L'Iran, de Paris à Bruxelles
Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink
L'Iran est à l'honneur des cimaises, à la fois à Paris où est présentée une remarquable exposition autour de l'art safavide au Musée du Louvre, et à Bruxelles où les musées royaux ingaurent une manifestation autour des arts anciens de Gilgamesh à Zénobie. Le Proche-Orient est une extension du monde antique occidental que nous ne connaissons pas tant que cela. Pourtant, l'importance de ces sites (Palmyre notamment) en font des trésors de l'archéologie et du patrimoine mondial. Ainsi, il apparait absurde de penser l'occcident sans l'orient. C'est le propos développé dans cette expositon bruxelloise. Vous y découvrirez de très beaux objets, en particulier des bronzes du Luristan.
Les collections belges sont riches d'objets anciens en provenance de l'Iran, ce qui explique cette exceptionnelle réunion de matériel artistique. L'exposition estconçue de façon à la fois didactique et très scientifique, avec des sections apr thèmes et par régions qui permettent de comprendre un peu mieux la géographie et la apénétrations des cultures dans cette pértie du monde qui nous est à la fois proche et lointaine.
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Histoire de l'art
Hans Silvester et les visages de l'Afrique
Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink
Hans Silvester est un photographe mondialement connu auquel le Musée de l'Hôtel-Dieu, à Mantes-la-Jolie, consacre une exposition. Né en 1938, Silvester a silloné les continents pour rapporter des images sans fioriture mais d'un grand pouvoir d'attraction esthétique. Ce n'est pas pour rien qu'il a si souvent été commandité par le magazine Géo pour des reportages photos. Ces dernières années, son oeil a parcouru les terres d'Afrique en quête de ce mélange entre regard humaniste et artiste. En 2003, Silvester était en Ethiopie où il est parti à la rencontre de tribus isolées. Dans cet environnement lointain et originel, il s'est imprégné d'une culture traditionnelle qu'il restitue au monde par ses photographies. Témoin de l'histoire, il devient passeur d'une sensibilité, d'un vécu, de croyances ancestrales.
Les visages des jeunes hommes de ces tribus du confin de l'Afrique éclatent en harmonie de terres. Mettant en valeur les corps peints, le photographe livre autant un travail sur la forme que sur le fond. Entre sophistication et simplicité, ces clichés remarquables avaient déjà crée l'évènement au festival Visa pour l'image de Perpignan en 2006. Par ailleurs, tant qu'à faire, le musée de Mantes-la-Jolie adjoint une présentation de masques du Gabon. Ces objets rituels et fascinants sont une des formes privilégiées d'expression de la figure humaine. A ne pas manquer.
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Photographie
Réfléchir sur le musée
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Voilà un cycle de conférences et de colloques qui intéressera les passionnés de muséologie: L'Etat et le musée : architecture, politique, destins d'oeuvres. On peut y assister jusqu'au 17 décembre à l'auditorium du Louvre. Il s'agit d'une réflexion de fond sur la nature et la fonction muséale, comme l'indique le programme très complet et qui nous rapelle que "longtemps vitrine du pouvoir, et par vocation lieu de partage des oeuvres et du savoir, le musée évolue ets e recompose sans cesse". Le 8 décembre, il y aura le grand colloque sur "les dépots de l'Etat au XIXe siècle: politiques patrimoniales et destins d'oeuvres". Et puis, tous les lundis, des cycles de conférences très intéressantes à 12h30 autour de la commémoration du 150e anniversaire de l'achèvement du Louvre de Napoléon III. Par exemple, le 10 décembre, on pourra venir écouter l'intervention d'un conservateur du MOMA sur l'architecture de Paris et le style Napoléon III.
Et le 17 décembre, l'intervention d'Anne Pingeot sur le thème de Propagande et sculpture. Le Louvre de Napoléon III.Voici donc un très beau programme en perspective à un prix tout à fait raisonnable de l'ordre de 5 euros par conférences, et il y a de nombreux tarifs réduits.
Voir aussi : Actualité | Histoire de l'art
H.S. au MAMVP
Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink
C'est vrai qu'elle a un nom imprononçable, Hélène Schjerfbeck (1862-1946). Et pas facile à écrire non plus, d'ailleurs. Faut dire qu'elle est d'origine finlandaise. Je vous en parle car l'oeuvre de cette dame, franchement inconnue en France (hormis pour les spécialistes de l'art moderne finlandais peut-être), fait actuellement l'objet d'une exposition au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Et les retours sont excellents. C'est un univers complètement personnel et assez obsessionnel que celui d'H.S (pour éviter les fautes de frappe, ndlr.). Venue se former à Paris dans les années 20, comme tout bon artiste indépendant qui se respectait, elle passa pourtant le plus clair de sa vie en recluse, à une cinquantaine de kilomètres d'Helsinki. Dans cet isolement, elle parvient malgré tout à livrer une peinture nourrie des avant-gardes, libre mais matinée d'une pudeur, d'une douceur très unique. C'est peut-être cette fameuse lumière du Nord qui change tout.
