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Fragonard érotique

Par Claire Maingon le 16 février 2008 | (1) Commentaires | Permalink

Fragonard_le_verrou_l Ah Frago! Je veux dire, Jean-Honoré Fragonard, bien sûr, ce peintre si célèbre du 18e siècle français. L'auteur des parties de Colin-Maillard, du Verrou, de La Chemise enlevée. Fragonard est un peintre de genre, plutôt érotique, mais il avait fait ses premières armes à l'Académie Royale de Peinture et de Scultpure sous le vocable plus prestigieux de la peinture d'histoire. Il fut agrée en 1765. Cet élève de Boucher avait séjourné à Rome pendant 4 ans. Mais sa découverte de l'art italien, antique et moderne, l'avait éloigné de la manière de son maître.

Le sexe tient une place omniprésente dans l'iconographie de Fragonard, peintre de la sensualité et de l'humour tendre. Ceux qui avaient visité l'exposition de l'année dernière au Musée Jacquemart-André ne diront pas le contraire. Plus espiègle que grivois, il a élevé le genre de la scène intime à son apogée. C'est surtout dans le Verrou que s'exprime au mieux les tensions de la chair et de l'esprit quil aima tant à peindre. L'image nous montre un couple succombant au désir dans une lumière effleurant le lit sur lequel pèsent de lourds rideaux rouges. Comme ceux d'une scène ou se jouerait le théâtre des passions charnelles et - peut-être- adultères.

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Commentaires

Rédigé par : Raphaël Loffreda | 16 fév 2008 20:41:22

La tension réside bien sûr dans le verrou, qui poussé d'une main experte, dans le même mouvement que la femme attirée contre son amant permet d'enfermer le couple dans le même espace que le spectateur. Isolement. Isolement, mais nécessaire proximité d'une tierce présence : perversité ? Il me semble ainsi que nous sommes ici nombreux : le couple d'amants, l'autre, de derrière la porte, moi, qui épie, et notre conscience, à tous, prête à être (re)croquée.

La fille est en en effet violemment pressée par un désir que l'on sait prêt d'être assouvi. Mais les draps brouillés semblent pourtant nous indiquer qu'il l'a déjà (au moins en partie) été... passion de pur plaisir en somme, renouvelée sans considérations pour la pomme encore intacte, elle, sur la table de chevet.

Le clair-obscur serait presque grossier s'il ne permettait au contraire de souligner ce nouvel espace charnel, loin de l'ombre déjà consommée du traditionnel lit. Ce lit aux lourds rideaux qui semble faire peu de poids devant la légèreté de la passion renouvelée.

Raphaël Loffreda

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