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Mircea Cantor : France-Roumanie

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

07 Dans le monde de l'art contemporain international, on entend de plus en plus parler des jeunes artistes chinois. Mais qui parle des jeunes artistes d'Europe de l'est? Ces pays n'ont pas toujours bonne presse. Il est vrai que les jeunes qui exposent en France y habitent souvent. Mais ils n'ont pas pour autant oublié leurs racines. C'est tout l'intérêt du travail de Mircea Cantor, trentenaire né en Roumanie et dont l'oeuvre porte sur la trace. Trace dans la mémoire, gravure dans la peau, impression dans l'oeil. On peut notamment voir au petit palais, dans l'exposition Intrusions, une vidéo montrant l'univers d'une usine fabriquant des allumettes en Roumanie. L'objet prend une dimension symbolique, popériste pour ainsi dire. 

Souvent versé dans la répétition, qui est comme une mise en exergue de la routine et de l'ennui auquel chaque être humain est confronté, l'oeuvre de Cantor en appelle à notre ego, qu'il temporise, ridiculise, titille. J'aime la façon dont cet artiste joue des mots et des textes, souvent très poétiques et forts, qu'il replace dans des univers désacralisés et indifférents du quotidien. 

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Douglas Gordon

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Gordon_250x350 Je trouve l'oeuvre de Douglas Gordon assez hypnotisante. Cet artiste né en 1966 à Galsgow, où il vit et travaille, nous confronte à nous-même, à la face cachée de l'humain. Gordon est surtout connu pour ses vidéo. Il projette, photographie et installe des textes sur des murs. Détournement des images et manipulation visuelle font partie de son monde à la fois si tangible et surréaliste. Gordon a été de nombreuses fois primé par des récompenses de haute volée, comme le Premio 2000 de la Biennale de Venise en 1997. Comme des amnésies, il brûle et transperce les visages des stars d'Hollywood qui deviennent comme des monstres d'inhumanité. On l'a vu bien représenté à la FIAC de cette année, qui est comme une forme de consécration dans le monde très select de l'art contemporain.

Ca fait mal, ca fait peur, ca peut angoisser dans les images de mort et de décomposition cadavérique. Comme des horreurs que l'on refuserait d'admettre mais dont la réalité, pourtant, est bien présente. C'est tout cela que m'inspire son travail. Revendiquant une personnalité plutôt qu'un style, Douglas Gordon malmène l'icône de la société contemporaine. On se souvient ainsi qu'en 2005, il avait réalisé un film en braquant 17 caméras sur Zidane pendant un match. Il n'est pas rare de le voir exposé dans les meilleurs centres d'art contemporains internationaux...A suivre dans l'actualité.

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Si Versailles m'était conté

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

070630_versailles_louis14_contexte Historique, voilà une bien intéressante exposition que propose en ce moment le château de Versailles sous le titre un peu romanesque de Quand Versailles était meublé d'argent. Mais de quel argent au juste s'agit-il?  Il se trouve, mes chers compatriotes, que notre bon vieux Louis XIV s'est allégrement servi du mobilier en argent du château pour financer la guerre contre la ligue d'Augsbourg. C'était sans doute légitime de sa part. Il a sacrifié à la cause de grands miroirs d'argent, des aiguières d'argent massif immenses et autres babioles du même genre. Pas facile, au demeurant, d'exposer des objets qui n'existent plus...(réflexion intéressante pour nos étudiants en muséologie d'ailleurs que cette question).

Malins comme des singes (pas péjoratifs), les conservateurs de Versailles ont demandé à leurs homologues européens de leur prêter des objets identiques ou presque. C'est à Jacques Garcia que la mise en scène à été confiée, en tout point classe et spectaculaire. A travers de ces 150 objets, on redécouvre avec émerveillement quelque chose du faste de Versailles, à l'époque où les nobles dames au talons rouges arpentaient les couloir du château.

