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L'appartement témoin de Perret

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Cuisineperret Voilà une visite tout à fait intéressante à faire si vous passez au Havre : l'appartement témoin de Perret. Vous savez que l'architecte moderne s'était vu confié la reconstruction de cette ville complètement détruite pendant la Seconde Guerre Mondiale. En 2005, cette reconstitution architecturale (qui a été très critiquée pendant des dizaines d'années) a finalement éré inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco. Ce classement avait fait grand bruit. La création de cet appartement témoin s'inscrit dans la volonté de faire découvrir le caractère innovant et à vocation sociale de cette architecture moderne des années 50.

Perret a utilisé le béton, dont il est le grand apôtre en architecture moderne. Hormis l'aect technique, nous pourrez découvrir la décoration et les enjeux structurels que révèle cet appartement. D'une superficie de 99 m², il se compose de plusieurs pièces d'habitation dont vue sur la place de l'hôtel de ville. Sa distribution innovante permet de réfléchir à la notion de création d'un nouvel espace de vie, plus convivial et familial, par opposition à l'austérité des intérieurs du 19e siècle. On y constate la rationnalisation des espaces, et la volonté d'une efficacité, mais également d'un éclaircissement lumineux. Dans cette visite, vous verrez également les objets fonctionnels dessinés par des décorateurs avec lesquels Perret a travaillé. On pourra s'interroger sur l'existence de ce que certains historiens appellent le "style de la reconstruction".

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Voir aussi : Architecture

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Revoir la Cène autrement

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Lacenevinci Un ami m'a conseillé, à juste titre, la visite d'un site internet sur lequel vous pouvez visionner en détail, avec une suprenante définition graphique et en musique, la Cène de Léonard de Vinci : www.haltadefinizione.com. Cette peinture murale, réalisée par le maître pour un couvent dominicain à Milan, est sans doute l'une des oeuvres les plus célèbres de l'histoire de l'art. Peinte à la fin du 16e siècle, La Cène est une oeuvre religieuse qui illustre le dernier repas du christ. On y voit Jésus, entouré des douze apôtres, dans la salle du cénacle le jour qui précédait sa mort, à Jérusalem. Beaucoup a été dit et écrit sur cette oeuvre majeure de Vinci, géniale inventeur et artiste.

L'une des questions est notamment la présence, à la droite du Christ, d'une figure d'apôtre que l'on dirait féminine. S'agit-il d'une évocation de Marie-Madeleine? Le débat idéologique n'a jamais été parfaitement tranché. En tout cas, la conservation de cette fresque est à l'heure actuelle très problématique. Heureusement, il existe une copie fidèle qui fut peinte par des élèves de Léonard de Vinci et sur laquelle les spécialistes ont pu se baser pour mener les méticuleuses restaurations que le passage des siècles impose.

Voir aussi : Histoire de l'art

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Cordingley, talent marin crépusculaire

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

270668 Qui s'intéresse de nos jours aux peintres de marine? Eh bien, le Musée national de la Marine de Brest pardi. Justement, en ce moment, volà qu'ils nous proposent une exposition consacrée à Georges-Ricard Cordingley. Né à la fin du 19e siècle, à Lyon, ce peintre a voué à son art à la mer et aux voiles qu'il a représentées inlassablement. D'inspiration impressionniste, avec d'admirables rendus de lumière et de crépuscules, cet admirateur de Turner a laissé quelques belles marines dans le genre. De son temps, et même si aujourd'hui plus grand monde ne connait son nom, Cordingley avait un grand succès, notamment en Angleterre. Mais sa vie n'a pas été celle d'un paisible peintre d'atelier. Aventurier dans l'âme, il a pris des risques, a eu l'audace de partir faire des traversées dans les mers du nords, hostiles et sombres.

