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Cheval mécanique

Par Claire Maingon | (30) Commentaires | Permalink

T02307_8 Peut-on classer dans nos animaliers Raymond Duchamp-Villon, le frère de Marcel Duchamp et de Jacques Villon ? Ben oui, il est l'auteur d'un cheval, non? Un Cheval Majeur. Sur que c'est assez étonnant comme représentation animalière, mais cela mérite réflexion. Bon déjà, on pourra argumenter en disant que Raymond fut un excellent cavalier, avant de perdre trop rapidement la vie au cours de la Grande Guerre. Du coup, ce Cheval est resté son oeuvre la plus emblématique. Elle donne, bien entendu, un sentiment de dynamisme cubisant, de projection vers le mouvement. Mais surtout, ce cheval apparait comme une forme de machine, nouant par là des résonances avec le futurisme italien. J'aime beaucoup cette oeuvre qui n'est pas tant, finalement, l'image d'un cheval que l'utilisation symbolique de la fonction et de la force chevaline comme évocation de l'ère moderne.

Image : Tate, London

Voir aussi : Sculpture

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J'aime Memling

Par Claire Maingon | (73) Commentaires | Permalink

Memling20detail Hans Memling est un peintre fascinant, n'est-ce pas? Cet artiste à l'expression étrange, car elle nous est lointaine, est né en Allemagne en 1440. Mais c'est à Bruges qu'il fit sa carrière, après s'être établi comme de juste dans le quartier des peintres. C'était un peintre très réputé en son temps dans l'ensemble des Pays-Bas, et bien sûr en Italie où sa notoriété a dépassé sa disparition, en 1494. On peut dire de Memling, sans aucun doute, qu'il représente le dernier des grands primitifs flamands. Il fut fortement influencé par l'art de Van Eyck, mais tout cela mâtiné de ses propres influences régionales. L'artiste, comme ceux de ces générations, peignait généralement sur bois. Et, naturellement, ses prédilections allaient vers les scènes religieuses, rapport aux commandes de l'église.

On connait de lui plusieurs chefs d'oeuvre, dont les plus emblématiques sont La Vierge parmi les saints et L'adoration des mages, tous deux conservés à Bruges, à L'hôpital Saint Jean où ils furent déposés dès leur réalisation par Hans Memling. Mais, moi j'aime aussi beaucoup la composition qui se trouve aux Musées Royaux de Belgique, à Bruxelles. Elle représente Le Martyre de Saint Sébastien (voir image ci-dessous), l'histoire d'un saint qui - comme on le sait - vécut en pleine période de persécution des chrétiens à Rome, au 3e siècle. On terminera en soulignant que l'art de Memling, cette expression faite de douceur et de précision, ne fut redécouvert qu'assez tardivement, à l'instar d'autres maitres de la renaissance qui sont restés longtemps oubliés et peu appréciés avant le 20e siècle. 

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Voir aussi : Histoire de l'art

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L'art contemporain prend ses quartiers à Rennes

Par Claire Maingon | (26) Commentaires | Permalink

Chapeau5643 A partir du 16 mai a lieu une grande biennale, celle des Ateliers de Rennes. Ca change des capitales, mais cela n'empêche pas la présence de noms importants de l'art contemporain. Notamment le photographe Jean Luc Moulène, un artiste dont nous avons déjà parlé dans le blogart. Quelle est la spécificité de cette biennale? Le rapport qu'elle tisse entre l'art contemporain et le monde de l'entreprise. Le mécénat, quoi? Il est vrai que les jeunes artistes doivent beaucoup de leurs subventions et subsistances aux grosses boîtes, plutôt qu'aux pouvoirs publics. Renversement des valeurs qui est en marche depuis quelques décennies maintenant. Cettepremière biennale de Rennes porte l'intitulé de Valeurs croisées, un rien consensuel. Vous pourrez y découvrir les oeuvres d'une soixantaine de plasticiens français et européens: Vimouth, Julien Préveux ou encore Charles Mazé. 

