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Stay Toune

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

L1030654 Oui. Ca ressemble à un chat. A un gros chat. En réalité, c'est une petite personne, une artiste : c'est Toune. Elle est une artiste méconnue de vous tous, mais moi, je la connais bien. Elle vit chez l'homme que j'aime et je la caresse, elle me lèche le visage et viens parfois dormir sur mon ventre quand je suis couchée. C'est un blog très personnel, nous en conviendrons mais il n'y a pas de petit plaisir dans notre courte vie de labeur et d'eau fraiche. Vous excuserez donc mes épanchements bien compréhensibles. Pour coller tout de même à notre thématique, je me permettrais d'inscrire Toune dans l'esthétique des dessins de Steinlen même si elle ressemble plus, par sa gracieuse rondeur, à une sculpture de Pompon. Son heureux propritéaire ne me contredira sans doute pas. Je pense à l'Hippopotame ou à l'Ours blanc, avec ses grosses pattes, certes, mais aussi sa moue si gentille. Comme Toune. J'aime ses longues moustaches. Vous saviez, vous, que les chats ne considèrent pas du tout qu'on les possède, comme des animaux de compagnie, mais estiment que c'est vous qui partagez leur territoire. Autrement dit, ils sont chez eux chez vous. Ou plutôt, vous êtes chez eux. Compliqué mais pas si illogique.

Bref, revenons à notre petite chérie. Elle a le poil grisonnant et lustré, poli comme une jolie petite sculpture. Je crois qu'elle n'aurait pas démérité de figurer dans le livre d'images bien connu de Yann Arthus Bertrand sur les chats. Il faut dire que Toune est singulière...elle a perdu sa queue dans un accident de voiture. C'est elle qui conduisait. Non, je déconne. Disons plutôt qu'elle est passée sous une voiture. Je pense qu'il faudrait sans plus tarder lui consacrer une exposition d'ailleurs.

Voir aussi : Entre Art & Fiction

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Les visions de Tony Oursler

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Oursler1 Yeux globuleux, loupes, satellites...avec Tony Oursler, on plane complètement les mecs. Ce photographe américain a conçu une oeuvre bien particulière, franchement expérimentale. On se croirait en visite dans un fusain d'Odilon Redon, grandeur nature et technicolor, version un peu psyché des années 70. Dès la fin de ces années là, Oursler se met à réaliser des installations à la fois burlesques et comiques où il filme des visages et a recours à la mise en scène des corps. Ainsi, on a parfois envie de le rattacher aux mouvements fluxus et au Body art qui ont fleuri dans cette seconde moitié du 20e siècle. On peut dire de Oursler qu'il a vraiment révolutionné quelque chose dans l'art de la vidéo, embryonnaire dans les années 80.

La façon dont Oursler utilise la vidéo est très théâtralisée, et il n'hésite pas à mélanger les médiums pour concourir à la création d'installations à la fois visuelles, musicales et architecturales. Il y avait eu une belle présentation de ses travaux au Jeu de Paume en 2005 qui m'avait laissé un vif souvenir. On retrouvait notamme Switch, une installation datant de 1996 qui se composait de cinq éléments dont plusieurs poupées. Le pantin a toujours tenu une place particulière dans son univers, comme un double indéfini de nous-mêmes. Tout cela sous la surveillance de "l'oeil", et avec la "présence" de voix qui sont comme des médiateurs un peu inquiétants entre la parole et le regard.

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Entrez dans la Maison d'Elsa

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Triolet On savait qu'Elsa Triolet et Aragon s'étaient aimés rue Campagne-Première, dans le quartier de Montparnasse. On savait moins qu'ils avaient acheté une maison ensemble, au Moulin de Villeneuve, dans les Yvelines, pour y vivre leurs amours. Cette maison est devenu musée, une façon étonnante de plonger dans l'intimité de ce couple mythique. Le décor est entièrement historique, depuis la cuisine familiale où ils recevaient leurs amis à dîner, jusqu'au bureau d'Elsa où elle donna naissance à ses romans. Il est clair que l'atmosphère est chargée de sa personnalité, donc les nostalgiques devraient peut-être s'abstenir. On y ressent fortement la place occupée par la culture russe dans la vie de cette femme de lettres et de coeur. On y découvre des aspects inattendus de son histoire, notamment son séjour à Tahiti avec son premier mari.