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Vols célèbres d'oeuvres d'art

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

Booklupingentleman Arsène Lupin est un personnage mythique de la littérature française, inventé au début du 20e siècle par Maurice Leblanc. Je n'ai pas suffisamment lu ses aventures pour savoir si le gentleman-cambrioleur était aussi un faucheur d'oeuvres d'art. En tout cas, ce n'est surement pas lui qui a fait le coup, à Nice. Vous avez peut-être entendu parler de ça récemment. Le casse a eu lieu au Musée des Beaux-Arts, le même qui va accueillir dans quelques semaine la grande rétrospective du sculpteur des années 30 Alfred Auguste Janniot. On y a dérobé en plein jour, pendant la pause déjeuner, des toiles de Jules Chéret, le célèbre affichiste tant admiré de Georges Seurat.

Les histoires de vol font, d'une certaine façon, partie de l'histoire de l'art. Vous savez peut-être que la Joconde, sans doute l'oeuvre la plus célèbre du musée du Louvre avec la Vénus de Milo, a été volée à plusieurs reprises. Parait même qu'aujourd'hui, enfermée dans son coffre, elle ne demeure pas imprenable. Un voleur décidé parvient toujours à son but. L'un des vols les plus fameux de Mona Lisa fut orchestré en 1911. Le tableau était alors accroché dans la Grande Galerie. Le poète et ami des cubistes, Guillaume Apollinaire, avait été accusé du vol. Il fut blanchi mais son nom avait fait les gros titres des journaux. Un article d'époque, consultable sur le site Anovi, relate cet évènement épique. Plus proche de nous, chacun se souvient du vol désomais historique du Cri du norvégien Munch, à Oslo. L'oeuvre aurait été détruite car elle n'était pas revendable...le vol aurait eu lieu pour détourner l'attention de la police et permettre à la bande de voleurs de...cambrioler une banque!

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Nuo fais-moi peur

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

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Les rites et cultes de la Chine demeurent largement inconnus des occidentaux. Qu'à cela ne tienne, le Musée Jacquemart-André, à Paris, propose une exposition consacrée aux masques de Chines et rituels de Nuo. Kesako? datant pour les plus anciennes pièces du 16e siècle, il s'agit de masques utilisés au cours de cérémonies destinées à expulser les mauvais esprits des habitations. Inquiétant et mystérieux! Ceci explique les qualités esthétiques de ces objets cultuels parfois effrayants et graves. Les chinois les portaient pour mettre en scène des danses à la signification secrète et apoptropaïque. Soulignons que c'est la première fois qu'une telle exposition est organisée en France et, comme souvent, le musée a bien soigné sa scénographie pour donner à ces objets toute leur dimension dramatique. Il faut dire que ce sont des vestiges car la Révolution culturelle chinoise a détruit de très grands exemplaires de ces témoins des rites anciens. Heureusement, l'Unesco soutient la démarche actuelle qui consiste, dans le pays, à sauver ce patrimoine.

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L'artiste Warhol et le Velvet Underground

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

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Certains se sont posés la question : Andy Warhol est-il un artiste ? Il fut très certainement un grand publicitaire. Ce fut le premier métier de Warhol et il gagna à ses débuts beaucoup d’argent. Warhol était connu de toutes les agences de pub new-yorkaises pour ses dessins, et notamment ses dessins de chaussures. Faut dire qu’il en était carrément fétichiste, le Pop artiste. Warhol s’était aussi piqué de devenir, plus tard, impresario du Velvet Underground, un groupe de rock devenu mythique dans lequel officiaient Lou Reed et la belle Nico. En 1966, Warhol dessina la pochette de leur album : une banane, symbole phallique, accompagné d’une injonction : Peel slowly and see. Tout un programme !  L’art n’est parfois pas là où on l’attend. Il est parfois aussi là où on ne l’attend pas. Allez comprendre.

Sur la collaboration Warhol/velvet, on peut lire www.linternaute.com/.../incontournables/rock/the-velvet-underground/the-velvet-underground-index.shtml

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Henri Moore et moi

Par Louis Asselin | (0) Commentaires | Permalink

Mooresculpture_w200 Je ne savais pas quoi faire de ma soirée du 15 décembre. Escamoter une sculpture de deux tonnes et demie, en Angleterre, le challenge m’a stimulé. La campagne britannique a un certain charme, surtout la nuit. Ce n’est pas que j’avais envie de disposer de ce monument, je parle de The Reclining Figure, mais plutôt de la faire disparaître.

