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André Beaudin

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Hbeaudin_redim Le cubisme en a une tripotée d'héritiers, et parmi eux : André Beaudin, un des membres de cette école de Paris d'après 1945 que nous explorons en ce moment dans les "colonnes" du blogart. Ami de Juan Gris - qui n'était pas le dernier des cubistes et peut-être l'un de ses plus beaux talents classiques - cet artiste a cultivé un art fait de rigueur et de verticalité. Sans souci de reproduire mimétiquement le réel,  la peinture se fait libération, tout en respectant l'expression de la nature et le principe cézannien. Représenté sur les cimaises de la galerie Kahnweiler, André Beaudin mérite d'être redécouvert par nos contemporains. Il fut notamment un bel aquarelliste, réputé pour cette expression déliée et joyeusement colorée.

Son oeuvre est très fine, très sensible et pleine de poésie. Le terme de poète a d'ailleurs été fréquemment utilisé par les critiques et les amis de son temps - Eluard notamment. Très bien représenté de son vivant sur la scène artistique internationale, Beaudin est plus communément associé a mouvement fondé par Tapiè sous le nom d'informel. Il ne serait pas inutile qu'un musée parisien lui consacre de nouveau une exposition dans les années à venir, après la rétrospective organisée l'année dernière au Musée de Belfort et qui a donné lieu à la publication d'un catalogue.

Voir aussi : Portraits d'artistes

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Lovis Corinth, le réaliste écorché

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

682pxlovis_corinth_006 Une exposition va s'ouvrir à partir de mardi au Musée d'Orsay. Il s'agit d'une rétrospective consacrée à un peintre que l'on connait peu en France : Lovis Corinth. Plongé entre impressionnisme et expressionnisme, son oeuvre est un exemple intéressant de l'art de la seconde moitié du 19e siècle européen. Prussien, Corinth fit ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Munich avant de venir faire un séjour à Paris, puis de partir pour le service militaire. Il fut également à l'origine de la création d'une école de peinture à Berlin au tout début du nouveau siècle. Sa peinture est assez saisissante, très enlevée et forte d'une touche mouvementée qui n'est pas sans évoquer l'art d'un Kokoshcka par exemple dans certaines toiles.

Réaliste assez objectif, il interprète la nature et le monde du mouvement social avec une verve puissante mais non san poésie. Une poésie du réel qui frappe, assez durement, par opposition aux tendances académiques asceptisées de son temps. L'artiste n'a pas eu une vie facile, souffrant de dépression et d'alcoolisme, il a toujours continué à peindre comme une forme d'exutoire - peut-être- nécessaire à sa survie. A découvrir au Musée d'Orsay jusqu'au 22 juin 2008. 

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Le Guerchin

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

A0633 Peintre italien renommé, Le Guerchin est né il y a bien longtemps, en 1596. Il est mort aussi il y a bien longtemps, en 1665. Son style était original, avec ses empâtements vibrants, ses couleurs chaudes, et les masses bien contrastées d'ombres et de lumières appris au coté de Carrache. C'est son séjour à Rom qui conduit notre peintre à nuancer sa manière violente et son goût pour le dramatique. Il se rapproche alors de l'idéal classique des bolonais. Il fut d'ailleurs le vrai continuateur de Guido Reni, après la mort de ce dernier, en 1642. Installé à Bologne, il poursuivit l'héritage classique. Le Guerchin fut un artiste très productif, avec plus de 250 toiles à son actif. Il eut de nombreuses commandes, et avait notamment travaillé pour le compte du pape, à Rome, où il était demeuré jusqu'en 1623.

Peintre d'abord de sujets religieux, le Guerchin est bien sûr représenté dans nos collections nationales. Au Louvre, vous pouvez admirer Loth et ses filles, une toile datée de 1651 qui met en scène cet épisode pas si moral de l'histoire religieuse ancienne. Le nu de la jeune fille est savoureux, son corps souple par opposition à la musculature sèche du paternel ennivré. L'univers de la peinture italienne ancienne est toujours fascinant. Il nous transporte dans d'autres temps, où la peinture avait déjà vocation à embellir à élèver quelque chose dans l'âme du spectacteur. De la vraie peinure d'histoire.

Voir aussi : Histoire de l'art

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La réussite de Decaris à Caen

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Ardenne1700Je suis actuellement dans un lieu extraordinaire : l'Abbaye d'Ardenne, à Caen. Elle abrite depuis quelques années l'IMEC, qui est l'Institut Mémoires de l'Edition contemporaine. C'est un endroit étonnant, dans ce mélange entre Hi-tech et bâtiments ancestraux. On découvrira, sur le plan architcetural, que cette abbaye date du 13e siècle mais avait été en grande partie détruite durant la Seconde Guerre Mondiale. Il ne reste plus grand chose des éléments du Moyen Age, et d'autant plus que le passage du 19e siècle avait aussi entrainé son lot de destructions. En 1944, l'Abbaye avait représenté un lieu très prisé pour les Allemands car elle était placée stratégiquement. A la fin de la guerre, elle était complètement ruinée.

