Paul Jouve a illustré Balzac
Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink
L'art animalier est un genre bien spécifique qui a son petit monde d'amateurs. Si vous aimez la sculpture moderne, vous connaissez naturellement François Pompon, auteur d'un Ours Blanc qui trône au Musée d'Orsay et qui a inspiré les publicitaires pour la marque Coca-Cola. Moins populaire, peut-être, mais tout aussi talentueux, dans le genre orientaliste, Paul Jouve fut un merveilleux artiste. Ses fauves n'en finissent pas de rugir, pour le plaisir des visiteurs du Musée des années 30, à Boulogne-Billancourt, et bientôt pour une superbe exposition qui se tiendra à la Maison de Balzac.
Cette exposition ne sera pas une rétrospective mais consacrée au thème "Une passion dans le désert". Il s'agit du titre d'un roman écrit par Balzac, et qu'ont mis en résonance les conservateurs du Musée avec l'oeuvre du grand animalier. Le récit est celui d'une suprenante rencontre entre un soldat des troupes napoléoniennes et d'une panthère dans le désert d'Egypte. Jouve a illustré une édition de luxe dans les années 40. Un beau travail, qui porte la marque de son talent félin. J'apprécie beaucoup l'oeuvre de cet artiste, qui était un authentique passionné de l'orient et de la nature et un excellent graveur. D'autre part, ce sera l'occasion de visiter la Maison de Balzac, un musée pas si connu qui se trouve vers Passy, dans les beaux quartiers de la capitale.
Jouve fut bien entendu l'un des plus beaux illustrateurs du Livre de la Jungle, de Kipling, avant les années Disney. Mais il faut être un bibliophile averti pour posséder désormais un des exemplaires de l'édition de 1919 qui comporte les sublimes illustrations de Jouve.
Celle-ci appartient quant à elle à La chasse de Kaa, un ouvrage illustré par Jouve à l'aube des années 30.
Voir aussi : Dessins | Expositions & Evènements | Gravure | Histoire de l'art
Lire la suite "Paul Jouve a illustré Balzac"
La vierge parturiente de Piero della Francesca
Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink
Vous avez remarqué que les vierges, sur certains toiles de la Renaissance, ont des ventres proéminents? J'aime tout particulièrement cette oeuvre datant du 15e siècle, de l'italien Piero della Francesca, un artiste dont l'importance n'a cessé d'être réévaluée depuis plusieurs générations d'historiens d'art. Il s'agit d'une fresque, technique artisanale qui s'apparente à un décor mural. Elle est aujourd'hui conservée en Toscane, au musée de Monterchi. Bien sûr, à l'origine, il s'agissait d'un décor d'église, donc à vocation religieuse. Le fait que la vierge soir représentée enceinte n'est pas franchement courant. Généralement, les artistes avaient pour mission de la représenter au moment de l'annonciation, touchée par la volonté divine, et non comme une simple mortelle. Pourquoi pas la représenter en train d'enfanter, tant qu'on y est? Justement, c'est pour cela que j'aime cette image exceptionnelle. Elle montre quelque chose qui ne l'est pas (une femme enceinte) mais, en même temps, de totalement miraculeux : la faculté des femmes à donner la vie. On ne s'étonnera pas que cette image ait fait l'objet d'un vrai culte parmi les femmes enceintes durant l'époque moderne.
La vierge n'est pas seule sur cette image. Elles est accompagnée de deux anges qui tiennent les rideaux d'un baldaquin. Encore un élément qui ramène plus à la sphère privée qu'au monde des nuées célestes.
Piero della Francesca est sans conteste l'un des artistes majeurs de la Renaissance italienne. Comme tous les grands peintres de cette époque, qui voit passer l'artisan peintre au statut d'artiste, il était aussi un savant, un mathématicien. Ses oeuvres sont des chefs-d'oeuvre de perspective. C'est d'ailleurs généralement sous cet angle qu'elles sont considérées comme des témoins fondamentaux de l'évolution des lois de la peinture. Il a bien entendu principalement illustré des thèmes religieux, en homme de son temps, et l'une des plus célèbres est La Flagellation du Christ, conservée à Urbin. Ce qui est génial avec ces oeuvres anciennes, c'est que l'on est toujours pas parvenu à les percer complètement à jour. C'est ce qui leur donne cet aura mystérieuse et fascinante.
Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture | Points d'Art
Lire la suite "La vierge parturiente de Piero della Francesca"
Lucien Lautrec, un peintre non-figuratif des années 50
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
On qualifiera de prime abord la peinture de Lucien Lautrec (1909-1991) d'abstraite. C'est vrai que cet artiste des années 50, figure nimoîse, s'est libéré de l'assujetissement au monde visible, mais certainement pas du sujet. Au contraire, l'utilisation de formes géométriques et des couleurs était selon lui le plus sûr moyen d'entrer en contact avec le monde. Lucien Lautrec n'est sans doute plus aujourd'hui un talent connu du grand public. Son oeuvre est entièrement à redécouvrir, elle n'est considérée à l'heure actuelle que par les seuls spécialistes de cette époque. Ce fut pourtant un acteur important de son temps, au travers de l'enseignement qu'il dispensa, au travers des amitiés qu'il noua avec des figures demeurées plus célèbres telles Jean Bazaine et Alfred Manessier.
Si on ne peut légitimement parler d'abstraction - puisque Lucien Lautrec refusait ce terme - on parla alors de peinture non-figurative. Ce ne sont pas des synonymes. La peinture figurative est un courant majeure de la seconde Ecole de Paris, dans les années consécutives à la 2e guerre mondiale. On peut résumer en évoquant le fait que ces artistes ne nient pas le monde sensible ni la réalité. Ils cherchent juste un moment nouveau et moderne de l'exprimer. Leur peinture est ouverte sur le monde, elle n'est qu'un moyen d'introspection de la psyché.
Lucien Lautrec fut également un maître-verrier, dans ce moment où les églises de France, âbimées par la guerre, ont accueilli de nouveaux décors. Lautrec s'inscrivait dès avant la guerre dans la tradition du retour au décor mural, puisqu'il fut l'élève de Ducos de la Haille, celui qui décora l'intérieur du Musée des Colonies, en 1931. En matière de vitrail, on doit à Lucien Lautrec certains vitraux de l'église de Saint-Dié en Lorraine. Les couleurs et les formes, dynamiques, créent une harmonie propice tant à la réflexion qu'au recueillement.
Il fut aussi un exposant du Salon d'Automne, cette manifestation si importante dans l'histoire de l'art indépendant du XXe siècle.
Personnellement, j'aime de plus en plus cette peinture non-figurative des années 50. Il faut apprendre à la rencontrer, à la regarder. Ce fut l'exposition organisée par le Musée du Luxembourg, L'envolée lyrique, qui m'a ouvert les yeux sur la beauté de ces artistes dont la plupart ont disparu il n'y a pas si longtemps.
L'oeuvre de Lucien Lautrec figure dans les collections du Musée National d'Art moderne, au Musée des Beaux-Arts de Nimes, au Musée de Saint Dié
photo, Lucien Lautrec, Sous-bois, source
Voir aussi : Peinture
Lire la suite "Lucien Lautrec, un peintre non-figuratif des années 50"
Jackson Pollock
Par Claire Maingon | (10) Commentaires | Permalink
La vie de Jackson Pollock, comme son oeuvre, ne furent pas de tout repos. Alcoolisme, dépression...et génie instinctif. Pollock, c'est tout cela mêlé. Mélange, projection, exacerbation. Les toiles de Pollock, ses compositions abstraites et sidérantes, font mal, sont violentes. Elles sont comme des mises à nu de nos connexions neuronales, à moins qu'il ne s'agisse d'un chaos céleste. Pourtant, Pollock - comme tous les autres artistes abstraits, du reste - avait commencé par des oeuvres figuratives. Elles exprimaient la mélancolie d'une enfance instable de ce garçon né au Far West en 1912. Mais bien sûr, ce ne sont pas ces premières oeuvres qui ont fait entrer le grand Jackson dans les annales de l'histoire de l'art contemporain: ce sont ses drippings.
