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A quand John Currin?

Par Claire Maingon | (6) Commentaires | Permalink

567e18d0 Voilà un peintre que l'on aimerait voir plus souvent exposé en France, et pourquoi pas dans un grand musée parisien : l'étrange John Currin. Maniériste des temps modernes ? Ce peintre d'origine américaine a la délicieuse manie d'étirer les corps de ses créatures humaines, en rajoutant quelque vertèbres supllémentaires à ses modèles. Ingres des temps modernes ? Son oeuvre possède un magnétisme propre à la tradition de l'hyperréalisme, bluffant de technique et qui entretient des liens étroits avec la pratique photographique. Mais, anti-mimétique, il ouvre sur le monde de l'imaginaire et de la chimère. D'inspiration érotique, l'oeuvre de Currin a pour sujet principal et presque exclusif celui de la femme.

On ne peut s'empêcher de créer des parallèles avec les Vénus du Quatroccento et l''esthétique des nus flamands des hautes époques renaissantes, ainsi que les statues colonnes allongées des portails romans et gothiques. Elle n'est pas sans évoquer notamment dans les yeux des historiens de l'art français le courant traditionnaliste des années 30, dans le retour au sujet et à la manière des fresquistes. Qualifiée de kitsch par certains, la peinture de Currin a cependant la précieuse qualité d'être unique, personnelle, identifiable au premier regard. On rencontre plus fréquemment des expositions consacrées à ce peintre Outre-Manche ou Outre-Atlantique.

Illustration : couverture du catalogue mis en ligne sur le site de la Gagosian Gallery

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Qui veut être académicien?

Par Joest Jonathan Ouaknine | (2) Commentaires | Permalink

AcademicienAlain Robbe-Grillet est mort au mauvais moment! En effet, l'Académie Française avait du mal à trouver six personnes pour remplir autant de sièges vacants et voilà qu'un septième académicien meurt. Cette problématique peut sembler incongrue. Personnellement, si on me proposait de porter le fameux habit vert, je ne dirais pas non. Le problème, c'est que les critères de sélection sont trop sévères: d'aucuns considèrent que l'académicien doit avoir les tempes grises et si possible un nom à particules. Lorsqu'Erik Orsenna fut élu en 1998, à 51 ans, il était le plus jeune académicien... Et il est toujours le benjamin 10 ans plus tard. Etre élu d'abord, c'est une consécration. Mais avec le temps, l'Académie Française est devenue une maison de retraite pour lettrés. On n'ose imaginer les conséquences d'une nouvelle canicule...

Le soucis, c'est la percéption de la culture. Il y a une "culture d'en haut" et le reste méprisée. Alain Robbe-Grillet, créateur du nouveau roman, a du attendre une quarantaine d'année pour être élu à l'Académie Française. Nul doute que c'est le destin des Michel Houellebecq, Amélie Nothomb et autres Philippe Claudel (pourtant, ce dernier se bat avec Vincent Dellerm pour le titre de plus jeune vieux de France.)

Cet élitisme fait que les échellons intermédiaire disparaissent. Les gens se disent: "La marche est trop haute, alors je préfère rester en bas." D'où l'essor du langage SMS, de la Star Academy, des films produits par Luc Besson ou de Faïza Guène.

Je pense qu'il faudrait rajeunir l'Académie Française. Qu'elle regroupe les amoureux de la langue Française, quel que soit leurs ages ou leurs origines. Pour réconcilier les Français avec les belles lettres.
Hélas, au mieux, ils éliront un "jeune", de même qu'il y a déjà des sièges reservés aux éclésiastiques, aux politiques, à la "francophonie" (un terme politiquement correct pour dire black), etc.

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L'architecture au fil de l'eau

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Pont Rives créatives, c'est le bien joli titre donné à l'exposition qui sera inauguré prochainement à la Cité de l'architecture, au Palais de Chaillot. L'idée est de montrer que les voies fluviales sont aussi des espaces de création, de mise en scène et d'oeuvres d'architecture. On y découvrira les réalisations de la VNF, la maîtrise d'ouvrage des voies navigables de France. C'est l'occasion d'un petit voyage sur tout le territoire national, depuis la passerelle de Marc Mimram sur le Rhin, en passant par les bâtiments conçus sur le Canal du Rhône par Le Corbusier. On croisera donc des figures emblématiques de l'histoire de l'architecture moderne.

C'est aussi une exposition qui permettra de mieux comprendre les contraintes et les limites d'un espace mal connu et difficile à maîtriser. Depuis la passerelle, en passant par le pont ou le tunnel, le thème du passage d'une rive à l'autre porte aussi en lui le symbole du passage vers la modernité. Les ouvrages présentés sont très diversifiés et sont également de nature artistique, comme l'intervention de Jeppe Hein dans le Doubs. Une table ronde sera aussi organisée à l'occasion de cette intéressante manifestation.

