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Tapisseries anciennes et vieilles poussières

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Tapisserie_hospices_beaune_142 Vous vous intéressez, vous, à l'art de la tapisserie? Vous avez tort car il a pleins de choses à vous apprendre sur les vieilles coutumes et les traditions décoratives de la Renaissance. Les tapisseries anciennes ne sont pas que des nids à poussières, elles sont aussi de vastes mises en scène historiées. Certaines villes de France ont, de ce point de vue, un riche passé. Prenez Beaune, par exemple. Au 15e siècle, la ville plus célèbre pour sa vente annuelle de grands vins a été une place forte de l'art de la tapisserie. Et cela grâce à l'action de riches mécènes comme le fondateurs des Hospices justement, un certain Nicolas Rolin. A cette époque, on n'était donc pas étonné de voir les intérieurs des nobles et seigneurs de la cité largement décorés de riches tentures historiées.   

Cependant, il serait un peu réducteur de s'arrêter au 15e siècle, vous ne croyez pas? C'est ce se sont dit les types de Beaune. La tradition s'est perpétuée jusqu'à nos jours, notamment par le fait artistique de créateurs tels que Michel Tourlière, disparu en 2004. Les parisiens n'oublieront pas d'aller faire un tour au Musée du Moyen-Age, à Cluny, pour revoir la superbe tapisserie de la Dame à la Licorne, mais qui est ancienne celle-là. Et puis, bien sûr, il y a Bayeux...et là, nous y reviendrons, c'est un extraordinaire ouvrage merveilleusement bien conservé.

Illustration: un tapisserie des Hospices de Beaune

Voir aussi : Points d'Art

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A quand John Currin?

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

567e18d0 Voilà un peintre que l'on aimerait voir plus souvent exposé en France, et pourquoi pas dans un grand musée parisien : l'étrange John Currin. Maniériste des temps modernes ? Ce peintre d'origine américaine a la délicieuse manie d'étirer les corps de ses créatures humaines, en rajoutant quelque vertèbres supllémentaires à ses modèles. Ingres des temps modernes ? Son oeuvre possède un magnétisme propre à la tradition de l'hyperréalisme, bluffant de technique et qui entretient des liens étroits avec la pratique photographique. Mais, anti-mimétique, il ouvre sur le monde de l'imaginaire et de la chimère. D'inspiration érotique, l'oeuvre de Currin a pour sujet principal et presque exclusif celui de la femme.

On ne peut s'empêcher de créer des parallèles avec les Vénus du Quatroccento et l''esthétique des nus flamands des hautes époques renaissantes, ainsi que les statues colonnes allongées des portails romans et gothiques. Elle n'est pas sans évoquer notamment dans les yeux des historiens de l'art français le courant traditionnaliste des années 30, dans le retour au sujet et à la manière des fresquistes. Qualifiée de kitsch par certains, la peinture de Currin a cependant la précieuse qualité d'être unique, personnelle, identifiable au premier regard. On rencontre plus fréquemment des expositions consacrées à ce peintre Outre-Manche ou Outre-Atlantique.

Illustration : couverture du catalogue mis en ligne sur le site de la Gagosian Gallery

Voir aussi : ActuArt | Peinture

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Leroy est mort, Vive Eugène!

Par Claire Maingon | (7) Commentaires | Permalink

Leroy062002 "Tout ce que j'ai jamais essayé en peinture, c'est d'arriver à [...] une espèce d'absence presque, pour que la peinture soit totalement elle-même". Le propos est tenu par Eugène Leroy en 1988. Cet artiste a une oeuvre singulière, surgie d'un empâtement extrême qui fait devenir matière à la peinture. Qui fait de la peinture et de la toile un corps, un minéral, presque un objet alchimique. Né en 1910 et mort en 2000, ce grand peintre aura mis un certain temps à être reconnu. C'est souvent la marque des grands artistes que de continuer leur pensée, sans transiger, sans rechercher d'abord la notoriété. L'épaisseur est la marque de fabrique de Leroy. Mais le répertoire du peintre n'est pas classifiable si rapidement dans la catégorie d'abstrait pour autant. Il y a un champ de possible entre la figure et la non-figure.

Solitaire dans l'âme, ce peintre a bénéficié du soutien de Jean Clair à la fin des années 70, mais c'est surtout en Allemagne et en Belgique que Leroy a percé. Il y est question tout à la fois de la trace et de de la gestuelle dans l'oeuvre d'Eugène Leroy, de la composition et de la décomposition aussi. Quelque chose qui nous rapproche du Tout mais ne nous préserve pas d'une réflexion sur la vacuité de l'existence.

