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François Houtin et le fabuleux

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Houtin06 On parle trop peu de l'art si discret et si sensible de la gravure, et encore moins de la gravure contemporaine. Pourtant, il y a beaucoup à dire, à la fois en terme de technique et d'artistes. Digne héritier de Gustave Doré, beau talent, François Houtin est justement l'un des graveurs de notre époque dont la technique très classique et très belle retient l'attention. Ce paysagiste à l'âme d'un rêveur se consacre à l'art de l'estampe depuis la fin des années 1970. Il a d'ailleurs reçu de nombreux prix importants, notamment le prix Florence Gould en 1986. On peut dire de l'univers de Houtin qu'il est du domaine fantastique, dans cette frontière entre la part du rêve, du conte et du cauchemar. Cela ne fait penser à Edgar Allan Poe. Cela me fait penser aux illustrations, aussi, des fables anciennes et des épopées médiévales.

Jardins de château fabuleux, où nulle âme n'erre. Fôrets un peu lunaires, et très arborées, sombres et mystiques. Voilà de quoi plonger dans de profondes rêveries, un peu comme dans les oeuvres de Leonor Fini. Vous pouvez actuellement retrouver les gravures de François Houtin exposées au Château de Vascoeuil,jusqu'au 15 juin. 

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Voir et écouter l'architecture

Par Claire Maingon | (9) Commentaires | Permalink

150907_cite_architecture16 La cité de l'Architecture et du Patrimoine, sise au Palais de Chaillot, inaugure un nouveau rendez-vous. Il s'agit des séquences d'architectures, qui auront lieu dans l'auditorium, autrefois ancienne salle de la cinémathèque française avant son déménagement. Chaque dernier samedi du mois, vous pourrez assister à une séance de cinéma en relation avec l'architecture et la ville. Cela pourra autant être un long métrage de fiction que plusieurs films documentaires. Les regards seront croisés, proposant un enrichissement de notre approche de l'architecture et de sa mise en valeur. Toutes les trois séances, la programmation valorisera le fonds d'archives de l'INA, si riche. Cette séance à part portera pour titre "le temps des images". On y verra à cette occasion des documents d'archives qui pourront être des entretiens filmés, des émissions du passé.

Pour le samedi 31 mai, vous pouvez donc réserver vos places pour prendre part à ce temps des images. Il proposera le portrait de Bernard Zehrfuss, filmé en 1971 à l'occasion d'une émission qui s'intitulait l'invité du dimanche. Bernard, si tu nous entends...A la suite, le 28 juin, la séance de l'auditorium s'articulera en parallèle de la grande exposition montée par la Cité autour de la Chine. On regardera un film de Jia Zhangke, Still life, qui a reçu le Lion d'or au festival de Venise en 2006 et qui nous emmène dans un voyage au long court, sur le chantier du plus grand barrage du monde. Le tarif unique pour ces séances est bien modique : seulement 4 euros! Donc, on se renseigne sans délai sur le site www.citechaillot.fr

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Quand Van Laer rénova le paysage romain

Par Claire Maingon | (6) Commentaires | Permalink

800pxpieter_van_laer_001 On connait trop peu l'influence du peintre hollandais Pieter Van Laer durant la période moderne. En ce plein milieu du 17e siècle, c'est pourtant autour de lui que se sont rassemblés de nombreux artistes hollandais et flamands à Rome, la ville de toutes les confluences artistiques. Il fut un rassembleur. Né à Haarlem en 1599, Van Laer était surnommé "il Bamboccio", c'est à dire la Poupée de son. Il fut une forme de rénovateur de la peinture paysage, en utilisant les ressources du paysage non pour servir de toile de fond à des scènes religieuses ou mythologiques, mais à de simples scène du quotidien. Autrement dit, il fit usage du décor de la Rome antique et de ses vestiges pour évoquer l'activité de la ville, les marchés, les réunions de mendiants, de forains ou de voyageurs.

