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Antoine Watteau

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Watteau__les_deux_cousines Cette année, le Musée Jacquemart-André avait consacré une exposition à l'un des peintres les plus célèbres du 18e siècle français: Fragonard. Nous reviendrons sur lui prochainement, mais non sans avoir d'abord présenté la personnalité d'Antoine Watteau. IOn le considère généralement comme le maître des Fêtes galantes, un genre qu'il a inventé et fait admettre à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Proche de la scène de genre, sa peinture n'en demeure pas moins plus complexe qu'il n'y parait car les situations sont poétiques, comme des revisitations d'un passé buccolique et antique assez mystérieux qui n'est pas sans évoquer, pour moi en tout cas, les oeuvres sombres et postérieures d'un Böcklin. 

Watteau, très brillant, a connu très jeune le succès puisqu'il fut reçu à l'Académie à l'âge de 28 ans. Il est clair que son univers emprunte énormément au monde du théâtre, dont on oublie aujourd'hui qu'il représentait le seul véritable divertissement des temps modernes. Bien sûr, on trouve dans les collections du Musée du Louvre bien des toiles importantes de Watteau et notamment la plus célèbre, Le pélerinage à l'île de Cithère datant de 1717. Mais mon tableau préféré, c'est le Gilles, un personnage de la Comedia dell' arte, à la fois triste et pensif.

Watteaugiles1718

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Samuel Rousseau et l'ironie joyeuse du quotidien

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Upinarms09_thumb Samuel Rousseau, artiste contemporain d'une trentaine d'années, est un blagueur. Il aime bien détourner les objets quotidiens de leur fonction première. En magicien, il leur redonne une nouvelle vie, souvent plus follichonne que la première. Passer d'un rayon de supermarché, à une poubelle, puis à un atelier d'artiste, un musée ou une collection d'art contemporain, c'est un parcours remarquable pour une bouteille en plastique. Ce que j'aime bien, c'est le coté expérimentateur de cet artiste, son goût pour le touche-à-tout. "Je reste dans la surprise", aime-t-il expliquer tout simplement. Une belle façon de voir la vie, et avec laquelle on ne s'ennuie jamais.

J'aime bien aussi une série réalisée par Samuel Rousseau à partir des ouvrages pour dames, ces travaux d'aiguilles considérés comme ringards. L'artiste donne une autre vue sur ces objets sans fonction, mais pas sans âme et qui raconte une histoire, peut-être surtout l'histoire de la latence et de la patience qu'il aura fallu pour les réaliser. Le motif importe moins que le petit drame qui  se joue derrière eux. Ironie poétique, tel est le programme réjouissant de samuel Rousseau.

Voir aussi : ActuArt

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Tous à la Madeleine

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

La_madeleine_2L'église de la Madeleine m'a toujours impressionnée vivement car je la trouve écrasante, d'autant plus de l'intérieur. J'ai toujours peur que le plafond me tombe sur la tête. Ca mérite de revenir un instant sur son élévation. Vous imaginez la place qu'il a fallut dégager pour la laisser s'imposer dans ce carrefour de la rive droite. Ce temple périptère d'inspiration romaine a été consacré en 1842, sous Louis-Philippe, 80 ans après son élévation. Au départ, elle était un temple à la gloire de Napoléon. Ce fut Louis XVIII, sous la Restauration monarchique, qui décida de la placer sous le vocable de Sainte Marie Madeleine. Vous avez sans doute remarqué que tout, ici, est monumental. Depuis les colonnes, et d'abord le perron qui mène à une porte immense en bronze décorée de reliefs rappelant la porte du Baptistère de Florence.

Il fut mené de vastes campagnes pour sa décoration, par des artistes officiels de l'époque. Certains ont encore une forte renommée comme François Rude, l'auteur d'un groupe sculpté représentant le baptème du Christ. De James Pradier, on connait aussi un groupe représentant le Mariage de la Vierge. Le décor de l'abside mérite également d'être regardé. Il illustre toute une histoire du christiannisme par J.C. Ziegler. Et, bien sûr, comme il se doit dans une église du 19e siècle digne de ce nom, le grand orgue est signé Cavaillé-Colle.

Voir aussi : Architecture

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Charles Le Brun en met plein la vue

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

472pxle_brun Dans le genre peintre religieux et décorateur royal du 17e siècle, on ne peut guère faire mieux que Charles Le Brun (1619-1690). Héritier du souffle mystique de Simon Vouet, dont il fut l'élève, Le Brun fut également le discipline du Poussin dont il médita l'exemple. Mais, comme le disait Bourdelle à propos de Rodin, rien ne pousse à l'ombre des grands arbres. Aussi, notre peintre a-t-il su prendre son envol pour atteindre par lui même les cimes de la gloire. C'est que l'on ne voyait pas petit au 17e siècle, surtout dans le giron de Louis XIV. Après s'être occupé de la décoration du château de Vaux-le-Vicomte, Charles Le Brun s'est attelé à Versailles, sur la demande du roi. Après l'escalier des ambassadeurs, il ne fut autre que le réalisateur des décors de la Galeries des Glaces.

