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Les corps fragiles de Vincent Corpet

Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink

123869_normal2 Quel âge a Vincent Corpet? 48 ou 50 ans? Impossible de trouver la date de naissance exacte de cet artiste contemporain. Vous me direz que, dans le fond, on s'en f...t. Et vous avez raison. Ce qui compte, c'est l'oeuvre, non? Justement. Parlons un peu de l'oeuvre de Vincent Corpet, de ses figures massives et charnues, ces corps-véhicules de la personnalité, traités comme des planches anthromorphiques (c'est ce que cela m'évoque). Qui sommes-nous derrière nos vêtements, derrière nos masques? D'ailleurs, existons-nous sans eux?

Ce regard presque objectif, disons authentique, n'est pas pour me déplaire. Visuellement, Corpet opère un mariage réussi entre la nacre des chairs et des arrières-fonds de couleurs vives, donnant naissance à des représentations harmoniques et presque musicales, sûrement psychologiques. Mais qui évoquent aussi, comme dans l'installation ci-dessus, des stands de tirs à la fête foraine. On ne sait plus où donner de la tête.

Une toile de Corpet a été exposée dans Intrusions au petit palais. On trouve dans le fascicule une citation intéressante de l'artiste qui détaille sa méthode de travail : "Je demande à ceux qui acceptent de poser de demeurer immobiles, droits, les bras le long du corps, les jambes jointes, le visage de face, et je les peins de très près, morceau après morceau, séance après séance, en les regardant aussi attentivement que possible". On imagine que ces séances doivent être intenses, autant pour le modèle que pour le peintre. Le nu est naturellement un thème traditionnel dans la peinture occidentale, mais aussi l'occasion d'un voyage en nous presque chamanique, dans ce que nous avons de plus fragile : notre intimité. Sans défense, nous nous présentons tels que nous sommes, sans les artifices du jour. C'est un peu de cette nature animale et humaine que Corpet capte dans chacune de ses toiles, émouvantes et solides.

Voir aussi : Peinture

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Marat assassiné

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Marat J'aimerais vous parler d'un tableau admirable peint par David et dont je me suis toujours étonnée qu'il ne figure parmi les collections publiques françaises : Marat assassiné. Cette oeuvre appartient aux Musées Royaux de Bruxelles. C'est pourtant l'une des toiles les plus célèbres de ce génie de la peinture française néoclassique. Peinte au cours de l'année qui a vu  la décapitation de Louis XVI (1793), elle représente le citoyen Marat dans sa baignoire, assassiné par Charlotte Corday. A cette époque, David (avant de se rallier à Napoléon dont il deviendra l'un des artistes attitrés) était franchement révolutionnaire. Il fricottait dur avec le Club des Jacobins dont il était le président. David fut d'ailleurs l'ami personnel de Marat et cette toile est en quelque sorte un hommage à son ami.

Ce que j'aime dans cette oeuvre, c'est la simplicité géniale de la mise en scène. Ce fond très sombre qui occupe pour ainsi dire la plus grande partie de l'espace. Cela permet une dramatisation, un surgissement presque fantomatique de la figure abandonnée à sa mort expirante. Marat était devenu comme un nouvel héros antique, martyr de la Révolution, et c'est d'ailleurs ainsi que la toile de David fut utilisée par la propagande qui entendait promouvoir l'image idéale des vertus de la république romaine comme modèle pour la Révolution.

Voir aussi : Points d'Art

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Sexe, guerre et paix des ménages

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Pinup200 Entre art et histoire, je ne saurais trop vous conseiller de visiter l'intéressante exposition du Musée de l'armée consacrée à la sexualité en temps de guerre, sur la période 1914-1945. C'est à la fois inédit, passionnant et varié. On y voit toutes sortes d'affiches et d'objets qui sont généralement peu exposés. Ce que j'ai retenu, par exemple, ce sont les très belles gravures d'Emile Laboureur, qui fut le véritable rénovateur de cette technique dans les années de l'entre-deux-guerres et avait appris la gravure à des artistes tels que Marcel Gromaire. Ca c'est pour le coté artistique. Du point de vue historique, l'exposition révèle tout le commerce du sexe qui a lieu pendant la guerre, pour soutenir l'effort de guerre. La guerre a une dimension de virilité dont a beaucoup fait usage la propagande.