Photo : Galerie Guylemeaux

Voir aussi : Points d'Art

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Vito Acconci et l'expérience de soi

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

22537 Vito Acconci est un artiste performer qui n'a pas froid aux yeux, qui n'a peur de rien. Il a su faire des regardeurs des acteurs de ses oeuvres, dans l'application de la sentence de Duchamp : "c'est le regardeur qui fait l'oeuvre". Souvenez-vous. Cependant, Acconci a placé le spectacteur dans une position bien spécifique. Il utilise la langage, le son, l'écrit pour interpeller, mettre en scène, interroger l'espace qui est à la fois celui de l'oeuvre et de son spectateur. L'art est devenu exploration, et nous explorateur sous la conduite de notre artiste. Posant clairement la question des limites entre les formes d'expression du visible, la démarche d' Acconci s'inscrit bien dans la lignée de la génération des artistes des années 70. Souvenez-vous. La performance était reine ne ces temps là, mais c'est aussi le enclenchement des installations qui sont devenues légion dans l'art contemporain. 

Acconci ne produit pas tant des objets que des expériences. Il n'hésite pas d'ailleurs à faire usage de son propre corps, source de manipulation et de mise en scène. Photographiées ou filmées, ses performances sont des traces historiques d'un moment passé. On est presque ici dans des sondages abyssaux de la psyché. L'art de ce vidéaste américaine est une forme de poésie temporelle et spatiale qui a mérité une expo à Pompidou en 2006.

Voir aussi :

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Murillo

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Mendiant_murillo Peintre espagnol, Bartolomé Estéban Murillo a vu le jour en l'an 1618. C'est en  prenant contact avec la peinture de Rubens, mais aussi de Van Dyck, que Murilloa été rapidement conduit à élaborer des compositions dynamiques, à faire usage d'une touche plus fluide, tout en étant très sensible à l'influence vénitienne. L'art de Murillo était tombé dans l'oubli pendant le 18e siècle. Il fut redécouvert tardivement. On le considère souvent comme un précurseur du réalisme, ainsi qu'en témoigne parfaitement une toile du musée du Louvre, Le petit mendiant. Pas de prétexte mythologique ou historique ici, c'est la simple vie de l'enfance qui est au coeur du sujet.

Ajoutons que Murillo fut le fondateur de l'Académie des Beaux-Arts de Séville. Le pauvre homme est mort tragiquement, en chutant de son échaffaudage alors qu'il peignait un retable au couvent des capucins de Cadix. RIP

Voir aussi : Histoire de l'art

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Saint Pierre de Chaillot, église des années 30

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

250pxsaint_pierre_de_chaillot_tympa Saint Pierre de Chaillot, voilà une église intéressante, très typique du renouveau de l'architecture religieuse dans les années de l'entre-deux-guerres. Achevée en 1938, elle est l'oeuvre d'Emile Bois qui en conçut les plans. On y sent nettement une inspiration byzantine et romane, mais le tout très rationnalisé par les acquis de la science moderne. Le grand intérêt de ce bâtiment cultuel réside dans la façade. Confiée au sculpteur Henri Bouchard, elle est en béton. l'ensemble est très historié et s'inspire des éléments d'architectures romanes, comme les sculptures-colonnes qui ont ici une pure fonction décorative.

Concernant l'intérieur de l'église, il compte trois parties dont une tour dominante de 62 mètres de haut et qui donne sur l'avenue Marceau. Le plan en lui même est celui de la crois grecque, que l'on appelle aussi plan centré par opposition à la forme de croix latine. On y trouve un autel à la mémoire des disparus de la Grande Guerre, sujet récurrent dans l'iconographie religieuse des années trente. L'ensemblre, très sombre, demeure un exemple tout à fait intéressant d'église de la reconstruction cultuelle dans ses années là.

Voir aussi : Architecture

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Sale morveuse! par Miss Gally

Par Joest Jonathan Ouaknine | (3) Commentaires | Permalink

Miss_gally_1On nous a parfois présenté les blogs comme étant la relève de la littérature. Mais jusqu'ici, les "blivres" (Blog-livre) étaient plutôt décevant. Voici qu'aujourd'hui, le BD vont à leur tour piocher dans la blogosphère. Parmi, les blogeurs (et blogeuses) les plus en vue figure Miss Gally. Véritable stakhanoviste, elle tient trois blogs B.D. ayant chacun leur propre style: Miss Gally, le blog d'une grosse et le Love-blog (reservé à un public averti!) Chacun d'eux consiste en des dessins au jour le jour, plus ou moins autobiographiques et toujours très drôles. Parfois, il n'y a qu'un seul dessin et d'autre fois, il y a de vrais historiettes. En mars 2008, Miss Gally passe à la vitesse supérieure avec Sale morveuse!, une mini-BD.

Pour autant, sale morveuse, n'est pas une version blivre de l'un de ses blogs. Il s'agit d'une histoire inédite: une trentenaire, qui fulmine contre la direction qu'a pris sa vie, se réveille un beau matin à l'époque (et dans l'enveloppe corporelle) de ses 10 ans. D'emblée, elle prend la décision de s'en prendre à tous ses futurs souffre-douleur (parents, camarades de classe, prof, etc.)