Le Brun a également joué un rôle très important dans l'histoire de la création de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Il faut dire qu'il était un exemple parfait de peindtre d'histoire, maitrisant plus qu'un autre les codes subtils et symboliques de l'allégorie. C'est un peu à cause du 19e siècle, et de la haine que lui portèrent les romantiques, que Lebrun était tombé dans l'oubli. Son importance a été largement réhabilité depuis même s'il demeure un peintre du 17e siècle moins célèbre que Poussin.

Galerie_glaces_1 Ci-contre : décor de Lebrun pour la Galerie des Glaces, Versailles (photot: La Tribune de l'Art)

Voir aussi : Histoire de l'art

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Les conférences de Pompidou

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

H_4_ill_699932_05101624_debordx1p1_ Très sympa et intéressants sont les cycles de conférences que propose le Centre Pompidou, sous la forme ludique du concept Un dimanche - une oeuvre. Un artiste, un conservateur, un écrvain ou un critique d'art sont invités régulièrement à porter leur regard sur une oeuvre appartenant aux collections du Musée National d'Art Moderne. Parfois, l'oeuvre choisie est musicale, choisie parmi celles de compositeurs familiers de l'Ircam. Voici les deux rendez-vous qui s'annoncent : le 3 fevrier, l'historienne de l'art Sophie Delpeux commentera une oeuvre de Rudolf Schwarzkogler, Action 3, Vienne, Summer 1965. Ce fut un adepte du body art, mort à l'âge précoce de 29 ans. Performer, il a réalisé des mises en scène franchement macabre. Ca me fait penser à Gina Pane. Personnnellement, ce genre d'art n'est pas du tout de mon goût car je n'aime pas la masturbation morbide de la psyché. Mais tout est intéressant et peut inviter à réflechir sur ses goûts supposés et ses limites

Le 10 février, le critique d'art Yan Ciret commetera une oeuvre de Guy Debord, Guide psychogéographique de Paris, datant de 1957. Proche de l'esprit dada, Debord a participé à la fondation de l'Internationale Situationiste. Accusé d'avoir participé à l'assassinat de l'un de ses amis, il avait beaucoup suscité la polémique et adoptait une attitude volontairement provocatrice. Nous écouterons ces deux conférences avec un grand plaisir mêlé d'intérêt et de curiosité.

Voir aussi : ActuArt

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Davos Hanich et l'architecture

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Picture_2 Si vous aimez vous balader dans le 19e arrondissement, je veux dire dans le coin de la Villette, vous connaissez peut-être le square Marcel Mouloudji. Il est situé un peu à l'écart du canal et a été créé dans les années 1980 dans le cadre de la mise en valeur du bassin. C'est un endroit accueillant et paisible qui abrite une drôle de fontaine en forme de sphère placée à la verticale, en inox poli et qui reflète curieusement la lumière. C'est l'occasion de revenir sur le travail de Davos Hanich qui fut un élève de Fernand Léger, et même son assitant. Hanich a également participé à la décoration architecturale de la station de ski de Flaine, en Haute-Savoie. Cette station a été dessinée par Marcel Breuer, ce qui lui donne une grande cohérence architecturale. Dans le complexe des hôtels, Hanich a réalisé des faisceaux de tiges en acier inoxydable. On trouve à ses cotés les noms de Hantaï ou Vasarelly.

Davos Hanich n'est pas un artiste dont on entend fréquemment parler. Né en 1922, d'origine française, il est l'auteur d'une oeuvre graphique assez surprenante et bien ancrée dans l'esthétique des années 1960. Certaines de ses créations passent parfois dans les ventes publiques.

Voir aussi : Points d'Art

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Hans Memling

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

430pxhans_memling_004 Né en 1440 en Allemagne, Hans Memling a vécu sa Bruges où il a possédé un bel atelier dans un quartier dévolu aux peintres. On peut le considérer comme le denrier représentant des grands primitifs flamands, un héritier de Rogier van der Weyden et de Jan van Eyck. De son vivant, Memling a joui d'une solide réputation, ses oeuvres étaient très demandées que ce soit dans les Pays-Bas ou dans les centres européens artistiques tels que Florence. Naturellement, les sujets peints par Memling sont avant tout des sujets religieux, à l'image du Martyre de Saint-Sébastien conservée dans les Musées Royaux de Belgique, à Bruxelles.

J'aime beaucoup la peinture de Memling, généralement appliquée sur des panneaux de bois comme c'était l'usage au 15e siècle. On est bluffé par la conservation des ces objets si anciens et qui parviennent à émouvoir. Il y a une humanité rehaussée de je ne sais quoi de sacré, de divin, dans son art. La redécouverte de Memling n'est pas si ancienne, elle date du 19e siècle principalement par les historiens de l'art allemand. Il est l'auteur d'un impressionant retable, orné de sept panneaux, dans la chapelle du dôme de Lübeck et dont vous voyez ici le panneau central, représentant le Christ en croix (1491).