Image : photographie de Jean Luc Moulène, Bleue gauloises bleues, réalisée en 2000

Voir aussi : Actualité

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L'animal Martel

Par Claire Maingon | (35) Commentaires | Permalink

0120 Poursuivons notre amusante série sur les sculpteur animaliers, mais cette fois-ci pour nous plonger au coeur des années 1930. Voyez ce drôle de zozio, c'est une oeuvre es frères Martel. Très art déco, me direz-vous. On ne vous contredira pas. Les frères Martel étaient des jumeaux, Jan et Joël. D'ailleurs, ils sont morts à quelques jours d'écart, en 1966. L'art animalier ne représente en réalité qu'une facette de leur grand talent. Ils ont notamment été les auteurs de monuments commémoratifs de la grande guerre très audacieux sur le plan des formes, dans ce genre qui s'imposait plutôt par son académisme un peu rébarbatif. Ce qui est assez génial, je trouve, c'est ce mélange très réussi entre nauralisme et cubisme, le travail sur la synthèse des lignes et l'architecture des formes.

Les frères Martel respectaient généralement la règle du nombre d'or pour composer des formes finalement très idéalisées. D'ailleurs, il ne semblerait peut-être pas si incongru de qualifier cette sculpture de classique, tant elle semble régie par la perfection proportionnelle et la beauté linéaire des contours. On trouve notamment des pièces intéressantes au Musée de Soissons, dans l'Aisne où ils ont beaucoup travaillé. Il existe également un ouvrage monographique qui présente bien la carrière de ses jumeaux uniques dans l'histoire de la sculpture des années 1930.

Voir aussi : Sculpture

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L'atelier de Montrouge

Par Claire Maingon | (14) Commentaires | Permalink

140505170549martine20franck20biblio L'exposition vient de se clôturer. J'espère que vous ne l'avez pas raté. Ca se passait à la cité de l'Architecture et du Patrimoine, au Palais de Chaillot : L'atelier de Montrouge, la modernité à l'oeuvre (1958-1981). Allez, on vous en veut pas. Petite séance de rattrapage. L'atelier de Montrouge, c'est un atelier associatif qui a donc été crée à la toute fin des années 1950. Il a été formé principalement par trois architectes : Pierre Riboulet, Jean-Louis Véret et Jean-Renaudie. L'équipe, très soudée à ses débuts, a été fortement engagée dans les dabâts politiques et socieaux de son temps. Selon elle, l'architecture devait être un travail collectif, visant à renouveler les téhories de l'architecture contemporaine. La question de l'habitat, mêlée à la question sociale et individuelle, était au coeur de leurs préoccupations.

L'Atelier d Montrouge a véritablement tenté de développer une problématique autour de la synergie entre l'architecture, le milieu urbain qui l'accueille et la contraint, et l'habitant des lieux. Si l'histoire de ce groupe associatif se divise en plusieurs phases (alimentées par les départs du groupe et les renouvellements de problématiques au fil des décennies), il demeure quelques réalisations marquantes telles que la Bibliothèque pour enfants de Clamart, baptisée "la Joie par les livres". On connait aussi ls deux tours de logements de fonction EDF élevés à Ivry-sur-Seine. L'Atelier de Montrouge fut également à l'origine de plusieurs projets urbains monumentaux, tels que la recherche pour la ville nouvelle de Vaudreuil. 

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Image 1 : photo de Martine Franck, la Bibliothèque de Clamart, 1965 (galerie Claude Bernard)

Image 2 : les tours EDF à Ivry-sur-Seine

Voir aussi : Architecture

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François Pompon, animalier moderne

Par Claire Maingon | (21) Commentaires | Permalink

Album6 Revenons à notre belle série sur les sculpteurs animaliers. Je voudrais revenir sur un talent dont nous avons déjà parlé dans d'autres contextes. Celui de François Pompon. Peinte originaire de la côte d'Or, il fait ce lien entre le 19e siècle (marqué par le naturalisme dans la représentation animalière) et l'ére de la sculpture moderne. Pompon fut l'un des praticiens de Rodin, et comme lui, il avait un physique d'artisan. On a peine à croir que sont sorties de ses mains des formes aussi épurées et audacieuses que l'Ours Blanc, son oeuvre emblématique et qui fut le clou du Salon d'Automne de 1922. Ainsi Pompon n'a rencontré la notoriété qu'à un âge bien tardif, plus de la soixantaine. Ce qui motivait le sculpteur, qui prenait lui aussi ses modèles au Jardin des plantes, n'était pas de faire une étude réaliste mais de saisir l'essence du mouvement.