On peut avoir le sentiment que l'oeuvre tourne un peu sur elle-même, du fait de cette réclusion d'H.S. Mais ce qui est vraiment saisissant est sa série des autoportraits qui nous montre une femme, sans fards, plus elle-même que nous ne pourrions jamais envisager de nous révéler à l'autre. Autrement dit, on ressent un petit choc devant cette audace très fine et intime, qui montre le visage de la mort mêlé à celui de la vie, et peut-être, à une forme d'alinéation. L'exposition mérite ne serait-ce que pour cette série, assez extraordinaire. Jusqu'au mois de janvier.
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Peinture
Saint Michel va bien, merci
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Tout le monde est content : les amoureux de sculpture du 19e siècle, les amateurs de Frémiet et les habitants du quartier de la Fourche. L'archange du Campanile de l'Eglise-saint-Michel des Batignolles, flambant redoré, est de retour au sommet. Cette oeuvre de Frémiet avait été remisée depuis 1990 où elle végétait dans une réserve, comme sans doute bien d'autres oeuvres d'art architecturales de Paris d'ailleurs. Cette sculpture avait été frappée par la foudre dans les années 1980, ce qui explique son démontage, mais il aura fallu bien des années pour que sa restauration soit effective et suivie d'effet. Encore une fois, c'est grâce à la pugnacité d'une association de riverains que le projet a enfin trouvé une issue favorable et concrète.
Cette oeuvre reprèsente l'archange Saint-Michel terrassant le dragon. On peut l'interpréter comme une allégorie du triomphe du bien sur la mal. Ce sera l'occasion aussi d'entendre, peut-être, parler un peu plus de Frémiet, beau talent animalier qui est présent à plusieurs reprises dans la capitale, notamment par la Jeanne d'Arc outrageusement récupérée à des fins politiques par le Front national. Sachez enfin, chers lecteurs, que Frémiet est aussi l'auteur de celui qui trône au Mont-Saint-Michel!
Les couleurs de l'Italie...des 17 et 18e siècles
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
A son origine, le Musée départmental de l'Oise possédait une très belle collection de peintures italiennes modernes. Ces toiles avaient été décrochées des murs au moment de la réfection du musée. Mais cela est de l'histoire ancienne, si l'on peut dire, car les salles ont adopté une nouvelle splendeur sobre et scénique qui sied bien à ces oeuvres d'art exceptionnelles. Pour fêter l'évènement de la réouverture, le Musée a organisé une exposition intitulée Couleurs d'Italie. Il s'agit des toiles réunies depuis les années 1960 par l'ancienne conservatrice du Musée. Le panorama balayé par cette collection publique est large puisqu'il va des écoles italiennes dans l'émulation du Caravage aux courants baroques. Autant dire, une partie essentielle de l'art italien et qui n'est pas le moins hermétique au grand public.
Cette exposition temporaire offre une regard neuf sur ce pan de l'histoire de l'art moderne des 17 et 18e siècles. Ouverte à partir du 24 novembre, elle se tient jusqu'au mois de mars.
Image : Carvage, Le sacrifice d'Abraham
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Histoire de l'art | Peinture
Le quotidien autrement : deux regards croisés
Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink
Autre exposition de photographies contemporaines en ce moment au centre culturel canadien: celles de Lisa Klapstock et de Paulette Phillips. Entre art vidéo et art photographique, leur travail sur l'image n'est pas très connu en France. Elles jouissent pourtant d'une réelle notoriété dans leur pays d'origine. Paulette Phillips s'amuse à sonder l'univers du quotidien, ce qui n'est pas si désuet que cela bien au contraire. Car le quotidien, c'est la vie à l'état pur si l'on peut dire, celle à laquelle on ne peut pas échapper. Mieux vaut s'en faire une alliée. L'artiste explore des facettes de notre rapport au monde, comme la déambulation dans une foule, la contemplation d'un paysage. Des choses simples et intimes dans lesquelles chacun peut se retrouver.
Quant à Lisa Klapstock, elle travaille plus précisément sur la foule, ou plutôt sur l'individu dans la foule. cette question ouvre une réflexion sur l'individualisation dans la société de masse, dans la globalisation que nous vivons et subissons. Une nouvelle fois, il s'agit d'installations mêlant photographies et vidéos.