La reconstruction de cette abbaye avait été placée sous la direction de Marcel Poutaraud juste après la guerre. Cependant, sa véritable renaissance date des années 1990. Les apports d'architecture contemporaine que l'on y trouve - et surtout l'extraordinaire aménagement intérieur de l'église en salle de lecture - est l'oeuvre de l'architecte Bruno Decaris. Le résultat est extrêment réussi, avec une nef dégagée et préservée, et la répartition des livres dans des emboîtements chaleureux faits de bois et de luminaires discrets. C'est une vraie réussite dont peuvent profiter les chercheurs, dans ce lieu atypique et plein d'une quiétude propice à la recherche comme au recueillement.

Voir aussi : Architecture

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Bernard Lorjou

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

143 Revenons à ces peintres souvent mal aimés des années cinquante, réputés parfois pour leur figuration hermétique. Je propose aujourd'hui un petit focus sur le talent coloré de Bernard Lorjou, peintre réaliste qui s'est imposé en son temps comme l'un des opposants farouches à l'abstraction lyrique. Un esprit de révolte, de contestation, habite la personnalité atypique de Lorjou, un artiste sans concession et qui n'a pas peint pour plaire mais pou exprimer, d'abord, quelque chose de lui et de son époque. Désabusé, l'ami? N'a pas eu une vie facile, faut dire. Végétarien dormant dans le hall de la gare d'Orsay, il fut un artsite totalement autodidacte et poussé par sa seule envie de peindre. Il se révéla, comme beaucoup de talents non-professionnalisés, dans le cadre du Salon des Artistes Indépendants. 

Illustrateur aussi, il prend un tournant décisif dans sa carrière après la Libération, dans un climat de tension historique. Cet ami de Rebeyrolle a également cotôyé Bernard Buffet et vécut un procès retentissant avec Bernard Dorival, conservateur du Musée National d'Art moderne, dans la querelle des abstraits. Il fait partie de ces artistes de l'après-guerre qui méritent toute notre attention, à l'heure où ces querelles sont passées au rang d'objet de l'histoire de l'art esthétique et culturelle.

Voir aussi : Portraits d'artistes

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Le Bernin

Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink

Bernin_apollo_daphne Vous allez dire que c'est un peu facile de faire un blog sur le Bernin. Pourquoi facile? Parce qu'il fut le plus beau sculpteur italien du 17e siècle? Parce qu'il fut sensible aux problèmes religieux de son époque? Je ne me souviens jamais sans émotion des groupes vus à la Villa Borghèse, sur les hauteurs boisées de Rome. La délicatesse du travail du marbre, sans veine, la blancheur des cuisses de Daphné poursuivie par Zéphir, et dont les doigts se changent en lauriers. Quel défi de vouloir traduire dans le marbre, matériau inaltérable, un moment aussi fugace, aussi bref que celui de la métamorphose d'un corps. Le Bernin, on s'en doute, n'eut pas de piene à être reconnu, de son vivant, comme l'un des plus grands.

A l'instar de Michel-Ange, il avait obtenu le soutien de la papauté. Son souci constant de traduire dans la pierre l'immétariel et le transitoire indique la possibilité d'une conception presque picturale de la sculpture. Attentifs aux recherches du Caravage, Le Bernin a essayé dans son art de travailler également au rendu réaliste d'une expression psychologique. Rome est une ville merveilleuse pour le suivre à la trace, depuis le baldaquin de la Sant-Pierre, à la Sainte-Thérèse cachée dans une petite église à deux pas de la gare Terminini. A vous de les découvrir.

Voir aussi : Histoire de l'art

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Stay Toune

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

L1030654 Oui. Ca ressemble à un chat. A un gros chat. En réalité, c'est une petite personne, une artiste : c'est Toune. Elle est une artiste méconnue de vous tous, mais moi, je la connais bien. Elle vit chez l'homme que j'aime et je la caresse, elle me lèche le visage et viens parfois dormir sur mon ventre quand je suis couchée. C'est un blog très personnel, nous en conviendrons mais il n'y a pas de petit plaisir dans notre courte vie de labeur et d'eau fraiche. Vous excuserez donc mes épanchements bien compréhensibles. Pour coller tout de même à notre thématique, je me permettrais d'inscrire Toune dans l'esthétique des dessins de Steinlen même si elle ressemble plus, par sa gracieuse rondeur, à une sculpture de Pompon. Son heureux propritéaire ne me contredira sans doute pas. Je pense à l'Hippopotame ou à l'Ours blanc, avec ses grosses pattes, certes, mais aussi sa moue si gentille. Comme Toune. J'aime ses longues moustaches. Vous saviez, vous, que les chats ne considèrent pas du tout qu'on les possède, comme des animaux de compagnie, mais estiment que c'est vous qui partagez leur territoire. Autrement dit, ils sont chez eux chez vous. Ou plutôt, vous êtes chez eux. Compliqué mais pas si illogique.