Son oeuvre est assez poétique, et comme certaines toiles de marine, elle ouvre un dialogue sur le monde de l'inconscient, de l'âme et de la destinée. Cela pourrait faire penser à Caspar Friedrich, l'inventeur du paysage romantique allemand. Je pense que sous les apparences et derrières les préjugés ennuyeux qui existent légitiment sur la peinture de paysage 19e, c'est une belle epxosition à voir. 

Voir aussi : Peinture

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Une correpondance inattendue et féconde

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Chapeau5549 Les Correspondances entre art contemporain et les collections 19e qu'organise le Musée d'Orsay fonctionnent parfois assez bien. Il me semble que cela est le cas quand le spectateur est non seulement surpris mais poussé à adopter un regard neuf, plein d'une acuité nouvelle sur chacune des deux oeuvres, des deux univers qui sont mis en rapport. C'est ici le cas de la correpondance entre Jannis Kounellis, personnalité de l'arte povera que l'on ne présente plus, et l'Angélus de Millet. En choisissant cette oeuvre extrêmement célèbre, mystérieuse et à fort potentiel psychanalytique (voir les toiles que lui ont inspiré Dali), Kounellis a une façon notoire de se positionner comme un grand. Un artiste majeur. Il propose, en regard de la sage toile ancienne, une sorte de totem fait de bois, de sacs de jute, de café et de riz. Comme un épouvantail tribal.   

C'est assez bien vu car la correpondance s'établit bien, malgré la différence d'univers formel et esthétique, avec le caractère assez terrien, paysan, de la peinture de Millet. Un vrai réalisme. De cette audace nait un dialogue qui me semble fécond. Ce jeu entre la sculpture et la peinture, que Kounellis  propose aussi indirectement, me semble porteur d'un sens cosmogonique comme une alliance naturelle entre les éléments ciel et terre, eau et feu. Une forme de complémentarité qui montre que les frontières spatio-temporelles parviennent à être transcendées par l'art, ce passeur de mémoire et de sens. A voir jusqu'au 6 janvier.

Voir aussi : ActuArt

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Entrez dans la Maison d'Elsa

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Triolet On savait qu'Elsa Triolet et Aragon s'étaient aimés rue Campagne-Première, dans le quartier de Montparnasse. On savait moins qu'ils avaient acheté une maison ensemble, au Moulin de Villeneuve, dans les Yvelines, pour y vivre leurs amours. Cette maison est devenu musée, une façon étonnante de plonger dans l'intimité de ce couple mythique. Le décor est entièrement historique, depuis la cuisine familiale où ils recevaient leurs amis à dîner, jusqu'au bureau d'Elsa où elle donna naissance à ses romans. Il est clair que l'atmosphère est chargée de sa personnalité, donc les nostalgiques devraient peut-être s'abstenir. On y ressent fortement la place occupée par la culture russe dans la vie de cette femme de lettres et de coeur. On y découvre des aspects inattendus de son histoire, notamment son séjour à Tahiti avec son premier mari.

Le parc est également l'un des endroits charmants de cette maison, un lieu vert et aboré où le couple avait ses habitudes. Tous deux sont d'ailleurs enterrés ensemble dans ce parc. Tout au long de cette visite émouvante et unique, vous découvrirez des photographies, des estampes, des tableaux et de belles icônes, mélangés aux cadeaux que leur ont fait leurs amis Fernand Léger ou Picasso. Précisons que le Moulin ferme ses portes du 26 novembre au 2 février, et qu'il n'est ouvert que les week-ends et jours fériés. Sachez également que cette maison accueille en ce moment une exposition temporaire du peintre Erro.

Erro Une toile de Erro pour l'Unesco, en 2003

Voir aussi : Entre Art & Fiction

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Ultralab décevant ou excitant?