Le parc est également l'un des endroits charmants de cette maison, un lieu vert et aboré où le couple avait ses habitudes. Tous deux sont d'ailleurs enterrés ensemble dans ce parc. Tout au long de cette visite émouvante et unique, vous découvrirez des photographies, des estampes, des tableaux et de belles icônes, mélangés aux cadeaux que leur ont fait leurs amis Fernand Léger ou Picasso. Précisons que le Moulin ferme ses portes du 26 novembre au 2 février, et qu'il n'est ouvert que les week-ends et jours fériés. Sachez également que cette maison accueille en ce moment une exposition temporaire du peintre Erro.

Erro Une toile de Erro pour l'Unesco, en 2003

Voir aussi : Entre Art & Fiction

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Le château nantais

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

Paragraphe_img_2_fr_chateau_11 La ville de Nantes possède un patrimoine artistique et historique des plus intéressants. A l'heure où s'ouvre bientôt à Paris le Salon du Patrimoine culturel justement, on peut faire un petit retour sur un bâtiment emblématique de la ville : le Château des Ducs de Bretagne. Il vient d'être récemment restauré et illustré par une scénographie à la fois ludique et très bien faite, qui donne la part belle au virtuel. Il faut dire que l'auguste bâtiment était dans un bien sale état de délabrement. Les appartemetns anciens (le grand logis, le grands gouvernement, les tours des jacobins et de la couronne d'or) ont été magnifiquement rénovés pour retrouver quelque chose de leur faste originel.

Les tours d'entrée abritent désormais les 32 salles qui composent le musée historique. Elles sont complétées par des espaces d'exposition temporaire qui forment un tout de plus de 5.000 m2. Le château des Ducs de Bretagne représente, avec la cathédrale, l'un des plus vieux vestiges nantais. Datant du 13e siècle, il demeura le lieu de résidence principal de la famille ducale et notamment de Anne de Bretagne, qui fut tout de même deux fois reines de France par ses mariages avec Charles VIII et Louis XII. Le rattachement de la Bretagne à la France date de la moitié du 16e siècle, époque où ce bâtiment devint un logis des rois de France. Classé monument historique en 1862, il devient le musée que l'on visitera dès 1924.

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Le Laboratoire

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Eprouvette Le laboratoire. C'est le nom d'un nouvel endroit qui désire mélanger la recherche scientifique et la recherche artistique. Une sorte de rencontre du 3e type. Pourtant, et c'est là où l'idée est marrante, ces deux esprits dans les étoiles ont des choses en commun. Tous deux s'investissent à fond, repoussent les limites du réel. Ce labo d'un genre nouveau, c'est dans le 1e arondissement qu'on le trouvera, à partir du 19 octobre. Il n'est pas ouvert tous les jours, seulement du vendredi au dimanche mais jusqu'à 20 heures.

Voici les deux première expériences qui y seront conduites : Matière à penser. C'est une expérience qui mélangera Fabrice Hyber, artiste français, et le scientifique américain Robert Langer. Cet artiste contemporain cconnu a déjà exploré les voies du rhizome, en accumulant, en multipliant les objets et les formes comme autant de cellules. 2e expérience: Bel Air, news about a second atmosphere, un dialogue entre le designer Mathieu Lehanneur et un autre scientifique américain nommé David Edwards. Comme toutes les expériences, difficile de savoir à l'avance ce que ça donnera. Sûrement un truc explosif.

Photo_image_46 Une oeuvre de Fabrice Hyper, source image

Voir aussi : Entre Art & Fiction

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La mêlée des rugbymen au Quai Branly

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Branly_exterieur21 Au cas où vous ne seriez pas au courant, ce qui n'étonnerait fort : c'est en ce moment la coupe du monde de rugby. Même sans regarder la télé, ni se tenir particulièrement informé de l'actualité sportive, faut être un champion zen justement pour ne pas l'avoir calculé. Ce qui est marrant, c'est l'initiative du Musée du Quai Branly qui propose une "mêlée des cultures", comprenez une manifestation qui révèle "le rubgy comme vous ne l'avez jamais vu". Soit une occasion de découvrir en fait les 20 nations qui y participent sous l'angle de la culture et des arts traditionnels. Je trouve ça sympa et actuel. A partir du 1e septembre, on peut assister à des conférences, des ateliers, des visites...Amusante idée aussi, la terrasse du Musée à été transformée en terrain de rugby, accessible gratuitement par tous de 15 heures à 18 heures. 

Par exemple, vous pourrez décourvrir l'art du tatouage cultuel des peuples d'Océanie...sans oublier de repartir avec votre petit tatoo éphémère. Sinon, il y a les mercredi et samedi à 11 heures des visites guidées sur le thème "Nations du rugby". Bien sûr, les chercheurs scientifiques ont aussi un rôle à jouer dans cette mêlée des cultures. Tout le programme est téléchargeable sur le site. Et sachez que vous pouvez également assister sur place à des retransmissions des matchs en direct. C'est mieux qu'au bistro (ça dépend pour qui vous me direz).

