d'alcoolisme, il a toujours continué à peindre comme une forme d'exutoire - peut-être- nécessaire à sa survie. A découvrir au Musée d'Orsay jusqu'au 22 juin 2008. 

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Un autre regard sur les banlieues

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Guiguette01b Le musée et les archives de Nogent-sur-Marne présente depuis la fin de l'année 2007 et jusqu'au 1e juin une exposition de cartes postales anciennes qui nous racontent les banlieues en images. C'est amusant de découvrir ces paysages aujourd'hui très urbanisés à l'époque où ils étaient surtout des charmantes campagnes. On explorera donc l'Ile de France sous toutes ses coutures, c'est à dire au travers de 7 thèmes : nature, urbanisme et habitat, transports, loisirs, évènements et travail. Cela donne un regard inédit qui permet de retrouver des ouvragés méconnus comme le Théâtre aux Champs d'Aulnay-sous-Bois, ou les habitations construites dans le carrières à Villemomble. Certains monuments reviennent sans cesse, à l'époque où ils formaient les lieux principaux de réunion et de rencontres dans les villages : l'église, la mairie... On apprend ainsi à aimer la banlieue, trop souvent déconsidérée. 

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Guidette Carbonell, la céramique comme horizon

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Carbonel8 Les femmes céramistes de renom ne sont pas si nombreuses que cela. Guidette Carbonell en fait partie. Elle fut l'élève du fauve Friesz et du cubiste André Lhote, deux peintres très célèbres de la première moitié du 20e siècle. Le musée des Beaux-Arts de Rouen consacre à cette femme une importante rétrospective, la première de son histoire. On découvre dans cette exposition toute la variété du talent de cette céramiste, capable de travailler sur des petites comme de très grandes surfaces. Son vocabulaire plastique apparait incroyablement varié, riche et nourri d'influences multiples. On ne peux s'empêcher de penser au surréalisme, bien sur, mais également aux émaux de la Renaissance ou en core aux arts extra-occidentaux.

Les thèmes illustrés par Guidette Carbonell sont souvent empruntés à la mythologie, mais il peut aussi s'agir de sujets religieux. Elle fut aussi une prolifique dessinatrice, et tapissière de talent, une coloriste plein d'élan. Le Musée des arts décoratifs de Paris a accueilli avant Rouen cette exposition. L'itinérance de ce projet permet de diffuser et faire connaissance avec cette femme artiste au grand coeur et l'imagination féconde. 

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Les féroces gravures de Daumier

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Daumier1834 J'ai eu le plaisir de visiter hier, avec un ami dont je tairais le nom illustre (pardonnez), une bien belle exposition : celle des gravures d'Honoré Daumier, à la BNF (site Richelieu). Comme d'habitude, et l'ami illustre ne démentira sans doute pas, la mise en scène était propre et bien faite. Les éclairages sont parfaits, le parcours sobres et feutré, l'exposition ni trop courte, ni trop longue. Mais, mon ami me dit de revenir à l'essentiel : les gravures de Daumier. La plupart ont été imprimées dans la presse de l'époque, notamment dans le Charivari.

Sur le plan historique, on se rend compte de l'impact de la censure dans cette seconde moitié du 19e sicèle. Et certaines planches ne sont d'ailleurs jamais parues, soit qu'elles égratignent trop le bourgeois ou surtou, qu'elles remettent en cause les principes du pouvoir. On connait bien les caricatures féroces du Louis Philippe, muté en grosse poire pantagruélique. Sur le plan artistique, le talent de Daumier est incontestable. Quelle puissance dans l'énergie des traits, on sent toute sa modernité (je veux dire par là son intemporalité). De tout temps, il y a des artistes qui sont modernes, par leur liberté immense. Regardes seulement les portraits d'un Franz Hals par exemple, ou la peinture de Manet. Ils sont modernes, peut importe l'époque. Daumier est féroce, il n'épargne ni les rapins, ni les femmes qui auraient des prétentions intellectuelles, ni les politiques...et lui même? Je ne pense pas qu'il se prenait au sérieux, mais il faisait sérieusement son métier. Daumier est également un beau sculpteur, ce dont témoigne un autoportrait en buste puissant qui inaugure le parcours. A voir absolument au cours du mois de mars, avec ou sans un ami illustre à son bras.

Poire

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Des machines de dingue

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Chapeau5615 J'adore les machines inventives des artistes, qui ont toujours un coté ludique et délirant. Je pense bien sûr aux inventions de Tinguely, et notamment à la Fontaine qu'il a conçu avec sa femme, Nikki de Saint-Phalle, à coté du centre Pompidou. Mais le sculpteur a réalisé bien d'autres machines - ses Méta-Matics - que je préfère encore, ce sont des machines à écrire. Comme des formes de robots qui auraient pris la place de l'homme, elles ont toujours un caractère humanoïde. Pas tellement dans le forme, mais dans leur gestuelle. Ces machines, nous les retrouvons dans une bien intéressante exposition organisée à Bâle, au Musée Tinguely. Elle est consacrée aux "machines à produire de l'art", en proposant au visiteur la découverte de machines variées réalisés par des artistes différents, depuis Tinguely jusqu'à Damien Hirst.

L'expsoition permet de prendre connaissance avec des travaux d'artistes contemporains tels que Angela Bulloch. On a ainsi une certaines lecture de l'histoire de l'art qui se découvre, celle qui partirait des années 1950 jusqu'à nos jours. Ces machines sont toujours une proposition de l'artiste d'entretenir un lien dynamique avec le spectateur, qui, amusé, est comme invité à prendre part à l'oeuvre d'art. Et parfois, on se demande, qui regarde qui? C'est le jeu de l'art, fondé sur une forme d'absurdité, que met en exergue cette exposition.

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L'architecture au fil de l'eau

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Pont Rives créatives, c'est le bien joli titre donné à l'exposition qui sera inauguré prochainement à la Cité de l'architecture, au Palais de Chaillot. L'idée est de montrer que les voies fluviales sont aussi des espaces de création, de mise en scène et d'oeuvres d'architecture. On y découvrira les réalisations de la VNF, la maîtrise d'ouvrage des voies navigables de France. C'est l'occasion d'un petit voyage sur tout le territoire national, depuis la passerelle de Marc Mimram sur le Rhin, en passant par les bâtiments conçus sur le Canal du Rhône par Le Corbusier. On croisera donc des figures emblématiques de l'histoire de l'architecture moderne.

C'est aussi une exposition qui permettra de mieux comprendre les contraintes et les limites d'un espace mal connu et difficile à maîtriser. Depuis la passerelle, en passant par le pont ou le tunnel, le thème du passage d'une rive à l'autre porte aussi en lui le symbole du passage vers la modernité. Les ouvrages présentés sont très diversifiés et sont également de nature artistique, comme l'intervention de Jeppe Hein dans le Doubs. Une table ronde sera aussi organisée à l'occasion de cette intéressante manifestation.

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