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Sale morveuse! par Miss Gally

Par Joest Jonathan Ouaknine | (3) Commentaires | Permalink

Miss_gally_1On nous a parfois présenté les blogs comme étant la relève de la littérature. Mais jusqu'ici, les "blivres" (Blog-livre) étaient plutôt décevant. Voici qu'aujourd'hui, le BD vont à leur tour piocher dans la blogosphère. Parmi, les blogeurs (et blogeuses) les plus en vue figure Miss Gally. Véritable stakhanoviste, elle tient trois blogs B.D. ayant chacun leur propre style: Miss Gally, le blog d'une grosse et le Love-blog (reservé à un public averti!) Chacun d'eux consiste en des dessins au jour le jour, plus ou moins autobiographiques et toujours très drôles. Parfois, il n'y a qu'un seul dessin et d'autre fois, il y a de vrais historiettes. En mars 2008, Miss Gally passe à la vitesse supérieure avec Sale morveuse!, une mini-BD.

Pour autant, sale morveuse, n'est pas une version blivre de l'un de ses blogs. Il s'agit d'une histoire inédite: une trentenaire, qui fulmine contre la direction qu'a pris sa vie, se réveille un beau matin à l'époque (et dans l'enveloppe corporelle) de ses 10 ans. D'emblée, elle prend la décision de s'en prendre à tous ses futurs souffre-douleur (parents, camarades de classe, prof, etc.)

C'est très drôle, il y a un rythme très rapide, un dessin noir et blanc (sans le côté "art et essai" de l'Association) assez expressif. En fait, le seul défaut, c'est... D'être trop court. Le temps de patienter pour une dédicace et j'avais lu les 44 pages (qui se terminent sur un "à suivre".)

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D'où la question qui tue (un dessinateur) au moment de la dédicace (ci-dessus): "Il sort quand le tome 2? - Euh... En fin d'année?"

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Grégory Masurovsky en noir et blanc

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Arbreautomnep Grégory Masurovsky est un dessinateur du noir et blanc, qui expose à la galerie Dutko jusqu'au 11 janvier. A la question qu'est-ce que dessiner, l'artiste a une réponse simple : "c'est enlever le blanc pour révéler le noir". Réponse subtile qui montre que ce dessinateur raisonne de façon déductive dans une oeuvre où il place beaucoup de lui même, comme une expérience intérieure. Révéler, n'est-ce pas mettre à jour quelque chose qui était caché, qui n'était pas visible dans le monde des apparences. Et cette fonction messianique, pour ainsi dire, n'est pas foncièrement la définition de l'artiste? La façon dont Grégory Masurovsky emploie l'encre de chine n'est pas sans évoquer les dessins au crayon conté de Georges Seurat, dans cette esquisse des corps et des silhouettes qui est comme un léger voile de souvenirs ou de rêves.

Né aux Etats-Unis en 1929, ce bel artiste vit en France depuis de nombreuses années. J'aime la simplicité apparente de ces dessins à la plume très patients et granuleux, qui sont comme des songes et nous entrainent dans les profondeurs souterraines de l'âme. C'est à la fois d'une assez grande évidence et d'une vraie poétique sur le réel dont est fait résurgence ici, entre le noir et blanc qui sont les métaphores de deux extrêmes de la vie, mélangés et contraires, féconds et antinomiques.

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Joseph Bernard, dessinateur rêveur

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Bernard400dessin11 L'orangerie de Madame Elisabeth, à Versailles, reçoit à partir d'aujourd'hui une jolie et intimiste exposition des dessins du sculpteur Joseph Bernard. Contemporain de Maillol et de Bourdelle, ce statuaire est connu des amoureux de la sculpture pour sa pratique de la taille directe (formes taillées dans le marbre sans esquisse préalable). On connait moins, c'est vrai, son talent de dessinateur. Revisitant une antiquité poétique et éthérée, le monde onirique de Bernard est peuplé de danseuses, de maternités et de faunes au pied léger. L'ensemble est remarquablement mis en scène, avec un éclairage savant et très professionnel. Mais couvrez-vous car le froid règne ici en maître, la conservation des feuillets nécessitant une température basse et constante.