On voit aussi, du coté américain, l'apparition des Pin-Up, littéralement celles que l'on punaise aux murs. Rita Hayworth, par exemple, en a fait partie. L'exposition a le mérite de montrer des documents à fois allemands, français, anglais et américains. Elle évoque aussi des questions plus graves comme le viol en temps de guerre, la prostitution, le veuvage et la tonte des femmes accusées de s'être compromises dans les bras de l'ennemi. Il y aussi des documents amusants comme des fausses cartes de mise aux abris, avec droit de se réfugier dans les bras l'un de l'autre, et les objets prêtés par le Musée de l'érotisme. Mais dépêchez-vous car l'exposition fermera ses portes dans les premiers jours de janvier.

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Fontana fend l'espace

Par Claire Maingon | (3) Commentaires | Permalink

Yellow20fontana Le coté "j'ai trouvé une formule que je décline à l'infini et qui devient ma marque de fabrique" est parfois énervant chez un artiste. En même temps, on ne peut qu'être admiratif du fait d'avoir trouvé un truc à soi. C'est un peu ce que je ressens devant l'oeuvre de Lucio Fontana, artiste italien qui a fendu ses toiles. Pas de doute quand on le recontre dans un musée d'art contemporain, on reconnait tout de suite son travail...et cette reconnaissance pousse parfois à l'écoeurement. Cependant, gardons nous des jugements péremptoires et poussons plus loin. Est-il parvenu à se renouveler malgré tout? Quel est le fil conducteur de cette rapport presque criminel avec la toile?

Je rappelle que Fontana est le signataire en 1946 d'un Manifeste blanc qui fut suivi d'un manifeste de l'espace où l'artiste engageait les jeunes à rompre avec l'expressionnisme des années de l'entre-deux-guerres au profit d'un art tourné vers l'espace et la lumière. Son geste est comme la rencontre entre l'espace et le temps finalement. Comme l'engouffrement de l'espace aérien dans la surface plane et supposée inaltérable de la toile, de la durée, de la matérialisation. On doit bien sûr rapprocher Fontana de ce que faisait Yves Klein à peu près dans les mêmes années.

Voir aussi : Histoire de l'art

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Laurence Bonnel, une oeuvre entre ciel et terre

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

5819_l_bonnel_2  Dans son atelier niché au fond d'un immeuble de la rue Michel-Ange, sous cet auspice précieux, Laurence Bonnel travaille à sa sculpture: des personnages longilignes qui se découpent en ombres chinoises, dans le jeu des lumières, sur les murs blancs. Sculptrice, elle crée des silhouettes architecturées, presque primitives, dont émane une grande présence. Occupation des sols, occupation de l'espace, sa sculpture est un lien entre la terre et le ciel. C'est ainsi qu'elle aime à la présenter. Laurence, cette jolie et grande trentenaire, a commencé à pratiquer le modelage il y a une dizaine d'années. Plus qu'une passion, cette autodidacte en a fait son métier. Après des études d'histoire de l'art, et forte de ses cours de dessins, elle s'est lancée entièrement dans la traduction de ses visions intérieures.

6084_l_bonnel_2 L'humain et la terre

Deux thèmes s'imposent dans l'oeuvre de laurence Bonnel depuis quelques années : celui des couples et celui de la foule. Le motif de l'humain, récurrent et central dans son imaginaire, est épuré jusqu'à la stylisation formelle qui évoque d'emblée l'art de Giacometti ou les corps cubistes d'un Zadkine. Mais, modeste et entière, l'artiste refuse les étiquettes et les filiations un peu faciles. Elle a son propre style et son oeuvre existe par et pour elle-même. Cette sculptrice mène une réflexion sur la place de l'individu, la solitude dans la multitude, l'absence cachée dans la présence des corps. Sans visages, asexués mais sensuels, ses personnages sont des mises en abîme d'un moi profond. Il n'y a aucun pathos dans sa façon minimaliste d'exprimer l'humain, mais une tranquillitué qui révèle une vision croyante dans les forces de la vie et de la nature. Les corps, dans son oeuvre étirée vers le ciel, sont autant des lianes que des cathédrales. 