Oui, car cette « Figure étendue » n’est qu’une pâle figure de la « Figure Tombée ». Et ça, c’est insupportable. Usurpation, oui.

Alors, qu’en ai-je fait ? Pas revendue, bien sûr, pas fondue non plus. Non juste un gros plouf dans le fleuve trop tranquille.

Et la presse me traite de « malfrat », alors que je ne suis qu’un humble justicier.

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La semaine photographique de Jésus Cliché

Par Louis Asselin | (0) Commentaires | Permalink

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En novembre, c’est le mois de la photo. Les expositions prolifèrent et les amateurs courent la ville.

Je suis tombé sur Jésus Cliché à la sortie de la Maison Européenne de la Photographie. Il distribuait son programme transhumant et alléchant. Tiré à quatre épingles, Jésus portait un costume cravate, sombre et stricte. Je l’ai suivi.

Lundi, au métro Auber, pour une exposition intitulée « Mes plus belles photos ratées ».

C’est si facile de prendre une bonne photo. Au contraire, le ratage photographique exige beaucoup de dextérité, de présence d’esprit, d’imagination et d’entregent. Jésus Cliché me l’a prouvé par sa brillante série de dix photos vraiment ratées.

Ratage n°1 :  Une partie seulement de la Tour Eiffel à gauche, du ciel gris sur les trois quarts de l’espace et une poubelle « vert jungle » de la ville de Paris en bas, au centre.

Ratage n°2 : Les jambes floues d’une personne qui marche sur fond de trottoir gris et humide.

Ratage n°3 : Une partie du bras visqueux d’un bébé dont on peut supposer qu’il vient de naître. Gros plan sur la lampe de la table d’accouchement et la coiffe blanche de la sage-femme.

Ratage n° 4 : La chevelure et le front d’une femme, apparemment.

Ratage n° 5 : Les ventres des mariés et de leurs familles respectives à la sortie de l’église.

Ratage n° 6 : Un vaste paysage, verdâtre, dégagé, totalement surexposé.

Ratage n°7 : Un tableau dont on ne voit rien à cause du flash qui brille sur le verre.

Ratage n° 8 : Un tiers de Bébé sur son tracteur, la tête retournée. Scène un peu floue. Rien autour.

Ratage n°9 : Une femme nue, probablement, mais dont on ne voit que des parties de pieds et de bras et un Frigidaire à l’arrière plan.

Ratage n°10 : De l’herbe, en gros plan, avec une indication manuscrite sur la photo : « Le rouge-gorge se situait là, à droite. »

Je n’ai pas manqué la suite des festivités.  Appel à la libération des boites noires, cantique pour un déclic libre, manifeste contre postures et impostures photographiques, vive le « Mouvement de la ligne n°1 » !

Mardi, Métro Châtelet- les Halles : Les lieux où j’ai fait pipi dans la nature et/ou dans des espaces ni conventionnels, ni subventionnés. Mon coup de cœur : une jolie fontaine, à l’eau claire.

Mercredi, Métro Musée du Louvres :  L’ennui et l’indifférence des gens dans les musées et dans d’autres lieux mortuaires où l’art est manifestement ailleurs.  Mon meilleur sourire : une dame imposante, habillée en sombre, assise sur un banc d’une salle de musée, devant un paysage expressionniste torride, concentrée sur la dégustation d’une glace Cornetto.

Jeudi, Métro Champs-Élysées :  Série de mains aux fesses dans l’immensité de l’espace public. Pour le courage un rien insolite : une main bien à plat, les doigts écartés, sur les fesses d’une fille à tchador.

Vendredi, Métro Bastille :  Série bistrotière : personnes un verre à la main, en train de boire, de trinquer et avec l’esprit aérien.  Pour le sens des histoires courtes : un homme et une femme trinquent, se disent sans doute un « à la tienne » ou un « à la nôtre », mais les verres se brisent.