Bernard est un artiste qui demeure encore à découvrir complètement. Discret, peut-être timide et réservé, il a mené une vie concentrée sur son art. Le dessin apparait autant comme un élément nécessaire à son processus créatif de sculpteur que comme un moyen d'évasion dans le monde des rêves. Pour les plus intéressés et curieux, sachez que la fondation de Coubertin, dont le fils de Bernard fut l'un des fondateurs, conserve un fonds très important d'où sont extraits les cinquante dessins présentés ici jusqu'au mois de janvier.

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Ham sur les chapeaux de roues

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Chapeau5561 Voilà une très sympathique exposition que propose le Musée de Laval, autour de l'oeuvre de l'affichiste Géo Ham. Dans les années de l'entre-deux-guerres, ce dessinateur était un fana de vitesse. On se surprend, dans ces dessins, à dresser des parallèles avec les photgraphies de Lartigue, réunis par cette même fascination pour la modernité des bolides. C'est tout jeune que Georges Hamel a découvert les courses automobiles qui ont exercé sur lui une vrai fascination. Elève à l'Ecole des Arts Décoratifs, Ham a traversé la Grande Guerre comme reporter et pilote. Puis, il devint un illustrateur professionnel et talentueux. Ami de Jean Mermoz et de Saint-Exupéry, Ham a lui aussi été un vrai aventurier.

J'aime beaucoup ce coup de crayon à la fois précis et très enlevé, sans déchet et très moderne. Dans ce stylisme, on retrouve tout à la fois les architectures d'un Mallet-Stevens que les formes épurées des sculptures des Frères Martel ou d'un Csaky. Il est clair que Ham est un grand de l'affiche, peut-être au moins autant que Cassandre dont on avait profité d'une magnifique exposition à la BNF Richelieu l'année passée.

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Kubin démoniaque

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Kubin_weg_z_hoelle L'exposition Alfred Kubin vient d'ouvrir récemment au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Les amoureux de Redon et de Grosz à la fois ne seront pas insensibles à l'imagerie parfaitement hallucinante de cet artiste d'origine autrichienne dont l'oeuvre reste méconnue en France. C'est là d'ailleurs le grand mérite de la nouvelle programmation du MAMVP, celle de nous faire découvrir des univers d'artistes trop peu exposés chez nous. Revenons à Kubin et ses visions cauchemardesques, désabusées et, disons-le, clairement macabres. Né en 1877, il fut principalement un illustrateur de presse et de romans, menant une vie d'adolescent agitée. C'est la découverte des eaux- fortes de Max Klinger, au tournant du siècle, qui débrida quelque chose en lui et déclencha ce qu'il décrit comme "un torrent de visions d'images en noir et blanc".

De fait, l'univers de Kubin est noir, démoniaque, habité d'animaux et d'êtres hybrides qui ne sont pas sans rappeler pour certains quelques toiles fameuses de Jérôme Bosch. On se surprend à rechercher des détails quand même dans les immondices, à apprécier la finesse des traits qui marquent têtes de mort, limaces et araignées. La mort est partout présente dans cette oeuvre principalement dessinée, à ses débuts, sur le revers de cartes topographiques allemandes. Vous verrez que la scénographie, assez spectaculaire dans ce bel espace du Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, sert bien le propos fantastique de ces dessins à l'encre et à l'aquarelle. On peut également recommander, en marge de l'exposition, la lecture passionnante de l'autobiographie de Kubin, Ma vie.