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Ultralab En allant au Musée du Jeu de Paume voir l'exposition Steichen, je dois dire que je n'ai pas été franchement séduite par la proposition artistique d'Ultralab, un jeune groupe d'artistes fondé en 2000. Faut croire que je dois être vieux jeu...En tout cas, même si je n'ai pas été séduite, j'ai eu envie d'en savoir plus. Preuve qu'il y a quelque chose de mystérieusement bleuté à découvrir derrière tout cela. Ce collectif justement, aime les actions secrètes, organise régulièrement des canulars, crée des "fictions plastiques". Je ne sais pas s'ils prennent des trucs, mais en tout cas ça fait planer dans le monde des images de synthèse. Ici, au jeu de Paume, la sorte d'exposition qu'ils ont mis en place, imposé même dans l'espace, s'intitule "L'île de Paradis".

Dans ce monde du virtuel, il serait question de faire découvrir au visiteur un monde parallèle étrange et onirique. Personnellement, ca ne m'a pas beaucoup fait rêver. Je n'ai pas trouvé pertinente toutes les insertions de leurs projets dans le lieu en lui-même. C'est n'est pas tant que j'aime le réel, mais ca tombe un peu comme un cheveu dans la soupe à mon sens. La seule chose qui me séduise d, c'est la réflexion qui est menée sur le thème de l'utopie. La vie, peut-être, est pure utopie, un leurre, un paradis artificiel beaucoup plus puissant que n'importe quel hallucinogène.Remarquez, vu le terrain où Ultralab m'entraîne, finalement, c'est pas si mal.

En photo : une installation d'Ultralab datant de 2004

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Roubaix révèle Chagall céramiste

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Chagall De nombreux peintres modernes ont pratiqué les arts décoratifs. Les travaux en céramique de Picasso à Vallauris sont bien connus, on sait également que Dufy et les fauves ont réalisé des vases colorés. Maintenant, c'est au tour de Marc Chagall de se révéler comme un admirable potier. Le musée de la Piscine, à Roubaix, présente actuellement une exposition spécialement consacrée au rapport du peintre avec la céramique. On verra que Chagall est parvenu sans difficulté, et avec une certaine réussite, à mettre en scène son bestiaire fantastique et mythologique en 3 D. Il devient, de fait, une forme de sculpteur en couleurs.

Sur les photos qui le montrent en train de peindre sur vases, on sent la joie profonde et sereine que lui apportait cette activité. Chagall a commencé à s'intéresser à la céramique dans les années 1950, pendant son exil à New York au moment de la seconde Guerre Mondiale. Près de 220 pièces sortiront de son imaginaire et de ses mains. Une belle partie est aujourd'hui à découvrir à Roubaix.  Chagall a également participé, par ses décors en céramique, à la plus importante commande religieuse moderne des années 50: l'Eglise Notre-dame de toute grâce d'Assy, où sont intervenus pour la première fois dans le cadre d'une église des artistes contemporains tels que Germaine Richier ou Georges Rouault

Voir aussi : ActuArt

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L'art royal du Bénin

Par Claire Maingon | (1) Commentaires | Permalink

Ymago_19541 L'Afrique subsaharienne est en ce moment fortement à l'honneur en France. Festivals, expositions, concerts...on entend pas mal parler du Bénin. C'est à son art délicat, ancien et cultuel que le Musée du Quai Branly consacre sa présente exposition. Situé au sud de l'actuel Nigéria, le royaume du Bénin est riche d'une tradition imagée et orale d'une qualité exceptionnelle. Les objets et ouvrages artisanaux qui sont réunis dans les salles du moderne musée construit par Jean Nouvel s'échelonnent du 15 au 19e siècle. On y découvre l'importance d'un art de cour et notamment de très beaux bronzes et sculptures en ivoire.

La direction de l'exposition est revenue à la directrice des collections africaines du musée d'ethnographie de Vienne. On s'attend donc légitimement à une orientation plus scientifique, culturelle qu'esthétique. Elle fait partie de ces manifestations "clé en mains" que que les musées français achètent, une fois que le succès a été confirmé. Mais ce n'est pas pour autant une transposition des collections de Vienne à Paris. Les objets proviennent au contraire des quatre coins de l'Europe, et notamment de collections privées généralement inaccessibles. Ce sera une excellente manière de rencontrer l'art et la culture du Bénin. Et l'affiche est très belle.