Samedi, Métro Arc de Triomphe :  Gestes d’humeur, d’animosité ou d’insulte des gens envers leur Prochain.  Pour la modernité du duel : un doigt levé fait front à un bras d’honneur.

Dimanche, Métro Concorde :  Collection de vols, rapines et autres actes du même genre dans les magasins, les transports en commun et partout où il est possible d’alléger Autrui de ce qui pourrait déformer ses poches et ses sacs délicats.  Pour la tendresse filiale et le sens du déclic : dans le métro bondé, une petite fille fait discrètement la poche à sa maman, lui extirpe un sachet de fraises Tagada. A l’arrière-plan, un homme regarde fixement le sac à mains posé à terre d’une dame qui observe la petite fille.

Entredi :  Jésus Cliché en action. L’« Entredi » n’est pas le huitième jour de ma semaine, mais celui qui se glisse entre chacune de mes journées. Pas de lieu de rendez-vous. Me chercher. La meilleure partie de l’expo.

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Leçon pour un jeune artiste (1/11)

Par Louis Asselin | (0) Commentaires | Permalink

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« Mes petits artistes, mes artistes en chambre, disait Marc Kniazeff le professeur détaché de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales à son auditoire d’étudiants des Beaux-Arts, aujourd’hui, l’artiste est interdit de pauvreté. Un artiste pauvre est totalement déconsidéré. C’est mauvais signe. On pense qu’il se cherche. Le Marché déteste cela. Il veut des produits déterminés. Il vous veut artiste à 100%. Il n’apprécie pas la dispersion et rejette ceux qui ont la faiblesse de chercher leur voie, leur style et même un logement… La sélection par la mort, la reconnaissance par la mort doit être chassée de vos esprits. Finie aussi l’époque où il fallait attendre ses vieux jours pour atteindre, éventuellement, le rang d’artiste reconnu, à force de labeur, de persévérance, et au terme d’une vie de miséreux où la pauvreté, durable, pesante, était considérée par les nantis frustrés comme la preuve et l’épreuve ultimes de votre qualité d’artiste…

Vous devez être reconnus de votre vivant, sinon abstenez-vous. Sinon, quel est l’intérêt d’être un artiste ? Il faut jouir de sa vie d’artiste. Carpe Diem. Vous l’avez choisi. Nous sommes tous vivants, mais à court terme seulement. Et seuls les vrais artistes sont vraiment vivants. »

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Leçon pour un jeune artiste (2/11)

Par Louis Asselin | (0) Commentaires | Permalink

Montagnesrusses_3

« Suivez mes conseils et vous ne resterez pas longtemps des aspirants…

La clé de tout tient en trois mots : se faire remarquer. Je suis sérieux. Je dirai même se faire remarquer à tout prix. Ah ! Ce n’est pas sans risque, c’est sûr ! ça peut déraper, tomber dans le ridicule. Mais il vous faut être à la hauteur du rang. Vous avez un atout majeur sur vos aînés : on vous a appris que savoir dessiner n’est pas important. Vous êtes donc détachés des anciennes valeurs de l’art et êtes plus facilement mobilisable pour des opérations de marketing personnel. Les media seront vos serviteurs les plus efficaces. C’est vous, je veux dire votre physique, votre corps, votre visage, votre voix, votre allure que le public doit voir en premier. Après seulement, il achètera ce que vous produisez ou faites produire… Oui, j’ai bien dit « produire » et « faire produire »… Produire, parce que vous devrez mettre au point une méthode, une technique vous permettant de faire de la quantité à qualité constante. Attention, les temps modernes de l’art, c’est le zéro défaut. Nickel chrome l’art ! Faire produire, aussi : vous savez bien qu’aujourd’hui la plupart des entreprises à la pointe sous-traitent cette tâche. Elles se concentrent sur des fonctions plus nobles : la recherche, le marketing, la communication. C’est sans mystère, les plus performants d’entre vous auront suivi ce modèle. »

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