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Babyji

Par Joest Jonathan Ouaknine | (1) Commentaires | Permalink

BabyjiVous cherchez un livre à lire pour l'été, sans tomber dans les grosses cylindrées (Beigbeder, Delaume, Nothomb...)? Alors lisez Babyji d'Abha Dawesar!
Ce livre semi-autobiographique nous raconte l'histoire d'une première de la classe, en dernière année de lycée, qui découvre les jeux de la séduction. Dit comme cela, cela semble très banal.
Mais Babyji vaut le détour, d'abord, parce que ce livre se passe en Inde. D'où des questions typiquement indiennes: faut-il mieux rester en Inde ou bien émigrer aux Etats-Unis, même si c'est pour devenir plongeur(euse) dans un restaurant? Faut-il se marier vierge? Les universités doivent-elles faire des quotas pour les castes inférieures?

Pour autant, ce livre évite dans tomber dans le côté "ethno". D'ordinaire, quand on parle d'Inde, la phrase commence par "poulet tandoori", se poursuit avec "intouchables" et se termine par "Bollywood". On découvre une autre Inde, faite de contradictions entre richesse (Anamika, l'héroïne, est issue de la classe moyenne) et pauvreté (sa famille habite à côté d'un bidonville), tradition et modernité, puritanisme et sensualité, etc.
Beaucoup de mots en hindi sont insérés tels quels, sans même une explication. Les profanes risquent donc de rester sur leur faim (encore que certains contextes sont suffisamment explicites.) C'est le seul gros reproche.

La deuxième originalité tient à l'héroïne. Babyji (bricolage à l'indienne, d'après "Baby" et le suffixe "ji" pour s'adresser à quelqu'un de manière respectueuse) qui est une geek de physique-chimie. Elle analyse ses propres considérations sentimentales via des théorèmes et des formules avec beaucoup d'humour. De plus, si elle est novice en amour, elle n'est pas naïve et sait élaborer des stratégies pour arriver à ses fins.

La troisième originalité provient du côté inclassable du livre. On l'a dit, il se passe en Inde, mais n'est pas exotique (au sens péjoratif du terme.) Anamika découvre l'amour à travers les femmes, mais ce n'est pas un manifeste lesbien. Il y a une scène d'amour par chapitre, mais ce n'est pas un livre érotique, car il reste très pudique.

C'est donc le livre idéal pour éviter les histoires de bobos trentenaires aigris. En plus, cela permet de briller auprès de la galerie: "Tu lis quoi en ce moment? - Un livre Indien, Babyji d'Abha Dawesar. - Ah bon?" Et là, vous avez scotché votre interlocuteur(trice)

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Damien Hirst, professeur d'anatomie

Par Claire Maingon | (8) Commentaires | Permalink

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Les oeuvres de Damien Hirst sont plutôt...déroutantes, pour ne pas dire dégoutantes. Elle sont une preuve que l'art contemporain est parvenu à supprimer ou brouiller définitivement les critères d'appréciation de la représentation du monde. Cet artiste anglais est mondialement célèbre depuis le jour où il a exposé des cadavres d'animaux prisonniers du formol. Découpés comme sur un étal de boucher, bien proprement, on voit l'intérieur et l'extérieur des corps. C'est un peu une nouvelle leçon d'anatomie à la Rembrandt, la peinture en moins. Hirst parle de la vie et de la mort sur un mode quasi clinique. Mais cela faisait déjà plus d'une dizaine d'années qu'il explorait ce thème fondateur au travers de sortes de cabinets de curiosités morbides et médicinaux d'un genre nouveau. Certes, tout cela n'est pas très ragoutant, mais le propos de l'artiste n'est pas raconter une gentille petite historiette ou de faire joli dans nos modestes intérieurs. Bordel, c'est de la vie et de la mort dont on parle! Remisez vos objets décoratifs, car l'art a un sens..autant que la vie n'a pas de sens. Cet artiste nous malmène, nous qui aimons le confort douillet de nos croyances. L'univers de Damien Hirst est assez violent, parfois cruel, toujours inéluctable. Considéré comme une sorte de surdoué de l'art contemporain, après de multiples prix internationaux, il est aujourd'hui l 'un des artistes les mieux cotés.