Image 1 : une installation d Paulette Phillips
Image 2 : une image extraite d'un DVD de Lisa Klapstock
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Photographie | Vidéo
Si Versailles m'était conté
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Historique, voilà une bien intéressante exposition que propose en ce moment le château de Versailles sous le titre un peu romanesque de Quand Versailles était meublé d'argent. Mais de quel argent au juste s'agit-il? Il se trouve, mes chers compatriotes, que notre bon vieux Louis XIV s'est allégrement servi du mobilier en argent du château pour financer la guerre contre la ligue d'Augsbourg. C'était sans doute légitime de sa part. Il a sacrifié à la cause de grands miroirs d'argent, des aiguières d'argent massif immenses et autres babioles du même genre. Pas facile, au demeurant, d'exposer des objets qui n'existent plus...(réflexion intéressante pour nos étudiants en muséologie d'ailleurs que cette question).
Malins comme des singes (pas péjoratifs), les conservateurs de Versailles ont demandé à leurs homologues européens de leur prêter des objets identiques ou presque. C'est à Jacques Garcia que la mise en scène à été confiée, en tout point classe et spectaculaire. A travers de ces 150 objets, on redécouvre avec émerveillement quelque chose du faste de Versailles, à l'époque où les nobles dames au talons rouges arpentaient les couloir du château.
Voir aussi : Actualité | Art & Fiction | Expositions & Evènements
Bruxelles fête son Pol Bury
Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink
Moi, j'aime beaucoup les tableaux-objets de Pol Bury que je trouve toujours étranges et astucieux. Bury était d'origine belge. C'est donc souvent à Bruxelles que sont organisées les expositions à son honneur. En ce moment, le galeriste Patrick Derom expose pas moins de 120 pièces créées par Bury entre 1924 et 2004, un an avant sa mort. On peut dire, il me semble, que Bury est un grand nom de l'avant-garde belge après la Seconde Guerre Mondiale. Peut-être aussi important que Arp (mais qui lui était dadaïste et alsacien naturellement, et mort en 1966). Bury s'est intéressé au mouvement, au jeu du mouvement dans l'espace.
Je n'aime pas particulièrement les oeuvres qui datent de sa collaboration au groupe Cobra, marqué par la personnalité d'Alechinski. Je préfère chez Bury tous les reliefs qu'il a élaborés dans les années 1950 et qui sont souvent animés par un petit moteur. Ce qu'il appelait des plans mobiles et qui furent montrés pour la première fois au public en 1955 à la galerie Denise René. Par un jeu de mécaniques invisibles, les éléments sont actionnés et mouvants comme des bestioles. Mais sous un aspect très géométrique, graphique et propret. Ca crée comme un illusionniste, ca brouille les sens d'une certaine manière. Je me souviens d'un relief, présenté au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles l'année dernière, qui comportait des tas de petits bouts de bois agités et grouillants. On aurait dit des vers, mais sans l'aspect rebutant. Ca évoquait la mort, la décomposition mais sans pathos. Intéressant. Le grand public connait parfois mieux Bury pour ses grandes sculptures en métal poli car elle ont parfois été installés dans l'espace urbain (comme dans la cour du Palais Royal, à Paris).
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Sculpture
Que sont devenus les murs peints de l'an 2000?
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
Vous saviez que, pour l'an 2000 (ce qui ne nous rajeunit pas, du reste) la ville de Paris avait commandité à des artistes des murs peints. Ce programme artistique avait confié à 12 artistes, sélectionnés par un jury de professionnels, des surfaces importantes en hauteur, en peu partout dans la capitale, pour y déployer des créations colorées. 12, c'était peu finalement. Dans le 2e arrondissement, c'était le projet de Guillaume Corneille qui avait été retenu par Jean Tibéri qui était alors maire de Paris. Cet artiste d'origine néerlandaise, pote d'Alechinsky et de Télémaque, est une personnalité du groupe Cobra. Plutôt expressionniste et coloré, si vous voyez ce que je veux dire. Le truc, c'est que son mur peint à Corneille, ben il n'aura jamais vu le jour! En réalité, le projet avait soulevé des protestations de la part des riverains.
Du coup, le mur a été confié à Patrick Corillon, un artiste belge qui a déjà été exposé au Palais de Tokyo. L'ensemble est plus discret, c'est sûr, et finalament assez invisible. On y voit une sorte de ribambelle et des ballons imprimés sur le mur, ce qui évoque les jeux de l'enfance au sortir de l'école. Le bon point, c'est l'implantation d'arbustes sur la place, ce qui donne une aération dans un quartier qui manque de végétation. C'est peut-être mieux comme cela, je l'ignore, la manipulation de l'espace public est une question complexe.
Voir aussi : Actualité