6058_l_bonnel_3 De la glaise au métal

Le processus créatif de Laurence Bonnel accorde de plus en plus d'importance au dessin, d'après lequel elle pense la présence de ces longues silhouettes architecturales. Elle modèle en retranchant directement de la matière dans ses blocs de terre glaise et humide comme une prise en taille directe. Appelée à des rêves de monumentalité pour ses oeuvres, Laurence Bonnel verrait bien ses sculptures rejoindre la nature, la terre, pour y être ancrées. Actuellement, l'artiste travaille sur l'idée du cadre dont les personnages s'affranchissent ou dans lequel ils se fondent. La sculpture, art en trois dimensions, prend ici tout son sens. Et Laurence de mener son jeu sur les volumes et l'harmonie des masses. Epuration des lignes et des matériaux, singularité des contours, son style s'impose par un graphisme simple et équilibré. La sculptrice aime la matière; aime la terre, aime le bronze. Traduites dans le métal par les Fonderies Fusion, ses figures sont patinées dans des noirs profonds et toujours sobres.

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Les bonnes grâces de Léonard Nimoy

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Nimoy2 Voilà un drôle de personnage et une singulière carrière que celle de Léonard Nimoy. Il va exposer bientôt ses photographies de femmes très rondes à la galerie Louis Stern, en Californie. Cet artiste, vous le connaissez car il ne fut autre que le mythique M. Spock dans Star Trek dans les années 60-70, un rôle qui lui valut quand même trois nominations aux Emmy Awards. En 2003, Nimoy a décidé d'abandonner cette carrière d'acteur pour se lancer dans la photographie. Et là, aussi, il fait preuve d'un esprit de dérision assez spectaculaire. Agé de plus de 70 ans, il a pris le contre-pied de l'esthétique de la perfection des corps si importante dans son milieu d'incubation.

En effet, les femmes photographiées par Nimoy ne sont pas des Pamela Anderson. Grasses, elles n'en sont pas moins voluptueuses. Et si l'obésité morbide a quelque chose de repoussant, force est de constater que les clichés de Nimoy ne sont jamais vulgaires. Ses prises de vue sont toujours en noir et blanc, et les modèles généralement issus d'une troupe d'artistes rondes qui se produisent dans des cabarets de Los Angeles. Le parti pris de Nimoy est celui de la fierté féminine, au delà du diktat des apparences. C'esy malgré tout assez spécial, et l'artiste revisite des thèmes empiriques de l'historie de l'art comme celui des Trois grâces qui prend ici tout son sens.

Voir aussi : Photographie

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Méry Laurent, muse de Manet et des poètes

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

370pxedouard_manet_mery_laurent_au_ Méry Laurent a inspiré les artistes et les poètes de son temps. Belle et spirituelle, elle a été un des modèles de Manet, comme le révèle ce portrait d'elle peint par le chef de file de l'Ecole des Batignolles en 1882. Cette jeune femme était arrivée à Paris à l'âge de 16 ans, après un mariage furtif. Figurante dans les théâtres parisiens, elle s'est fait connaitre par son apparition nue dans une coque d'or dans le rôle de Vénus dans La Belle Hélène. Placée sous la protection d'un homme fortuné, elle eut autour d'elle toute un groupe d'artistes et d'itellectuels dont Mallarmé. Méry Laurent a eu une influence certaine sur l'imaginaire de Manet. Ils furent très prochés, à tel point que Manet lui offrit d'ailleurs la version de son Exécution de Maximilien qui appartient aujourd'hui au Musée de Copenhague.

En 1882, Manet excéuta sept pastels la représentant et elle figure à l'arrière-plan de sa toile célèbre, Un bar aux Folies-Bergères. Elle fut l'une de ses proches alors que le peintre était tombé gravement malade et lui faisait porter des brassées de fleurs fraîches. Après la mort de Manet, Méry Laurent devint le grand amour de Stéphane Mallarmé qui lui dédia quelques uns de ses plus beaux poèmes. Elle le quitta pour un autre et fréquenta aussi Marcel Proust qui l'utilisa comme source d'inspiration pour le pseronnage d'Odette de crécy dans Un amour de Swann.