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Redon et ses noirs

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

180pxredon_cryingspider Le bien bel artiste que fête le Musée d'Orsay dans sa section graphique : Odilon Redon, ce maître des visions de rêve un peu cauchemardesques. Surtout que l'exposition est orientée vers l'une des plus belles parties de son oeuvre : ses fusains et ses pastels. Ah, le bien noble talent, qui nous plonge dans un univers à la Edgar Poe. J'aime particulièrement cette arraignée qui pleure de 1881, à la fois monstrueuse et humaine. Le fusain occupe une place toute particulière dans l'évolution de Redon, qu'il a lui-même décrit en 1894 comme une technique plus efficace pour dépasser le monde sensible, le monde des apparences. Pour trouver un accès vers l'impalpable. De son temps, cette pratique intensive du dessin au noir fut reçue de façon contrastée. Pourtant, n'étions-nous pas les temps du symbolisme, du spleen et de la quête impossible d'un paradis perdu?

Né à Bordeaux en 1840, Odilon Redon est une forme de cynique, de désespéré, un mystique peut-être. N'a-t-il pas dit que "l'artiste vient à la vie pour un accomplissement qui est mystérieux. Il est un accident. Rien ne l'attend dans le monde social". Vrai que Redon était en marge, il a toujours été à part des autres. Mais c'est cette singularité qui fait aujourd'hui sa grandeur, sa rareté, son émotion. Fascinant Redon, qui n'a jamais voulu abdiquer, qui a toujours voulu peindre non selon les convenances mais selon ses convictions intimes, ses tripes. Animé d'une conscience extra-terrestre, il fut et demeure l'homme du mystère. 

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Paul Jouve a illustré Balzac

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

L_grav_jouve L'art animalier est un genre bien spécifique qui a son petit monde d'amateurs. Si vous aimez la sculpture moderne, vous connaissez naturellement François Pompon, auteur d'un Ours Blanc qui trône au Musée d'Orsay et qui a inspiré les publicitaires pour la marque Coca-Cola. Moins populaire, peut-être, mais tout aussi talentueux, dans le genre orientaliste,  Paul Jouve fut un merveilleux artiste. Ses fauves n'en finissent pas de rugir, pour le plaisir des visiteurs du Musée des années 30, à Boulogne-Billancourt, et bientôt pour une superbe exposition qui se tiendra à la Maison de Balzac.

Cette exposition ne sera pas une rétrospective mais consacrée au thème "Une passion dans le désert". Il s'agit du titre d'un roman écrit par Balzac, et qu'ont mis en résonance les conservateurs du Musée avec l'oeuvre du grand animalier. Le récit est celui d'une suprenante rencontre entre un soldat des troupes napoléoniennes et d'une panthère dans le désert d'Egypte. Jouve a illustré une édition de luxe dans les années 40. Un beau travail, qui porte la marque de son talent félin. J'apprécie beaucoup l'oeuvre de cet artiste, qui était un authentique passionné de l'orient et de la nature et un excellent graveur. D'autre part, ce sera l'occasion de visiter la Maison de Balzac, un musée pas si connu qui se trouve vers Passy, dans les beaux quartiers de la capitale.

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Jouve fut bien entendu l'un des plus beaux illustrateurs du Livre de la Jungle, de Kipling, avant les années Disney. Mais il faut être un bibliophile averti pour posséder désormais un des exemplaires de l'édition de 1919 qui comporte les sublimes illustrations de Jouve.

Celle-ci appartient quant à elle à La chasse de Kaa, un ouvrage illustré par Jouve à l'aube des années 30.

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Fragonard dessinateur

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

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On savait déjà que Jean-Honoré Fragonard était un merveilleux peintre du XVIIIe siècle. Ses portraits, si enlevés dans leur facture, sont d'une fraîcheur toujours étonnante. On découvre aussi, sans étonnement cependant, qu'il fut un grand dessinateur. L'auteur du fameux verrou, une toile qui a atteint des records dans les ventes aux enchères de ces dix dernières années, avait un fameux coup de crayon. Très vif, complétement spontané, il hachure et cisaille d'une façon peu académique. Rappelons que l'artiste avait travaillé auprès de Chardin puis dans l'atelier de Boucher. Ne parvenant pas à si'mposer dans la lignée "classique" des peintres académiques du Salon, il avait laissé libre cours à sa fantaisie et son imagination en versant dans le genre érotique. Et cela avait eu un grand succès à cette époque. Très riche, il fut cependant ruiné au moment de la Révolution Française, comme d'autres artistes dont les mécènes étaient des nobles devenus des condamnés à l'exil. Le Musée Jacquemart-André va consacrer une exposition à Fragonard cet automne. Il ne faudra pas la manquer car ce genre d'évènement est rare. La dernière en date remonte à 1988. Bien sûr, on espère y voir les magnifiques dessins de l'artiste, encore plus vivants que ses huiles, plus libres et charmants. Par exemple, ce dessin intitulé La gifle, qui appartient au Musée Fabre de Montpellier, restitue une anecdote bien triviale dans des envolées de drapés qui évoquent plutôt l'art sacré que profane. C'est cela aussi la magie et le talent de Fragonard, celui de n'avoir pas soumis son instinct à la raison académique, d'avoir cultivé un certain goût de l'insolence et de la hardiesse.