Parmi les nombreux élèves de Van Laer, on connait notamment Johannes Lingelbach dont une oeuvre très représentative de cette école est conservée dans les collections des Musées Royaux de Belgique, à Bruxelles. Il fit donc partie de la clique de ceux que l'on surnomma à cette époque les "Bamboccianti", en référence à leur maître et mentor. Il contribua à populariser le genre paysager initié par Van Laer, et cela même bien après que le maître ait quitté Rome.

Cette oeuvre de Van Laer est conservée au Musée de Budapest

Voir aussi : Histoire de l'art

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Schell a regardé New York City

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Simg_5544 J'ai redécouvert les clichés de New York pris par le photographe Sherril Schell. Ils sont très graphiques et très années 1930. J'aime beaucoup ce regard porté sur l'architecture monumentale et industrielle de la ville. Les tirages argentiques confèrent aussi aux prises de vue ce magnétisme devenu historique. On y voit beaucoup les gratte-ciels, ces emblèmes de New York. Quand Schell s'est livré à son exercice photographique, New York était un vrai laboratoire d'expérimentations architecturales, très avant-gardiste. Nous étions dans les années de l'entre-deux-guerres, avec la porte ouverte sur la modernité. Une modernité qui n'avait plus rien à envier à l'Europe. Schell n'a bien sûr pas été le seul témoin de cette époque. On pense plus facilement à Steichen ou à Charles Sheeler.

Les photos de Schell traduisent une vraie euphorie de l'instant présent, mais dans un hallo que je qualifierais de poétique. Poésie du réel, sans parodie, sans exagération. On y sent poindre l'énergie d'une nouvelle ère. On remarque toujours la grande audace dans la façon que l'artiste a eu de pointer son objectif sur l'objet, en captant les jeux de lumière sur l'architecture élancée des buildings. Intrépide, il fut reconnu et admiré en son temps par les connaisseurs. 

Photo

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Mauméjean et la mosaïque de la Butte aux Cailles

Par Claire Maingon | (8) Commentaires | Permalink

File_31900_2 L'autre jour, voilà que je promenais à la Butte-aux-Cailles, vous savez ce coin si charmant près de la place d'Italie. C'était parfaitement agréable, et cela ne faisait à un Montmartre encore canaille, préservé des touristes. Très titi parisien. Mais revenons à l'art, chers lecteurs. Tout cela pour dire qu'on y trouve l'église Sainte-Anne-de-la-butte-aux cailles, une église qui fut achevée d'être construite en 1912. Ce qui m'intéresse, c'est avant tout son décor, un décor qui ne fut cncrétisé qu'à la fin des années 30. Bien sûr, le répertoire iconographique est dédié à sainte Anne et la Vierge, toutes deux célébrées su les vitraux de l'église. L'auteur de ces travaux n'est pas très célèbre, ou ne l'est plus. Il s'agit de Charles Mauméjean, dont le père fut le créateur d'une entreprise de vitraux et de mosaïques dans la bonne ville de Pau dès la fin du 19e siècle. 

Charles était architecte de formation, mais il a développé des capacités créatrices intéressantes qui lui ont permis d'obtenir en outre de très nombreuses commandes à Paris. Il fut notamment à l'origine du décor de Sinte Dominique, ou réalisa encore des éléments décortaifs pour Saint Pierre de Chaillot, toute en béton armé. Les mosaïques de Mauméjean sont d'une très belle qualité, par la finesse de leurs tesselles et de leurs coloris.

Voir aussi : Histoire de l'art

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Bérénice Abbott

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Artwork_images_89028_303862_berenic Dans l'histoire de la photographie, il y a des femmes qui compte. Et parmi elles, on citera bien sûr Bérénice Abbott. Née en 1898, et disparue en 1992, elle était d'origine américaine. Au cours de ses études à New York, elle fit la connaissance de Man Ray ou encore de Marcel Duchamp, venu s'installer aux Etats-Unis avant la Grande Guerre. Elle fréquentait donc des cercles d'artistes plutôt audacieux. Bérénice débarqua à Paris en 1921, soit justement en même temps que man Ray. Ici aussi, elle resta dans le monde des artistes, en travaillant notamment dans l'atelier du roumain Constantin Brancusi. Sans doute une sacrée bonne femme, cette Bérénice. Encore une fois, son parcours va croiser Man Ray dont elle devient l'assistance après tenté sans succès de se lancer dans la danse à Berlin.