Dans cette démarche, il n'est pas étonnant que Pompon ai été reconnu et admiré par les plus grands artistes modernes des générations suivantes. Il avait pressenti, d'intinct, la nécessité de se délivrer de la mimésis pour tendre vers l'abstraction (dans le sens de soustraire du réel la synthèse des formes). Entouré de son fidèle pigen apprivoisé Nicolas, et de sa chienne Nénette qu'il promenait sur le boulevard Montparnasse, Pompon fut le créateur d'un bestiaire dont l'humour n'est pas absent. Regardez ce génial Lapin. Tout y est. Et nombreux sont les publicitaires à s'être inspirés d'ailleurs de son esthétique formelle. Son oeuvre est intelligente, pleine de précision et de passion. Vous pouvez le découvrir au Musée d'Orsay, mais aussi à Dijon grâce au maire de la ville dans les années 1940, le Chanoine Kir, qui insista pour le versement de cette collection léguée par le sculpteur à l'Etat au musée des Beaux-Arts de la ville.

Reproductionmuseermnstatuelapin20es Image 1  : l'ours blanc

Voir aussi : Sculpture

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Maitre Rogier

Par Claire Maingon | (17) Commentaires | Permalink

419pxphilip_the_good Personnellement, je suis toujours fascinée par les portraits anciens de la Renaissance flamande. Tellement énigmatiques, on ne sait jamais si on est devant des personnages de cristal, des êtres un peu surnaturels ou des vivants. Le traitement des visages est tellement illusionniste, les peux si cristalines que cela confond. C'est ce que le ressens quand je regarde les toiles de Rogier Van der Weyden, un artiste du 15e siècle qui fut un peintre officiel de la ville de Bruxelles. Bien sûr, il oeuvra pour les grandes noblesses européennes, et notamment la dynastie des Bourguignons ou encore les grandes familles italiennes. On lui doit notamment ce beau portrait d'homme, celui de Philippe Le Bon. Né à Tournai, van der Weyden fut appellé "Maitre Rogier", rapport à son prénom et à sa renommée. 

A l'inverse des artistes de la génération précédente, et notamment de son maître supposé 'Robert Campin), notre artiste s'est fait apprécié par sa capacité à introduire plus de sensibilité dans l'art du portrait. Bien sûr, on reconnaitra dans son expression très bluffante l'influence de son aîné Van Eyck. Naturellement, Van der Weyden a travaillé pour l'église en composant de grands retablessur des thèmes religieux comme les descentes de croix. Il est notamment l'auteur d'une oeuvre extraordinaire et parfaitement unique en son genre, un jugement dernier composé de 15 panneaux et destiné aux Hospices de Beaune.

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Image 1 : portrait de Phillipe Le Bon

Image 2 : le retable du jugement dernier

Voir aussi : Histoire de l'art

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La figuration narrative?! Yes.

Par Claire Maingon | (22) Commentaires | Permalink

8726 J'ai visité cette après-midi l'exposition des galeries Nationales du grand Palais. Pas celle sur Marie-Antoinette, non, l'autre. Celle consacrée à la Figuration narrative, 1962-1972. Je dois dire que les critiques n'étaient pas très engageantes. Un contenu supposé pauvre, un parcours mal fait, des oeuvres de moyenne qualité. Eh bien, je ne partage pas du tout cette opinion. J'ai trouvé cette exposition très bien conçue, actuelle, et reposante...c'était peut-être lié au fait que les visiteurs ne s'y pressent pas bicause la figuration narrative, c'est a priori pas très vendeur pour la RMN. Et bien, je ne sais qui l'on doit féliciter pour ce petit risque, mais c'est une réalité. Ca change des expos à gros business dont on nous gave toute l'année. Et cela fait du bien.