C'est très drôle, il y a un rythme très rapide, un dessin noir et blanc (sans le côté "art et essai" de l'Association) assez expressif. En fait, le seul défaut, c'est... D'être trop court. Le temps de patienter pour une dédicace et j'avais lu les 44 pages (qui se terminent sur un "à suivre".)

Miss_gally_2

D'où la question qui tue (un dessinateur) au moment de la dédicace (ci-dessus): "Il sort quand le tome 2? - Euh... En fin d'année?"

Miss_gally_3

Voir aussi : Dessins

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Johannes Vermeer

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Vermee15 On entend parfois que Johannes Vermeer fut le chef de file de l'Ecole de Delft. En réalité, c'est impropre et réducteur, un peu comme de considérer que Millet fit partie du groupe des peintres paysagers de Barbizon. Mais revenons dans les Flandres. En réalité, ce fut le peintre P. de Hooch qui occupe la place de meneur au sein de cette école. Quant à Vermeer, c'est sûr qu'il demeure aujourd'hui plus connu que son ainé, notamment au travers de sa célèbre Laîtière, bien connu des Français consommateurs de yaourts, et du film La jeune fille à Perle avec la délicieuse Scarlett Johansson. Quant on regarde sa production d'un peu plus près, on s'aperçoit qu'elle fut assez restreinte. D'une part, notre artiste n'aura pas vécu très vieux (1632-1675). La plupart de ses scènes sont dites de genre intimiste, elles nous font pénétrer dans l'intérieur de riches ou de plus modestes flamands.

Le jeu des étoffes est toujours impeccable, et le travail sur la lumière diffuse et diaphane coupe parfois le souflle de celui qui regarde. Il faut que dire que Vermeer a fondé sa pratique sur une imitation parfaite du réel, à la recherche d'un illusionnisme de la nature. Cependant, et c'est là tout l'intérêt, il existe aussi une dimension symbolique dans ses oeuvres. Ce n'est pas parceque la peinture est imitative du réel qu'elle est vide de sens. S'il ne fut guère un inventeur, le peintre hollandais demeure un poète du quotidien dont les oeuvres atisent toujours la curiosité du grand public, après les siècles.

Voir aussi : Histoire de l'art

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Les petites femmes de Castelli

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Castelli20venice20guitarist Luciano Castelli, voilà un artiste suisse qui aime la femme. La femme jouisseuse. Né en 1951, ce peintre a toujours eu une vision un peu délirante et décomplexée du réel. Songez qu'il exposa des pipes à haschich en plâtre à la Documenta de Cassel  en 1972. Très inspiré par sa propre vie, Castelli signe une oeuvre quasi biographique et non empreinte d'un vrai humour coloré. Son nom est associé au mouvement de l'art corporel, n'hésitant pas à se travestrir en femme pour réaliser des séries d'autoportraits. Il n'est pas étonnant que Castelli ait copiné avec Pierre Molinier, dont on connait le goût pour les portes-jartelles et les bas noirs.

Utilisant aussi bien la photographie que la peinture ou la sculpture, Luciano Castelli peut être classé comme un néo-expressionniste. Il est clair qu'il se positionne comme une figure d'artiste loibre, et volotniers provocateur. "Nous sommes tous des bêtes en rut", aime-t-il à répéter dans les années 70, années où il réalise des performances. Soit. En tout cas, ses toiles des années 1980 sont plus sensibles, peintes d'ailleurs avec les doigts pour certaines.

Voir aussi : Histoire de l'art

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La beauté épurée d'Hiquily

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

320268_1 Hiquily, ce nom vous dit quelque chose? C'est un sculpteur, très juste. Un sculpteur qui a su se forger un langage du corps de la femme, tout en volumes étirés et pleinement ouverts, comme en expansion dans un espace infini et dilué. On croirait voir en ses oeuvres des idoles cycladiques revenues des temps anciens, modernisées par la main d'un démiurge prométhéen très près de nous. L'art d'Hiquily, aussi, n'est pas sans une bonne dose d'humour, un humour sage et doucement érotique, sans aucune forme de vulgarité. Il est un sculpteur que l'on dit du métal, un peu comme avait pu l'être Julio Gonzalez avant lui. Hiquily a été un touche-à-tout, usant de la ferraille, de la tôle qu'il travaillait au chalumeau.

Né en 1925, il est la preuve que la formation académique des beaux-arts n'a pas du tout été stérile dans les années 50, cette décennie où l'art moderne ne jurerait que par l'asbtraction. Il n'est pas question d'un jugement de valeur, mais sans doute de relativiser le caractère prétenduement univoque de l'avant-garde. J'aime la simplification des formes, et celle que l'on trouve dans la sculpture d'Hiquily a de quoi séduire même les plus adeptes partisans de l'abstraction formelle. Il n'y a, en définitive, pas de contradiction entre les deux. C'est un bien bel artiste auquel Pierre Cabanne a d'ailleurs cobsacré un livre il n'y a pas si longtemps, en 2005.

Voir aussi : Sculpture

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