Bérénice Abbott est réputée pour ses portraits, des portraits où transparait la sensibilité du modèle, quelque chose d'insaisissable liée au passage du temps sur les visages. A une forme de mélancolie parfois. Mais cette impression est aussi inhérente à la qualité de ces photographies argentiques, développées en laboratoire par ses soins. Bérénice Abbott est aussi célèbre pour son grand projet photographique, qu'elle avait baptisé Changing New York. Elle montrait une ville en pleine mutation, en plein bouillonnement. Pronant l'individualité de la pratique photographique, par opposition au pictorialisme, Abbott avait l'habitude de dire que la photographie "doit marcher d'elle même".

Voir aussi : Photographie

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Sortir avec Manet

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

800pxedouard_manet_004 Tout a peut-être été dit sur la peinture d'Edouard Manet. Vous saviez que le peintre, figure de proue de l'Ecole dite des Batignolles, était mort le jour de l'ouverture du Salon de 1883? Cette année là, il exposait son Bar aux Folies-Bergères, une toile particulièrement intéressante dans ce jeu sur les dimensions de perception du réel dans la peinture. D'ailleurs cette oeuvre a notamment inspiré le photographe contemporain Jeff Wall, qui a revisité cette peinture dans Picture for Women (voir illustration plus bas). Pour revenir à Manet, j'ai toujours aimé cette toile qui nous fait plonger dans l'atmosphère d'un grand cabaret fin de siècle. Nous sommes là, à la place du consommateur, prêt à recevoir votre coupe de champagne servie par la jeune et jolie serveuse. Le jeu des miroirs est troublant. Sommes-nous bien ce type en chapeau haut-de-forme? Sommes-nous le spectateur de la scène? Où se situe le peintre et sommes-nous à la même place que lui?

On sait que Manet fréquentait les lieux nocturnes, les bouges un peu huppés de son temps. Les thèmes de scènes de genre modernes sont parmi les plus intéressantes dans son oeuvre, comme c'est aussi le cas dans la peinture de Degas, con contemporain. Mais on peut aussi préférer ses scènes à l'espagnol, inspiré par la peinture de Goya. Tout dépend de nos goûts. Personnellement, j'aime beaucoup ses toiles qui donnent à ressentir une certaine atmosphère de Paris, de ses débauches, de ses déboires. La toile célèbre dont nous parlons aujourd'hui se trouve bien sûr à Londres, dans la très belle collection de l'Institut Courtauld.

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Voir aussi : Points d'Art

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Camille allume Rodin

Par Claire Maingon | (6) Commentaires | Permalink

Me0000050692_3_1 Bien sûr, les amoureux de la sculpture et de la femme n'oublierons pas d'aller voir la très belle rétrospective Camille Claudel, au musée Rodin. La dernière en date remonte en effet à plus de dix ans. Et puis, le musée Rodin, voilà qui a tout son sens, si tant que l'on ait besoin d'épiloguer encore sur la liaison passionnelle entre le maître et sa jeune élève. Il ressort surtout de l'expo que Camille avait l'âme d'une statuaire bien trempé, des états d'âmes, et un talent singulier. Pas des pastiches de Rodin, non, bien au contraire. Un jeu intime de répondant parfois mais une force surprenante dans la taille du marbre notamment. Camille Claudel fut une virtuose du ciseau et du maillet. Elle est d'ailleurs parmi les rares sculpteurs de son siècle a avoir taillé elle-même, sans nécessairement recourir aux praticiens.