Voir aussi : Histoire de l'art

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Asger Jorn et le communisme

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Jorndidaska A l'heure où s'est ouvert à Bâle (Fondation Beyeler) une exposition sur l'Action Painting au sens large, il n'est pas inutile de revenir un instant sur la figure de Asger Jorn (1914-1973), un peintre d'origine danoise qui fut un théoricien actif dans une époque où l'Europe était plongée dans l'ère glaciaire de la guerre froide. Politiquement engagé, Jorn avait un message et défendait une idée: celle que l'art soit proche de la vie, dans l'expérience d'une spontanéité du ressenti. On peut parler, à n'en pas douter, d'une oeuvre expressionniste. D'ailleurs, l'art de Jorn n'est pas étranger à d'autres formations célèbres de l'époque, notamment COBRA.

Jorn fut à l'origine, avec quelques autres intellectuels de son temps, de la création de l'Internationale situationniste. Il s'agissait d'une communauté d'esprit à l'encontre de la culture bourgeoise et capitaliste. On peut donc dire de Jorn qu'il fut un communiste actif, et avait d'ailleurs été formé dans l'atelier de Fernand Léger, à Paris, dont l'engagement social dans les années 30 est bien connu. Sur le plan formel et esthétique, on peut dire que l'expressionnisme de Jorn prend ses racines dans une vision surréaliste du réel, avec la création d'un univers dans l'univers sensible, comme la surimpression de songes et de cauchemars sur le quotidien. Passablement inquiétant mais aussi très fort visuellement et qui ne laisse pas indifférent, quelque soit ses préférences...

Voir aussi : Histoire de l'art

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Eric Baudart, une poussière dans l'oeil

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

File_206898_35817_galerie_gf Eric Baudart est un artiste contemporain trentenaire. J'aime son travail de photographe, autour de l'objet et des éléments de la vie quotidienne qu'il fait s'exprimer avec poésie. Très axé sur la manipulation des images que permet la technologie numérique, Eric Baudart a récemment reçu le Prix Campari Fondation Antoine de Galbert, Maison rouge. Il est toujours de la partie dans les manifestations qui font découvrir l'art contemporain au grand public, comme Intrusions au Petit Palais l'année dernière. Ses images sont toujours épurées, centrées sur l'objet qu'elles détachent du contexte pour en valoriser les qualités plastiques. L'objet est comme distancié de sa fonction pour déployer son autonomie esthétique et sensible.

J'aime beaucoup la série sur les gommes et les poussières, qui deviennent comme des sculptures grâce à la photographie. Cela me fait aussi un peu penser aux expérimentations de Man Ray, dans les années 1920, et ses photos de poussières qui évoquent des sols lunaires. Le résultat est très différent mais l'on retrouve une même poétisation du réel qui me plait. Vous pouvez retrouver cet artiste à la Galerie Chez Valentin qui le représente de façon permanente.

Voir aussi : Photographie

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Philippe de Champaigne

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

77Pour continuer notre petite série sur les peintres fameux du 17e siècle, je voudrais revenir sur la personnalité de Philippe de Champaigne (1602-1674). Saviez-vous qu'il était flamand d'origine ? Il fut formé dans sa ville natale de Bruxelles et devient, comme on le sait mieux, le portraitiste attitré de Louis XIII et de Richelieu. Mais il travailla tout d'abord au décor du Palais du Luxembourg pour la reine Marie de Médicis. C'est à Chammpaigne que Richelieu, cardinal illustre et fin politicien, confia la décoration de la galerie des Hommes illustres du Palais-Cardinal, et cela en collaboration avec un artiste dont nous avons parlé récemment : Simon Vouet. Surtout, Philippe de Champaigne pariticpa activement à la fondation de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture en 1648, cela même qui voulait mettre un terme aux systèmes des corporations et fit naître le Salon qui est l'exposition de ses membres.

800pxchampaigne__le_christ_mort_couOn trouve dans les collections du Musée du Louvre plusieurs oeuvres importantes de Philippe de Champaigne, notamment un Chirst mort qui impressionna beaucoup les peintres de la modernité. Quand on voit le Toréro mort de Manet, on ne peut s'empêcher de dresser un parallèle entre les deux toiles. Cette oeuvre m'a toujours fortement impressionnée, je ne sais pas pour vous. Mais il me semble que c'est un morceau plein de gravité et de talent. Champaigne maîtrisait aussi de façon bluffante le rendu des étoffes, ce qui procure toujours un plaisir immense à regarder sa peinture si en proie à la perfection illusionniste.

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Voir aussi : Histoire de l'art

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