Bref, revenons à notre petite chérie. Elle a le poil grisonnant et lustré, poli comme une jolie petite sculpture. Je crois qu'elle n'aurait pas démérité de figurer dans le livre d'images bien connu de Yann Arthus Bertrand sur les chats. Il faut dire que Toune est singulière...elle a perdu sa queue dans un accident de voiture. C'est elle qui conduisait. Non, je déconne. Disons plutôt qu'elle est passée sous une voiture. Je pense qu'il faudrait sans plus tarder lui consacrer une exposition d'ailleurs.

Voir aussi : Entre Art & Fiction

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Jacques Gestalder reconnu

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

180pxdisque_persokalioujny_par_gest La fondation Taylor nous permet souvent de retrouver ou de redécouvrir des artistes méconnus ou oubliés. C'est là son grand intérêt. Cette fois-ci, c'est Jacques Gestalder qui est à l'honneur de ce lieu situé à deux pas du métro Saint-Georges, dans le 9e arrondissement. Né en 1918, ce sculpteur nous a quitté récemment. L'exposition présente ses oeuvres en ronde-bosse, mais aussi une sélection de dessins qui révèlent tout le talent de cet élève de Robert Wléricck, sculpteur bien connu des années 30. Gestalder a joué un rôle non négligeable dans son époque, et contribuant notamment à la fondation du Salon de la Jeune sculpture qui fut un rendez-vous important pour beaucoup d'artistes. Il fut aussi l'un des fondateurs de Formes Humaines, qui fut aussi une manifestation importante en son temps.

Héritier d'une esthétique rodinienne, dédiée à la compréhension du mouvement et de la sensualité des corps, Gestalder a aussi réalisé de nombreux bustes de personnalités comme Jean Cocteau, Paul Claudel ou Le Corbusier. Parfaitement inscrit dans une histoire de la modernité dans son sens large, sans restriction avant-gardiste, Gestalder est également l'auteur de nombreux monuments et fut de nombreuses fois médaillé. On peut notamment admirer l'une de ses oeuvres à l'Opéra Garnier, représentant le danseur étoile Kalioujny, qui figure à l'entrée de la Bibliothèque-Musée. L'exposition de la Fondation Taylor dure jusqu'au 19 avril.

Voir aussi : Points d'Art

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Charles Lapicque

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Jpg612 Parmi tous les membres de la Grande Ecole de Paris, celle qui a été si bien répertoriée et valorisée par Lydia Harambourg, on compte le dénommé Charles Lapicque. Le Salon des Artistes Indépendants lui rend d'ailleurs cette année un hommage. C'est un peintre haut en couleurs. Il avait partagé un temps les visions de Manessier et de Bazaine, ainsi que de Maurice Estève dont nous parlions récemment, avant de prendre sa parfaite indépendance et de pratiquer son art sans chercher à faire prtie d'aucun cercle. D'obédience plutôt figurative, son oeuvre rayonne d'un certain bonheur, d'un certain plaisir de la couleur. Il serait comme un peu fauve ou néo après l'heure, sans que son art ne soit dépassé pour autant.

Amoureux des terres bretonnes, il a largement puisé son inspiration dans ses paysage, surtout après 1945. J'aime beaucoup les arabesques et le volumes qu'il développe à foison dans ses compositions rythmées. Philosophe dans l'âme, il aussi donné des conférences au moment de sa rencontre avec Gabriel Marcel. Figurant parmi les peintres de la marine, il a fait de nombreux voyages dans les ports de France et acheta même un vieux canot qu'il utilisa tous les ans pour ses sorties en mer estivales. Un beau peintre auquel il était temps de prendre hommage et dont nous verrons avec plaisir la petite rétrospective aux Indépendants.

Voir aussi : Portraits d'artistes

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Un Grec en Espagne

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

El_greco_pieta_small El Greco = Le grec. Il fait vraiment partie de ces artistes qui m'ont toujours fasciné. Né en 1541, cet originaire de Crète forga très lentement qui style si personnel qu'on identifie sans peine entre tous les peintres religieux du 17e siècle européen. Installé à Tolède durant la mejeure partie de sa carrière, notre peintre s'était quand même fendu d'un séjour de deux ans en Italie, à Venise précisément, d'où il conçut une vraie vénération pour Le Titien et tout un répertoire de compositions empruntées au Tintoret. On peut dire sans exagération que, dans son genre très expressif, Le Greco n'eut pas de rival de son vivant. Il obtint d'ailleurs de très nombreuses commandes et développa ainsi sans contraintes matérielles sa manière fondée sur une abstraction formelle curieuse et maniériste.

Pour finir, on rattache bien sûr cette personnalité artistique à l'école de peinture espganole. On sait moins aussi qu'il fut sculpteur. On regrette simplement que la France ne sompte pas de si monbreux Greco dans ses collections. Ses tableaux sont majoritairement partie rejoindre des institutions américaines, mieux pourvues. Le Prado, à Madrid, compte aussi un ensemble de quarante de ses oeuvres. On soulignera que sa peinture a influencé de nomrbeux artistes modernes, et notamment Jackson Pollock. 

Voir aussi : Histoire de l'art

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