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Bouh! Paul Toupet

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Paul_toupet09 Bienvenu au Pays des Merveilles (désenchantées). Bienvenu dans le monde de Paul Toupet. Paul Toupet est un drôle de rêveur, un conteur d'histoires flippantes. C'est un sculpteur dont l'oeuvre chamanique et enfantine peut étonner. Ses lapins ont des têtes de poupées vaudous qui ne rassureraient pas le premier enfant venu, c'est moi qui vous le dit, mais n'auraient pas déplus aux surréalistes. C'est un jeune artiste, qui a encore moins d'une trentaine d'années, mais le travail autour de la représentation des corps l'occupe déjà depuis de nombreuses années. Ses poupées n'ont rien à envier à celles de Bellmer. Elles me font tout aussi peur, en vomissant leurs tresses ou avec leurs robes déchirées. Ces objets, qui sont issues de la récupération, ne sont pas sans histoires. Elles sont porteuses d'un vécu enfouies en elles, comme des petites filles abusées et qui ne pourraient pas témoigner de leur traumatisme. 

Toute cela a l'air un peu macabre, j'en conviens. Mais les travaux de Paul Toupet trouvent une résonance dans le monde actuel nous nous sommes un peu comme des fantômes d'êtres humains. Y qu'a voir la tronche des gens dans le métro le matin (et dont je fais partie d'ailleurs, ndlr). Toupet est également un jeune décorateur et il réalise régulièrement des décors pour des scènes de théâtre ou des pièces.

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Mélik Ohanian

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Melikohanian Melik Ohanian est un photographe lyonnais habitant à Paris. Né en 1969, il produit des photographies vraiment évasives, empreintes d'une grande et sereine poésie de la nature. J'aime son travail qui me fait voyager dans les airs, pour ne pas dire dans l'espace du réel. On est entre le ciel et la terre, du moins dans sa série des Selected Recording. Cet artiste est une figure montante de l'art contemporain, il a notamment bénéficié d'une exposition personnelle au Palais de Tokyo en 2002. Inspiré par l'image cinématographique (son père était photographe indépendant et caméraman), Mélik Ohanian joue de ce rapport entre l'individu et son milieu, entre l'individu et la société. Figure du passeur, il est un montreur de réalité.

On ne saurait vraiment dire si ses photographies nous racontent ou non une histoire. Sans véritable contenu narratif, elles ne sont pourtant pas dépourvues d'empreintes et de résonnances avec la vie de tout à chacun. Il faut dire que certains clichés s'inscrivent dans des contextes soci-culturels précis, comme les grèves des dockers du port de Liverpool par exemple. Ohanian utilise également la vidéo pour concevoir ses projets artistiques, en multipliant l'image, il parvient à la création de scénographies qui sont bien plus que des ambiances. L'image que vous vouyez est ce qu'il avait présenté à la Biennale de Lyon 2006, Seven minutes before, une projection en décalée sur 7 écrans contigus.

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Cai Guo Qiang

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Cai On entend pas mal parler en ce moment d'une star de l'art contemporain : Cai Guo Qiang. Je sais, c'est imprononçable. Cet artiste d'origine chinoise, né en 1957, sera l'orchestrateur artistique des jeux Olympiques de Pékin, cet été. Surtout, ses oeuvres et ses dessins se vendent plusieurs millions d'euros sur les grandes places financières de l'art. En ce moment, Cai Guo Qiang peut se vanter d'être le roi de New York où le Musée Guggenheim lui consacre une rétrospective. La classe. Lion d'or de la Biennale de Venise en 1999, cet artiste installé justement à New York met en place un langage conceptuel en faisant usage d'une pluralité de médiums. Le dessin et la photographie notamment.

Ses oeuvres ssont souvent explosives, au sens premier du terme d'ailleurs. Il a notamment iventé une technique spécifique consistant à utiliser de la poudre à canon pour dessiner sur papier. Mais ce créateur a surtout fait parler de lui en réalisant des grandes installations in situ, des mises en scène extérieures qui en apellent parfois à l'imaginaire extraterrestre et font rêver. Cette grande expsoition réunira pas moins de 80 de ses oeuvres, depuis les années 1980. Précisons enfin que le titre de l'exposition I want to believe plonge déjà dans l'univers d'un rêve qui colle à la réalité.

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Samuel Rousseau et l'ironie joyeuse du quotidien

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Upinarms09_thumb Samuel Rousseau, artiste contemporain d'une trentaine d'années, est un blagueur. Il aime bien détourner les objets quotidiens de leur fonction première. En magicien, il leur redonne une nouvelle vie, souvent plus follichonne que la première. Passer d'un rayon de supermarché, à une poubelle, puis à un atelier d'artiste, un musée ou une collection d'art contemporain, c'est un parcours remarquable pour une bouteille en plastique. Ce que j'aime bien, c'est le coté expérimentateur de cet artiste, son goût pour le touche-à-tout. "Je reste dans la surprise", aime-t-il expliquer tout simplement. Une belle façon de voir la vie, et avec laquelle on ne s'ennuie jamais.