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Hallucinons gaiement avec Lévêque

Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink

Claude_leveque200_ok L'oeuvre de Claude Lévêque qui fut installée pendant la FIAC dans l'un des bassins du jardin des Tuileries, a été abondamment photographiée. Elle mettait en scène une vieille fourgonette, entourée de lampadaires de ville submergés, comme tombée ici d'un autre monde parallèle. Ca m'évoquait la scène, dans le magicien d'Oz, où la maison de Dorothée vient s'écraser dans le pays magique. Quand deux "réalités" ou deux "rêves" se percutent. Né en 1953, Lévêque a rencontré l'art contemporain en découvrant le travail de Boltanski, très porteur de sens mémoriel. Mais sa personnalité a su se développer en marge des influences que les autres auraient pu avoir sur lui. L'univers de l'artiste, qui n'hésite pas à s'imposer dans l'espace du réel avec une forme d'humour ou d'incongruité, malmène parfois les idéaux sociaux.

Par exemple, une de ses oeuvres a été réfusée dans l'exposition consacrée au monde merveilleux de Walt Disney, au Grand Palais, en 2006. Lévêque avait associé la figure de Mickey à une phrase du régime nazi figurant à l'entrée du camp d'Auschwitz. Il n'est pas rare que cet artiste s'inspire de l'univers des fictions soit disant enfantines pour pousser à réfléchir sur la valeur des symboles que nous lui attribuons. Parmi ses installations les plus célèbres, retenons Le Grand sommeil, de nombreux lits en fer blanc suspendus au plafond dans un environnement des plus fantomatiques et alléatoires. On a souvent l'impression d'halluciner avec Lévêque, ou de léviter, et c'est cela qui est vraiment bon.   

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Trois noms du design contemporain

Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink

Nouvelleboulangeriefaucho Le jeune design français a pleinement le vent en poupe, comme en témoignent les nombreux papiers dans la presse, les expositions en rafale, les publications. Certaines personnalités se dégagent immanquablement dans cet univers assez concurrentiel et malgré tout luxueux. Le luxe, aujourd'hui, ne rime plus nécessairement avec faste...mais plutôt avec une forme de minimalisme bien senti et élitiste. Par exemple, on retiendra le travail sur la ligne et l'épure de Christian Biecher. Il crée des meubles qui entretiennent un dialogue certain et fécond avec l'élément architecture, dans les formes et le choix des matières. C'est à Biecher que fut confiée la décoration de boulangerie Fauchon et de la boutique Pierre Hermé, patissier star entre tous et dont les compositions sucrées sont, aussi, design. 

Autre nom qui a réussi à s'imposer dans l'univers de l'ameublement chic et tendance : Inga Sempé. Cette jeune femme possède un humour décalé et utile qu'elle applique aux monde des objets du quotidien avec un talent certain. Proche d'Andrée Putman, monstre sacré sil en est, elle collabore aujourd'hui avec des marques telles que Lignes Roset ou Baccarat. Enfin, est-il encore nécessaire de présenter la coqueluche des jeunes designers : Ora ïto. Fils du créateur Pascal Morabito, il fait partie du sérail, certes, mais cela ne suffit pas à donner le talent. Le plus remarquable dans son travail est la complexe simplicité des contours et des lignes. A suivre, et notamment dans les rayonnages d'habitat ou chez l'Oréal car Ora ïto est devenu une marque. Le design a cela d'intéressant et de particluer qu'il réunit finalement le monde de la création et de la pure consommation avec une réelle aisance et décontraction.

Gorenjeoraitokitchen2 La cuisine de demain vue par Ora ïto

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