Certaines oeuvres se dégagent de cette rétrospective qui nous fait comprendre, aussi, que l'oeuvre de Claudel est peu volumineuse en terme de pièce. Je pense à Clotho, et sa masse de cheveux, très loin des académies et plus proches des décharnés d'anatomie scientifiques. Je pense bien sûr à ses sculptures taillées dans l'onyx, l'une des pierres les plus difficiles à travailler..Et un buste de Rodin, si emblématique qu'il était devenue le portrait officiel du sculpteur. Certains visiteurs regrettent que l'expo n'ait pas consacré un thème au dialogue amoureux Claudel/Rodin. Mais, c'est l'oeuvre de Camille - et elle seule - qui est ici sur le devant de la scène.

Voir aussi : Sculpture

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Quand Arman piquait sa crise

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

Xf3339arman Et si on parlait un peu d'Arman, ce sculpteur assez génial assosicé au Nouveau Réalisme au coté d'Yves Klein. On parlait de cela aujourd'hui, avec mes étudiants qui ont bien aimé ses Colères, vous savez ce moment où il avait littéralement fait voler en éclat des objets, souvent des instruments de musique comme un accordéon. Complètement kapput, l'accordéon. Ca me fait toujours penser aux colères sans doute terribles de Zeus, il y a quelque chose de tout puissant dans ce geste reproduit par l'artiste. Né en 1928, à Nice, Arman s'est éteint il n'y pas si longtemps, en 2005 à New York. IL a fait donc la jonction avec les grandes figures du POP, dont le Nouveau Réalisme entre bien en résonance. Il n'y a pas à dire, l'ingéniosité et la gestuelle d'Arman ont toujours quelque chose d'audacieux qui laissent rêveurs.

Ce n'est pas tant à la portée de tous de faire violence, dans le respect de soi-même. Il n'y a même qu'un artiste - poète ou plasticien - pour faire cela. Ce pourrait être finalement l'une des définitions de l'artiste, non?

Voir aussi : Histoire de l'art

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Eliane d'Orfond

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

Eliane_dorfondpile_ou_face281_10 Voici que vient de s’achever l’exposition de la femme sculpteur Eliane d’Orfond passage Choiseul, dans le bel espace Cinko souvent loué pour des expositions. Sur les murs de pierres anciennes, les œuvres en terres patinées de noir se découpent avec précision. Les autres reliefs et rondes-bosses sont aussi de pierre, de bois et de bronze. Comment ne pas penser, en regardant ses sculptures, à l’influence des arts primitifs et des grands sculpteurs abstraits de la génération de Jean Arp puis d’Antoine Poncet ? Eliane, une belle femme aux yeux de chats, explique surtout avoir cherché à exprimer sa personnalité et poursuivre un passionnant travail sur la ligne. Elle la traque, elle la capte avec une passion toujours renouvelée. Son parcours a débuté comme architecte d’intérieur après des études à l’Union Centrale des Arts Décoratifs, puis en travaillant dans les ateliers de la DAC où elle apprend les techniques de la taille sur bois et de la fonderie d’art. Cette artiste aime le volume et la masse, le jeu des contours et des formes et propose des sculptures qui invitent à tourner autour.

Elle a d’ailleurs réalisé de nombreuses commandes pour les jardins, un espace où la sculpture trouve une vivance plus organique. L’œuvre d’Eliane d’Orfond révèle sa prédilection pour trois thèmes : les têtes, Icare et les silhouettes. Captivée par le mythe de l’homme volant, elle n’hésite pas à jouer avec les lois de l’apesanteur en suspendant des figures très épurées au bout d’un fil de fer. A la fois ludiques et essentielles, les formes sont abstraites du réel pour parvenir à l’essence du mouvement. On appréciera aussi les séries très décoratives de petites têtes en terre épinglées sur des fonds de toiles vierge, développées en série, comme des bijoux minuscules et ancestraux. Le prochain défi d’Eliane sera de s’attaquer à des grandes tailles de marbre, et d’explorer le thème du poisson, un motif sinueux qui devrait satisfaire son penchant naturel pour la ligne et l’espace.

Image : Sculpture d'Eliane d'Orfond intitulée Pile ou face

Voir aussi : Portraits d'artistes

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