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Voir aussi : Histoire de l'art

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Métaphysique des corps : Markus Schinwald

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

2b67f09871 Markus Schinwald est un jeune artiste contemporain né en 1973, d'origine autrichienne. Son travail s'articule autour du corps, du corps absent, du corps gestuelle et posture, du corps fardé sous les vêtements dont nous le couvront et le découvront. Ce n'est peut-être pas étranger à la première formation de l'artiste, celle de designer de mode. Qu'importe, dans le fond, les chemins qui ont conduit Markus Schinwald a exprimer souvent par l'intermédiaire vidéo ce qui est le lot de tout être humain : sa corporalité, sa temporalité et donc nécesairement sa disparition prochaine. Markus faisait usage de marionnettes, autrement dit de simulations des corps et de leur architecture.

Cela donne naissance à des films de nature assez expérimentale, qui peuvent engendrer perplexité ou malaise de la part du spectateur. En réalité, l'univers de l'artiste est plutôt proche de la poésie, comme Alice au Pays des Merveilles révèle quelque chose de l'autre face du réel. Le corps et l'esprit ne forment-ils pas un grand tout, et cette indivisibilité fondamentale n'est-elle pas le reflet fidèle de l'unicité du grand monde? Le corps est tranformable, il est sujet à des métamorphoses que met en scène Markus Schinwald avec talent.

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Voir aussi : ActuArt

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Les sculptures du Parc Monceau

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Maupassant496 Sympa de faire une petite ballade au Parc Monceau en regardant les groupes sculptés du 19e siècle qui furent déposés en hommage aux poètes et aux musiciens. Dans l'esprit des jardins anglais, ce parc qui a été remanié du temps des travaux du Baron Haussmann a été enrichi de sculptures principalement sous la Troisième République. Par exemple, on y découvre un groupe à la mémoire de Guy de Maupassant. C'est l'oeuvre du sculpteur Raoul Vernet, autrement dit un nom que bien d'entre nous ont oublié..voire dont ils n'ont jamais entendu parler. Inagurée en 1897, c'est un exemple assez typique de la statuaire commémorative aux hommes illustres. On y voit une élégante, accoudée au monument et qui symbolise la femme dans l'oeuvre du romancier autant que sa lectrice.

Plus célèbres sont Antonin Mercié et Alexandre Falguière, sculpteurs a qui furent commandé le monument à Alfred de Musset. Ce groupe s'inspire de La nuit de mai, un poème paru en 1835. Ce monument a été inauguré au départ dans Paris avant de rejoindre le Parc Monceau en 1981. Autre monument important de la promenade, celui à Frédéric Chopin, sculpté par Jacques Froment-Meurice et qui montre le grand artiste à son piano, en train de composer la marche funèbre. Moi, je trouve toujours ces monuments assez touchants et amusants, certes un peu éculés, mais ils sont des témoins de la statuaire publique officielle du 19e siècle et en valent bien d'autres. Quand on voit les sculptures commémoratives actuelles, on peut finalement penser que ces oeuvres sont d'une belle qualité plastique et poétique.

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Le parc de sculptures en plein air d'Anvers

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Middelheim Si vous passez à Anvers, ne vous privez pas d'un petit tour au Middelheim, le parc de sculpture en plein air. C'est un endroit de référence où l'on trouve notamment un bel Ours Blanc de François Pompon, des sculptures de Maillol, Moore et autres modernes. Fondé en 1950 après une exposition temporaire de sculptures dans le parc municipal, le Musée du Middelheim a été beaucoup soutenu par l'action de Cécile Goldscheider, qui fut longtemps la conservatrice du Musée Rodin, à Paris.

Le calme et la quiétude des lieux, l'environnement forestier, permettent d'apprécier les sculptures d'une autre façon que dans un musée classique. Voilà un éden insoupçonné dans la ville. On n'imagine pas, de prime abord, les difficultés que soulève la conservation des oeuvres d'art en plein air. Problème d'hydrométrie, d'érosion...en même temps, les influences atmosphériques patinent les pièces d'une façon inattendue en y laissant coulures et marbrures.

Middelheim_3 Ci-contre : La Vierge folle de Rik Wouters, un artiste très célèbre en Belgique et qui fut aussi un grand peintre

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