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La figuration narrative?! Yes.

Par Claire Maingon | (22) Commentaires | Permalink

8726 J'ai visité cette après-midi l'exposition des galeries Nationales du grand Palais. Pas celle sur Marie-Antoinette, non, l'autre. Celle consacrée à la Figuration narrative, 1962-1972. Je dois dire que les critiques n'étaient pas très engageantes. Un contenu supposé pauvre, un parcours mal fait, des oeuvres de moyenne qualité. Eh bien, je ne partage pas du tout cette opinion. J'ai trouvé cette exposition très bien conçue, actuelle, et reposante...c'était peut-être lié au fait que les visiteurs ne s'y pressent pas bicause la figuration narrative, c'est a priori pas très vendeur pour la RMN. Et bien, je ne sais qui l'on doit féliciter pour ce petit risque, mais c'est une réalité. Ca change des expos à gros business dont on nous gave toute l'année. Et cela fait du bien.

Revenons aux artistes. Erro, Arroyo, Télémaque, Fromanger. Tout ce groupe qui ressemble à un collectif multiculturel, équivalent du pop art américain, est réuni. Mention spéciale à leur attentat contre Marcel Duchamp, qu'ils détrônent dans une suite de toiles à l'accent meurtrier. Et en ce qui concerne le meutre (de l'image de soi?), on retiendra le bel accrochage des oeuvres de Monory, toujours bleues et miroitantes. Une salle entière est consacrée à la revisitation des sources classiques par ces artistes, et une autre importante sur leur engagement politique. N'avaient pas la langue dans leur poche, nos amis du retour à la figurtion. Surtout, on comprend bien leur riche singularité par rapport aux américains, qu'ils ne plagient pas, et leur engagement dans le quotidien et la dérision à l'heure où l'excellent Yves Klein avait brulé de ses derniers feux des pensées plus métaphysiques. J'ai énormément apprécié le contenu et la scèénographie de cette expo que je vous recommande, carrément.

Image : une toile de Fromanger

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Serra, serra pas?

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

Richardserra_marilynmonroegratagarb Je sors tout bonnement du Grand Palais qui ouvrira ses portes dès demain pour présenter sa Monumenta. L'invité, cette année, est l'artiste américain internationalement célèbre Richard Serra. Monumental, pour une monumenta, on n'en attendait pas moins. Surtout de la part de ce sculpteur du gigantesque, qui travaille depuis plusieurs décennies un matériau spécifique : l'acier. On se souvient bien sûr de la polémique qui avait entouré, en 1983, l'installation de Clara Clara au jardin des Tuileries. Il s'agissait de deux grandes plaques d'acier, arrondies, qui créaient une sorte d'espace en courbes à la limite du déséquilibre. C'est ça qui est bon, avec Serra, cette impression que nous sommes sur la Grande Roue. Ca donne le vertige.

Pour revenir au Grand Palais, je dois dire que j'ai trouvé cela très réussi. D'une part, parce que l'espace est grandiose et que l'artiste a su brillamment tirer partie du minimalisme des lieux, de sa clarté, pour proposer une promenade à la fois poétique et très terrienne. On ne sait plus bien si l'identité du sculpteur s'efface ou se matérialise puissamment dans ce vaste jeu de cinq plaques verticales, ancrées dans le sol, et qui sortent du béton comme autant de portes vers des dimensions inconnues. Genre 2001, l'Odyssée de l'espace, si vous voyez ce que je veux dire. Et les jeux d'échelle, les effets de perspective sont troublants et très beaux. J'ai beaucoup aimé.

Image : une oeuvre de Serra présentée à la Akira Ikeda Gallery

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Cabrita Reis joue avec l'espace

Par Claire Maingon | (6) Commentaires | Permalink

Pcr2005_4 Depuis hier (2 mai), on peut découvrir le travail de l'artiste contemporain Pedro Cabrita Reis entre les murs de la Galerie Nelson, à Paris. Ce portugais est connu dans le milieu pour ses installations très minimalistes, qui entetiennent un lien très fort avec l'architecture. Ses constructions faites avec des matériaux récupérés et néanmoins industriels (comme les néons) mettent en exergue l'espace qui les entourent ou qui les habitent. C'est à la fois efficace et prenant, sans trop-plein mais plutôt dans la confrontation de l'objet avec l'environnement, puis du spectateur avec les mêmes éléments. Il n'y a pas de volonté, chez Reis, de remplacer quelque chose de manquant. Plutôt sans doute de souligner, par l'installation-achitecture, la place de l'autre, la part du vide ou de ce que nous considérons comme le rien. Ce rien qui est en fait chargé d'espace et d'air. 

