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Marc Baufrère, paysagiste de l'inconscient

Par Claire Maingon le 2 janvier 2008 | (3) Commentaires | Permalink

32942 Les toiles de Marc Baufrère, exposées à la galerie Alain Blondel jusqu'au 5 janvier, ont l'air de venir d'ailleurs, un autre espace-temps. Les formes qui les peuplent, comme des êtres hybrides et universels, sont des métaphores des profondeurs de la psyché même. C'est ce que Marc Baufrère appelle des "paysages du non-dit". Voyez que ca a rapport à l'inconscient et à la part intime de nous-mêmes. Pour ce faire, l'artiste fait usage d'une peinture glycérophtalique. Il semble évident que le travail de Marc Baufrère, ou plutôt sa quête au travers de la pratique picturale, s'inscrit dans une longue lignée qui pourrait aller des pratiques chamaniques, antiques aux peintures d'un Henri Michaux, aux écrits d'un Georges Bataille. Tous ces sages, ces artistes et ces écrivains ne sont-ils pas des explorateurs de l'âme et du mystère de la vie?

Ceux qui veulent vraiment faire de l'histoire remarqueront qu'on pourrait classer Baufrère parmi les artistes abstraits. Lui aime surtout à parler d'imaginaire. L'abstraction n'est pas une finalité en soi, un but mais elle s'impose à lui dans cette expression. C'est un vrai exercice de méditation. Je trouve cela très fort, et apaisant d'une certaine manière si on parvient à se délivrer de la peur de la mort. Sinon, bonjour l'angoisse...

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Commentaires

Rédigé par : | 9 fév 2008 11:58:44

Pour qui connaît l'oeuvre et l'artiste, les mots de Claire Maingon ne peuvent que résonner avec force et vérité. Les toiles de ce paysagiste de l'imaginaire, pour peu que la formule a un sens, plonge celui qui s'y confronte dans une rencontre avec lui-même, mais également avec tous. Il semble effectivement résumer dans ses volutes et ruptures la pensée grecque qui se plaisait à lier l'univers, le macrocosme, à l'homme, pensé comme microcosme. Si infini il y a cependant chez Marc Baufrère, c'est bien dans la possibilité du rêve qu'il nous propose, plus encore que par le jeu des micro-univers sans fin. Car son univers, précisément, n'impose rien ; est-il seulement le "sien" ? Ne procède-t-il pas d'un manière de Providence, dans laquelle l'artiste serait mi-démiurge, mi-créature. Pour qui aime les hasards oniriques, ces moments où l'événement est comme à chaque instant guidé par une destinée inaccessible, je proposerais donc volontiers la non-lecture de ces instants picturaux démultipliés. Ces images utopiques (au sens propre) ne produisent directement aucun discours sur nous-même car elles ne peuvent être enfermées dans le cadre d'une compréhension asphyxiante. Voilà pourquoi il faut parler à leur propos de non-lecture, de non-compréhension : on ne peut saisir le rêve, de même les toiles de cet artiste. Peintre de l'imaginaire plutôt que de l'abstrait, donc ? Assurément.

Raphaël Loffreda

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Rédigé par : Claire | 9 fév 2008 12:28:53

Merci mille fois pour votre intéressant commentaire. Vous êtes le bienvenu sur le blogart, cher Raphaël

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Rédigé par : Raphaël Loffreda | 2 avr 2008 10:16:33

Je me permets de vous renvoyer à nouveau au blog dont je vous avais parlé à propos des oeuvres de Didier Vignon. Je viens d'y poster un billet sur le thème du hasard dans l'oeuvre et la technique de Marc Baufrère. Si cela vous intéresse donc, il s'agit toujours du blog "Vive les sociétés modernes", à la lettre "H comme Hasard".
Bien à vous...
Raphaël Loffreda
(PS : sans forcément laisser de commentaires, car il ne sert à rien d'écrire lorsque l'on a rien à dire, je suis régulièrement ce blog qui donne une vue agréable de l'art, et ouvre des perspectives...)

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