Cette technique, qui signifie égouttage, a été mise utilisé par Pollock à partir de 1947. Elle renverse tout le protocole habituel de la gestuelle artistique. La toile est posée à même le sol et l'artiste projette littéralement dessus des giclées de peinture avec un baton (plutôt qu'un pinceau, "outil" emblématique du peintre) ou laisse couler la peinture depuis un pot percé. Le hasard, ou la destinée, sont les artisans du dessin final. L'artiste n'est plus qu'un passeur. Autre nouveauté, Pollock utilise des peintures industrielle. On est loin des temps où les artisans broyaient des pigments qu'ils mélangeaient avant de l'appliquer sur leur palette!
On a une tension constante dans l'ouvre de Pollock entre le contrôle et la perte de contrôle, peut-être à l'image de l'homme qu'il était, complexe et taciturne, peu sûr de lui et en même temps fier. Le film réalisé sur sa vie, dirigé et joué par l'excellent Ed Harris, est d'aillleurs du petit bijou à voir absolument. La ressemblance entre l'acteur et le peintre est confondante, un peu comme celle qui rapproche Val Kilmer de Jim Morrisson dans le film The Doors. On y édcouvre sa vie amoureuse avec Lee Krasner, qui était aussi un excellent peintre.
Pollock fut naturellement un enjeu majeur pour les théoriciens de l'art contemporain dans les années 50. Son oeuvre expressive et violente était opposé aux courants qui exploitaient la puissance des couleurs et leur matérialité, comme la peinture de Rothko.
L'oeuvre de Pollock est sans aucun doute l'une des plus forte de la période. Une salle lui est consacrée au Museum of Modern Art de New York. Elle est l'expression viscérale d'un homme tourmenté, si l'on se reporte à la définition qu'il donnait de sa peinture : "Je veux exprimer mes sentiments plutôt que les illustrer".
photo 1 : Number One, 1948, source
photo 2, Pollock peignant, source
photo 3 : une image extraite du film sur la Vie de Pollock, source
Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture
Lire la suite "Jackson Pollock"
Visitez l'ouest américain
Par Claire Maingon | (0) Commentaires | Permalink
L'ouest américain a toujours eu quelque chose de fascinant. Pour avoir eu la chance d'y faire un beau voyage cette année, je peux vous dire que ça mérite le détour. Le déser de Californie, la route 66. Tout cela a un charme authentique, contrairement à ce que l'on pourrait s'imaginer. Mais c'est bien loin malgré tout de l'époque du far-west, dont on ne fait que ressentir le lointain souvenir sur ces terres arides. Les Indiens d'Amérique ont encore des réserves, mais ils doivent se battre pour faire reconnaitre leurs droits et leus croyances. En tout cas, si vous êtes un fan de Clint Eastwood et des westerns, vous avez jusqu'à la fin du mois d'octobre pour visiter l'exposition "Visions de l'Ouest", au musée américain de Giverny.
Cette exposition, à travers 60 clichés inédits, retrace l'exploration américaine entre 1860 et 1880, autrement dit sur fond de récente guerre de sécession qui a donné lieu au premier reportage de photo-journalisme. Ici, ce sera surtout de conquête géographique dont il s'agira, de photographies prises pas des missionnés partis à dos de mules. Ils accompagnait des équipées d'archéologues ou de géographes à l'époque où on voulait mieux circonscrire ces terres du bout du monde. Car la Californie a un petit coté "bout du monde" qui a tant plus, d'ailleurs, à de célébres écrivains. A cette époque, la photographie était d'une grande modernité, elle remplaçait la peinture que l'on jugeait trop subjective. La Photo, c'était le réel! Mais les contraintes techniques étaient énormes, le matériel très lourd et le temps de pose très long. Heureusement, les "mountains" ne bougent pas trop, elles sont de bons modèles! Parfois, il devait faire si chaud que le photographes avaient à peine le temps de sortir leur planche à collodion humide. Les pellicules n'existaient pas encore à cette époque. Dans cette surperbe exposition, vous croiserez les paysages fabuleux du Grand Canyon, de Yellowstone. Je pense qu'il s'agit vraiment d'un rendez-vous à ne pas manquer durant notre été indien 2007.