Ce qui est amusant, justement, c'est que confrontés à ces créations, nous sommes comme en plein-air, comme dans un paysage qui sera dessin d'archi. C'est assez propice au recueillement et à un sentiment cerctain de sérénité. Voilà qui réconcilie avec l'art de l'installation contemporaine. Et ce n'est pas sans raison que cet artiste a été de nombreuses fois primé et représenté son pays dans les plus grandes foires d'art internationales (Biennale de Venise en 2003).

Illustration

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Baudet expose Guerrant

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Fba8_1 Eric Baudet, galeriste au Havre, a bien exprimé l'attitude du peintre Roger Guerrant devant la nature, qu'il a prise "à bras le corps, tentant de désespérement de l'enlacer dans une folle étreinte". On sent l'ambition d'un combat sans essouflement dans cette façon que cet artiste né en 1930 a eu d'appréhender son environnement et le motif. Ce n'est pas la première exposition qu'Eric Baudet, qui adécouvert Guerrant dans sa jeunesse, organise de lui. Cette nouvelle est dirigée au travers de cinq axes majeurs : les ports, les falaises, le nu, les arbres et la végétation et les oiseaux. Travailleur sans relâche, Roger Guerrant explose dans cet ensemble qui montre la force de son expression figurative, très empâtée et comme empressée. L'artiste avait coutume de dire qu'il n'avait pas de temps à perdre. 

Cette façon de travailler, de peindre, de façon très spontanée ne révèle pas moins un talent à saisir patiemment la nature. Les paysages de neige, notamment, sont presque abstraits - abstraits du réel. Comme la neige est elle-même une expression si immatérielle de la nature. Les falaises exprimées par le peintre ont aussi quelque chose de démesurément obsédants. Elles peuvent évoquer certaines toiles de Nicolas de Staël.

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L'exploration basserodienne du réel

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Hw7 Lyonnais d'origine, Basserode est un artiste au mode expressif intrusif. C'est pourquoi il avait figuré peut-être dans l'exposition Intrusions au Petit Palais l'année dernière. Inspiré par les cultures de l'ailleurs, fasciné par les objets et les formes, il livre son imaginaire peuplé de personnages hydrides et comme trasnfigurés. Par la douleur ou par la mort, on ne sait trop de quel monde à quel autre monde ils passent et trépassent. Ses dessins sont intéressants. Pleins de spontanéité, comme une écriture automatique dessinée et sans repentir. Mais l'univers de Basserode est large. Il se livre à toutes sortes de distorsions autour de l'idée que l'on pourrait se faire de la réalité, qui devient peut-être - de fait et à cause du regard porté - plus réel.

Photographe, plasticien, Basserode travaille aussi sur le principe de l'installation, poncif de l'art contemporain. Attiré par la thématique toujours si proche et si lointaine de la mémoire, il avait notamment livré un bateau-mémoire exposé au FRAC de Marseille en 2005. Comme un vaisseau fantôme, construction enfantine, qui mène vers d'autres rivages, d'autres pensées, d'autres mentals.

Accroche

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Leçons de jolies choses par Delphine Leviste

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Leviste2_3 "Mes peintures sont des palimpsestes dans lesquels on entre par le biais de distorsions spatiales, d'inserts, de repentir".C'est ainsi que l'artiste Delphine Leviste nous fait entrer dans son univers, dans son histoire. Une hitoire d'art, comme se plait à la définir cette femme peintre qui est un beau talent d'aujourd'hui. Son oeuvre est actuellement présentée au Musée des Papillons, à Saint-Quentin. Je trouve ses oeuvres très poétiques, pleines de douceurs qui nous envoient dans un monde onirique et réel à la fois. Inspirée par Ernest-Pigon-Ernest, Delphine Leviste revendique aussi l'héritage d'un Fragonard. Amoureuse de la nature, elle puise ses sujets tout à la fois dans son imaginaire personnel et dans le monde floral qui l'environne. Ses oeuvres sont des collages qui mettent en scène des incestes, sur des fonds intemporels faits d'aquarelles, de bois, et toutes sortes de matières. 

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Journiac et autre pénis

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Journiac2 C'est un avis très personnel, que vous êtes bien sûr invités à démentir si votre sentiment est contraire au mien. Il n'y a rien à y faire. Je n'apprécie pas toute l'oeuvre de Michel Journiac. Je constatais cela en regardant une de ses oeuvres exposée en ce moment à Art Paris, grande foire d'art contemporain au contenu pas inintéressant. Créateur de l'art corporel, Journiac n'est d'ailleurs plus de ce monde - pas très à propos dans une foire d'art contemporain. Enfin! Il n'est pas le seul mort convié à la fête. Cet artiste emblématique du Body Art est surtout célèbre pour ses performances des années 60-70, et notamment Messe pour un corps où il convia une assemblée à communier autour d'un boudin réalisé à partir de son propre sang. Perso, l'émotion que cela suscite en moi est surtout un dégoût un peu obscène. Remarquez que c'était peut-être le but de l'opération. Suis bon public finalement. 