Voir aussi : Entre Art & Fiction

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Boborama

Par Joest Jonathan Ouaknine | (1) Commentaires | Permalink

Boborama_2Je vais faire encore pire qu'avec Hubert Selby Jr: je vais vous parler aujourd'hui d'un livre de 2006! Boborama est un livre écrit par David Angevin, juste après son départ de Télérama. Le journaliste comptait témoigner de manière à peine voilée sur l'ambiance au sein de l'hebdomadaire du mercredi, afin dé démonter la machine. Mais son livre est surtout de manière plutot anonyme. Angevin cria au complot Le Monde-Télérama, d'autres se défendirent en disant que ce n'était qu'un pâle copie de 99 Francs. Quant à Télérama, ils prétendirent que ce n'était qu'une fiction, avec seulement 1% de réalité. Ce ne fut donc pas un séisme et on l'a vite oublié. C'est l'excellent Buzz Littéraire qui l'a ressorti du pilon et je me rappellerais toujours la tête de l'employée de la Fnac: "Bobo quoi? Vous écrivez ça comment?"

Boborama est un livre divertissant. Le thème était difficile: les professionnels ont déjà entendu 100 fois ces histoires de journalistes qui passent plus de temps dans les open bar qu'à écrire des articles, tandis que le lecteur moyen manquera de clefs pour s'intéresser à ce milieu clos.
On suit Paul Santini, qui semble se demander en permanence: "Qu'ai-je fait de mes 20 ans?" C'est le bobo Parisien typique. La description du 11 septembre ou de la reprise par "La Planète", vues depuis la rédaction du journal, sont intéressantes. Tout comme certains personnages. Pas de manichéisme: vous pouvez vous engueuler avec un collègue et déjeuner avec lui le lendemain, comme dans la vraie vie. Enfin, c'est aussi drôle que cynique.
Hélas, c'est trop court (245 pages.) Angevin pique un sprint, interrompant certains chapitres à la moitié du récit. Et puis il y a ce côté Brett Easton Ellis/Lolita Pille avec descriptions interminables de fêtes, name-dropping et inventaires d'objets siglés.

Bref, un bon livre à emporter sur la plage (mais pas assez bon pour le lire chez soit), même si vous risquez de le finir en une après-midi.

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Hubert Selby Jr: waiting period

Par Joest Jonathan Ouaknine | (0) Commentaires | Permalink

Selby_jrLa traduction de ce livre en français est parue en février, mais contrairement à nombre de critiques littéraire 1) j'achète moi-même mes livres (et celui-ci ne se trouve qu'en librairie spécialisée) 2) je les lis entièrement. Voilà pourquoi je n'écris cet article que 3 mois plus tard.

Hubert Selby Jr (1928-2004) fut un de ces écrivains maudits. Il était un écrivain autodidacte, car une maladie pulmonaire l'empêchait de faire quoi que ce soit d'autres. Son premier livre, Last exit to Brooklyn (1964) était une espèce de recueil de nouvelles quasi-autobiographique sur ce quartier misérable de New-York et sa faune, dans les années 40-50.

Ce n'était pas un livre politique, satyrique ou même réaliste; Selby Jr a toujours voulu faire ce qu'il voulait, y compris les sujets les plus taboux, comme la pédophilie ou le racisme. Du coup, si Last exit to Brooklyn connu un certain succès, les autres passèrent inaperçu aux Etats-Unis.

D'emblée, on constate que Waiting Period n'est pas un roman américain typique et son formatage strict: il ne fait pas 400 pages et ne possède pas de chapitre. Les personnages ont rarement des noms, il n'y a pas de happy end et s'il parle vaguement de religion (avec un 2e narrateur qui serait dieu), c'est pour le tourner en dérision (dieu encourage le narrateur a jouer les justiciers.)

L'histoire? Le narrateur, un New-yorkais, veut se suicider. Il achète une arme, mais suite à un problème informatique (les armuriers doivent consulter le casier judiciaire des acheteurs), il doit patienter plusieurs jours pour l'obtenir. Pendant ce temps, il songe qu'au lieu de se tuer, il ferait mieux de tuer les "méchants", à commencer par un employé des anciens combattants...

Selby signe une oeuvre sur ses thèmes favoris: la solitude, l'enfermement et la folie (le 1er, entrainant le 2e, qui débouche sur le 3e.) Le problème est qu'il nous livre très peu de clefs: qui est le narrateur? Pourquoi s'en prend-il a un employé des anciens combattants? Tue t'il réellement ces gens ou est-ce juste son imagination? Sans parler d'interminable monologue sur la solitude.
Au final, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, faute de tout y maîtriser. De plus, sur la fin, tout s'accélère trop vite: il se passe plus de choses dans le dernier tiers que dans le reste du livre!

Je conseille donc au lecteur de lire plutôt Last exit to Brooklyn ou La geôle.

Hubert_selby_jr

Voir aussi : Entre Art & Fiction

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