Sur la vie de Fragonard, on peut lire également l'ouvrage biographique de M.A. Dupuy-Vachey, paru en 2006

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La passion Cocteau

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

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Les dessins de Jean Cocteau sont hyper connus car son style est inimitable. Le trait est fin, continu, comme si la main n'avait jamais quitté le papier. Cet artiste fut un talent multiple. Ecrivain, peintre, photographe, sculpteur, auteur de théâtre, cinéaste..l'amant de Jean Marais a laissé une oeuvre considérable. Né en 1889, Cocteau a participé aux frasques de Dada dans les années vingt, après la boucherie de la Grande Guerre. Mais il a toujours été en marge du cercle des surréalistes car sa personnalité était sans doute trop forte pour André Breton, le pape du mouvement, assez autoritaire. Ses dessins sont parmi les plus beaux actes de son génie créatif et démiurge. Parmi les plus célèbres figurent ses soixante dessins pour les Enfants terribles, en 1935. C'est l'histoire deux frères et soeurs provocateurs côtoyant sans cesse la mort et la maladie et dont l'un se crée, pour y échapper, un monde imaginaire. Le personnage principal était inspiré d'un ami d'enfance, que Cocteau avait admiré pour sa grande beauté. Un film en sera tiré. L'affiche dessinée par Cocteau lui-même illustre bien le face à face douloureux de l'enfance. Deux visages reliés du même trait, comme issus du même moule, comme découpés en ombres chinoises. Cocteau a été un dessinateur très productif, ce qui explique que ses dessins ne sont pas rares mais sont très recherchés en vertu de son talent. Pour les passionnés et les amateurs d'originaux, direction le Studio Cocteau, au Louvre des Antiquaires, qui en est spécialiste.

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Théophile Bra, un coeur fou

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Théophile Bra (1793-1863) - Tout émane au sein de l’absolu  source image

Vous aviez peut-être eu vent de l'exposition qui vient de se terminer au Musée de la Vie Romantique consacrée à Théophile Bra (1797-1863). Elle était centrée sur les dessins de ce sculpteur dont personne ne parlait, hormis quelques spécialistes de la période, il y a encore quelques années. C'est l'occasion de revenir un instant sur le talent de ce dessinateur tout à fait original pour son temps et très prolifique. Songez qu'il donna en 1852 10.000 feuillets de dessins à la ville de Douai! Cet artiste était un contemporain de David d'Angers, mieux connu et étudié. Pourtant, de son vivant, Bra était célèbre puisqu'il reçut toutes sortes de commandes officielles et de décorations. Quand on regarde ses dessins, rien ne laisse deviner sa carrière académique. On imagine plutôt les contes fantastiques d'Edgar Poe, on pense même aux surréalistes qui viendront plus tard. Il faut dire que Bra a souffert de délires et que ses dessins ont été utilisés contre lui dans un procès tendant à prouver sa folie. Il crée des formes mélant des animaux et visages humains, des combinaisons qui semblent comme des rébus en images. Mystérieux plus que mystique, son oeuvre dessinée fut d'une perpétuelle invention. Pour le découvrir, haro sur le catalogue de l'exposition qui, lui, reste à la vente. 

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