Revenons aux artistes. Erro, Arroyo, Télémaque, Fromanger. Tout ce groupe qui ressemble à un collectif multiculturel, équivalent du pop art américain, est réuni. Mention spéciale à leur attentat contre Marcel Duchamp, qu'ils détrônent dans une suite de toiles à l'accent meurtrier. Et en ce qui concerne le meutre (de l'image de soi?), on retiendra le bel accrochage des oeuvres de Monory, toujours bleues et miroitantes. Une salle entière est consacrée à la revisitation des sources classiques par ces artistes, et une autre importante sur leur engagement politique. N'avaient pas la langue dans leur poche, nos amis du retour à la figurtion. Surtout, on comprend bien leur riche singularité par rapport aux américains, qu'ils ne plagient pas, et leur engagement dans le quotidien et la dérision à l'heure où l'excellent Yves Klein avait brulé de ses derniers feux des pensées plus métaphysiques. J'ai énormément apprécié le contenu et la scèénographie de cette expo que je vous recommande, carrément.

Image : une toile de Fromanger

Voir aussi : ActuArt

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Serra, serra pas?

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

Richardserra_marilynmonroegratagarb Je sors tout bonnement du Grand Palais qui ouvrira ses portes dès demain pour présenter sa Monumenta. L'invité, cette année, est l'artiste américain internationalement célèbre Richard Serra. Monumental, pour une monumenta, on n'en attendait pas moins. Surtout de la part de ce sculpteur du gigantesque, qui travaille depuis plusieurs décennies un matériau spécifique : l'acier. On se souvient bien sûr de la polémique qui avait entouré, en 1983, l'installation de Clara Clara au jardin des Tuileries. Il s'agissait de deux grandes plaques d'acier, arrondies, qui créaient une sorte d'espace en courbes à la limite du déséquilibre. C'est ça qui est bon, avec Serra, cette impression que nous sommes sur la Grande Roue. Ca donne le vertige.

Pour revenir au Grand Palais, je dois dire que j'ai trouvé cela très réussi. D'une part, parce que l'espace est grandiose et que l'artiste a su brillamment tirer partie du minimalisme des lieux, de sa clarté, pour proposer une promenade à la fois poétique et très terrienne. On ne sait plus bien si l'identité du sculpteur s'efface ou se matérialise puissamment dans ce vaste jeu de cinq plaques verticales, ancrées dans le sol, et qui sortent du béton comme autant de portes vers des dimensions inconnues. Genre 2001, l'Odyssée de l'espace, si vous voyez ce que je veux dire. Et les jeux d'échelle, les effets de perspective sont troublants et très beaux. J'ai beaucoup aimé.

Image : une oeuvre de Serra présentée à la Akira Ikeda Gallery

Voir aussi : ActuArt

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Quand Barye rugit...Delacroix n'est pas loin

Par Claire Maingon | (8) Commentaires | Permalink

A20barye20lion2020serpent Allez tiens, je propose une petite série sur la sculpture animalière. C'est un beau sujet, mais qui demeure finalement relativement méconnu. On a coutume, c'est vrai, d'associer les sculptures animalières à de petits sujets décoratifs, bons à poser sur un rebord de cheminée. Il est juste qu'au 19e siècle, les fondeurs et éditeurs d'art ont beaucoup réalisé de ces ornements, à partir d'oeuvres de Barye ou de Mène. On trouve encore facilement dans les ventes publiques des bronzes de ces deux artistes, dans des fontes d'édition anciennes généralement sorties des fonderies Hébrard. Je voudrais revenir un instant sur ce Lion et le serpent de Barye. Quelle violence, on est bien ici dans l'esprit du romantisme des années 1830. Que d'aucuns appellent la Révolte.

Vous savez bien sur que le Salon officiel de Paris représentait le grand rendez-vous de l'art contemporain. On sait que ceux de 1824 et 1827 ont éclairé par les audaces de Delacroix. En bien, en sculpture le grand salon romantique fut celui de 1831. Et Barye justement d'y triompher. Remarquez aussi le souci néaturaliste du sculpteur pour représenter les animaux. Bien que la scène de combat soit empathique, et théâtrale, l'artiste veut respecter l'anatomie et la précision dans le rendu des pelages et des écailles. Il travaillait d'ailleurs au Jardin des Plantes, dessinant devant les "modèles". C'est un exemple du genre. On peut aussi le rapprocher justement des fauves peints et dessinés par Delacroix sur la même période.

00eba80d7d17594d98532c80b6815768 Ci- contre : une aquarelle de Delacroix

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Voir aussi : Sculpture

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