J'aime bien aussi une série réalisée par Samuel Rousseau à partir des ouvrages pour dames, ces travaux d'aiguilles considérés comme ringards. L'artiste donne une autre vue sur ces objets sans fonction, mais pas sans âme et qui raconte une histoire, peut-être surtout l'histoire de la latence et de la patience qu'il aura fallu pour les réaliser. Le motif importe moins que le petit drame qui  se joue derrière eux. Ironie poétique, tel est le programme réjouissant de samuel Rousseau.

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Les conférences de Pompidou

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

H_4_ill_699932_05101624_debordx1p1_ Très sympa et intéressants sont les cycles de conférences que propose le Centre Pompidou, sous la forme ludique du concept Un dimanche - une oeuvre. Un artiste, un conservateur, un écrvain ou un critique d'art sont invités régulièrement à porter leur regard sur une oeuvre appartenant aux collections du Musée National d'Art Moderne. Parfois, l'oeuvre choisie est musicale, choisie parmi celles de compositeurs familiers de l'Ircam. Voici les deux rendez-vous qui s'annoncent : le 3 fevrier, l'historienne de l'art Sophie Delpeux commentera une oeuvre de Rudolf Schwarzkogler, Action 3, Vienne, Summer 1965. Ce fut un adepte du body art, mort à l'âge précoce de 29 ans. Performer, il a réalisé des mises en scène franchement macabre. Ca me fait penser à Gina Pane. Personnnellement, ce genre d'art n'est pas du tout de mon goût car je n'aime pas la masturbation morbide de la psyché. Mais tout est intéressant et peut inviter à réflechir sur ses goûts supposés et ses limites

Le 10 février, le critique d'art Yan Ciret commetera une oeuvre de Guy Debord, Guide psychogéographique de Paris, datant de 1957. Proche de l'esprit dada, Debord a participé à la fondation de l'Internationale Situationiste. Accusé d'avoir participé à l'assassinat de l'un de ses amis, il avait beaucoup suscité la polémique et adoptait une attitude volontairement provocatrice. Nous écouterons ces deux conférences avec un grand plaisir mêlé d'intérêt et de curiosité.

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Harro sur Arroyo

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

Gris_2 C'est vrai que la peinture est comme une forme de récit mis en image. Le pinceau est-il un outil tellement différent du stylo, dans le fond? L'idée que la peinture est d'abord quelque chose de littéraire est avancée par le peintre Eduardo Arroyo, un artiste contemporain espagnol né en 1937. Ses études de journalisme ne sont peut-être pas étrangères à cette façon d'aprréhender l'expression visuelle. Selon Arroyo, il est clair que l'artiste a quelque chose à dire dans la société où il vit. Dans les années 60, Arroyo fait partie du groupe de la Figuration narrative. Il fut surtout un artiste très engagé politiquement (ici encore, la force des mots et le choc des images).   

Expulsé d'Espagne après avoir milité conte la politique de caudillo, il a d'alleurs obtenu le statut de réfugué politique en France dans les années 70. Heureusement, la mort de Franco lui a permis de renouer des liens avec son pays d'origine. Durant toute sa carrière, Arroyo n'a pas hésité à tirer le portrait au grand dictateurs de l'époque moderne, des hommes qui étaient aussi des orateurs. C'est une façon d'exprimer la force de l'image, d'exalter la puissance des formes. Arroyo est aussi sculpteur et a conçu également des édcors de théâtre et écrit deux récits.

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Bologne est fière!

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Artfirst Y pas pas que les grands qui rêvent..Bologne aussi a droit à sa grande foire d'art contemporain. Non mais! C'est vrai quoi, on connaissait Paris, Bâle, Miami... En réalité, cela fait de très nombreuses années que la ville italienne possède une foire, nommée Artefiera Art First. On en est quand même à la 32e édition. Mais désormais, la ville veut lui donner une dimension internationale...et les retombées économiques qui vont avec, pardi. A Bologne, vous retrouverez cette année entre le 24 et 28 janvier pas moins de 200 galeristes qui présenteront bien sûr les sempiternels vedettes de l'art contemporain, dont la plupart sont morts rapellez-vous comme Lucio Fontana. Faut pas confondre art vivant et art contemporain, dans le fond.

Ya quand même une petite nouveauté intéressante : le fait que Bologne ne se contente pas d'une foire sous chapiteau mais fait rayonner l'évènement dans tous les lieux culturels de la ville, autant dans ses musées que sur les sites historiques. Voilà qui aura fini de vous convaincre, si tenté que l'on ait besoin de convaincre qui que ce soit de partir 4 jours en Italie.

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