A Art Paris, on peut voir une sote de marianne à trois corps, pourvue d'un pénis moulé semble-t-il sur nature. Celui de Journiac? Pas inintéressant au demeurant. Mais cela est une autre histoire, me direz-vous. Et vous avez raison. Je ne trouve pas l'oeuvre de Journiac insignifiante, bien au contraire, elle me semble trop facilement signifiante. Et c'est ce qui me dérange, je crois.

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Femmes de Bastow

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Bastow_lost_in_translation_copy La galerie Alain Blondel présente actuellement l'oeuvre d'un très bel artiste, le peintre Michael Bastow sous le titre de "Icônes et autres re-créations". Recréations autour de l'imaginaire de la femme, femme offerte mais sauvage, à l'ambiguité d'un Balthus, à la préciosité d'un Gustave Moreau. On les sent à la fois vénéneuses et femmes-enfants, troublantes dans les formats verticaux qui sont ceux de Bastow. Dessinées au pastel sous une main conduite par ce que l'on imagine être un mélange de désir et de curiosité presque enfantine, ces êtres ont quelque chose de sacré dans l'expression de leur féminité très contemporaine. D'ailleurs, l'artiste avait entepris il y a quelques années le décor d'une chapelle dans le Vaucluse, inspiré par les fresques des églises byzantines.

Recréations aussi parce que les oeuvres exposées sont justement dans la continuité du travail entrepris par Bastow pour cette chapelle, sur le thème des 7 âges de la femme. Faite de collages et de superpositions de pastels, elles sont comme des émanations divines et un peu surnaturelles, dont la nature est pourtant bien terrienne. Artiste d'origine anglaise, Michael Bastow éblouit par sa technique très personnelle. Son passage dans le monde du cinéma n'est peut-être pas étranger à cette fascination pour la mise en lumière de la femme, starifiée ou déifiée.

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André Maire et Paris

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Andremaire Ce n'est pas sans tristesse que nous verrons bientôt les rideaux se baisser sur les vitrines de la galerie de notre amie Raymonde Duval. Celle qui anime les allées du Palais Royal depuis plus de vingt ans rend les clefs. Mais avec le sourire, comme toujours. C'est une nouvelle vie qui commence! A cette occasion, elle vient d'inaugurer une très belle exposition de son artiste de prédilection : André Maire. Maire, vous le connaissez, c'est ce beau peintre voyageur dont nous avons déjà parlé sur le blogart. Seulement, ici, c'est d'autre chose qu'il s'agit, d'une facette méconnue de cet artiste au talent sensible et exotique : des vues de Paris. Oui, l'imaginaire d'André Maire s'est aussi nourri des bords de Seine, du Louvre, des jardins de la capitale.

Comme à son habitude, il a principalement livré de grandes sanguines et de grands fusains, au tracé architectural et jouant avec les effets d'estompage. Il y a de très belles pièces qui permettent d'enrichir notre connaissance de cet artiste défendu depuis si longtemps, et avec raison, par madame Duval. Merci Raymonde...

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Laurent Grasso à l'emporte vent

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Laurent_grasso Parmi les bons artistes contemporains français trentenaires, on compte Laurent Grasso. Né en 1972 à Mulhouse, il a depuis son atelier à Paris. Membre de dream team de la galerie Chez Valentin, il est un plasticien vidéaste. ON peut notamment apprécier ses projections imaginaires et un éthérées de nuages, ces formes immatérielles et insaisissables qui renvoient au passage du temps. Comme des ilôts lointains et éphémères, les nuages sont pris dans l'espace de la projection. Existence par et pour elle même, sans raison ni but, le nuage nous projète dans un monde cosmique et universel. La caméra, entre ses mains, est plus la prolongation de l'esprit que de la main.

Dernièrement, Laurent Grasso a participé à de nombreuses expositions collectives intéressantes comme Antidote, aux Galeries Lafayette en 2006. Il expose largement son travail aux quatre coins du monde. Son oeuvre n'est pas tant phénoménologiques, elle me semble plutôt de nature métaphysique. C'est un artiste dont l'oeuvre révèle sans doute une forme de modestie de tempréament, et une constance salutaire dans le monde de l'art contemporain qui apparait parfois comme brillamment superficiel.

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