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Alquin et les ombres portées

Par Claire Maingon le 6 janvier 2008 | (0) Commentaires | Permalink

Dyn001_original_393_392_pjpeg_25549 Nicolas Alquin est le fils d'Alechinsky. Il est sculpteur, né en Belgique, et créateur d'un peuple de bois, grave et taillé abruptement. C'est peut-être une résurgence de Cobra, le mouvement expressionniste dont son père fut une figure charismatique. L'oeuvre d'Alquin porte en elle quelque chose du sacré, en tout cas cherche à exprimer une dimension qui s'apparente au recueillement et à la solitude. Ses figures sont comme emmurées en elles-mêmes. Tout récemment d'ailleurs, il est l'auteur du premier mémorial dédié aux esclaves résistants, élevé à Bagneux. Alquin fait parler la matière, fonte de fer et bois brûlé, qui délivre à elle seule un message dur et comme impénétrable.

Les monuments d'Alquin, qui sont nombreux, sont comme des porteuses d'une mémoire d'oppression. Mais ne promettent pas tant la délivrance. Au jardin des Invalides, vous pouvez notamment tourner autour de sa fontaine, une figure sans tête comme sortie d'outre-tombe, qui commémore la mémoire des victimes du terrorisme. Une oeuvre grave, donc, et à forte portée symbolique.

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