Voir aussi : Actualité | Expositions & Evènements | Photographie
Lire la suite "Visitez l'ouest américain"
La fontaine Agam de la Défense
Par Claire Maingon | (9) Commentaires | Permalink
Le parvis de la Défense est un musée en plein-air..suffit d'ouvrir les yeux et de ne pas avoir d'aversion pour les années 70. Aviez-vous déjà pris note de la Fontaine Agam, symbole de l'art cinétique, oeuvre de l'artiste israélien éponyme? Elle a été installée dans les années 70. Agam est un contemporain de Vasarely, que vous connaissez mieux puisque, à une certaine époque, les panneaux d'affichage de Paris étaient décorés de ses compositions optiques. Ce sont des artistes qui ont mené des recherches sur l'art visuel, en faisant naitre du relief en 3 D sur une surface qui n'en contient que deux. Cette fontaine colorées et symphonique a été baptisée "eau d'artifice" par son auteur. Non contente de voir passer de l'eau, elle est un véritable son et lumière à l'air libre. Agam avait même songé à y ajouter l'élément feu, un peu comme Yves Klein l'avait imaginé dans ses propres dessins d'architecture.
Cette fontaine se compose d'un grand bassin terminé par une chute d'eau. Ce qui impressionne et émerveille, ce sont naturellement les immenses mosaïques de couleurs, vénitiennes, qui tapissent le fond. Vous pouvez compter, vous y trouverez 86 couleurs différentes. C'est plus qu'un arc en ciel. Quant aux jets d'eau, qui composent la féérie aquatique, ils sont au nombre de 66. Ils atteignent une hauteur de près de 15 mètres...accompagné de musique classique ou de grands standards du jazz américain. Ca détend les workalcooliques entre deux rendez-vous de boulot.
une composition optique de Vasarely
Cependant, la fontaine ne fonctionne pas 24/24! Elle est en activité du Lundi au vendredi, de 12 à 15 heures, et avec le programme musical complet de 17 à 19 heures. Le week-end, elle fonctionne surtout l'après-midi et le soir (20h30 le samedi pour la musique).
Vous ne verrez plus la Défense de la même façon!
Voir aussi : Reportages
Lire la suite "La fontaine Agam de la Défense"
Vases antiques à figures noires : apprenez à lire la mythologie
Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink
Les vases grecs sont des témoins précieux de l'Antiquité. Ils offrent une source abondante sur les mythes et légendes, leur fréquence et leur interprétation et sur les techniques de fabrication artisanale antique. Ces vases, à partir du VIe siècle avant Jésus-Christ, portent des scènes figurées de taille importante, de vrais décors qui racontent une histoire. Le Musée du Louvre possède une géniale collection, notamment grâce à la donation Campana, de ces récipients venus du fond des âges. A cette époque très ancienne, Corinthe et l'Attique étaient les principales régions de production de ces objets à vocation principalement cultuelle et funéraire.
L'un de mes modèles préférés est cette coupe portant une scène représentant Achille à la fontaine, en train de guetter Polyxène et Troilus. La scène est violente, elle relate un combat et on y voit Achille empoignant l'un des personnages par les cheveux. Les décors des vases grecs ne sont pas de tout repos. Celui-ci date de 560 av. J.C. Vous ne trouvez pas extraordinaire de regarder un objet si ancien, qui a été vu par tant de millions de paires d'yeux avant les vôtres? Des yeux antiques? J'adore pour cette raison l'histoire de l'art qui est un vrai vaisseau spatio-temporel.
Les auteurs de ces décors peints sont parfois connus, tel Exékias, mais ils demeurent le plus souvent anonymes. Parmi toutes les formes possibles et imaginables, les femmes ont souvent une préférence bien légitime pour les Hydries, car sa forme, précisément, est féminine. Certes, l'amphore la talonne de près. Cette géniale amphore est conservée au British Museum. Une nouvelle fois, la scène est mouvementée. On y voit Héraclès combattant une amazone. Il s'agit d'un épisode très important dans la mythologie grecque.
De façon générale, les scènes représentées sont très lourdes de symboles et sont des passages édifiants de la mythologie. Souvent cruels, ces combats sont à l'image de la dualité qui existe dans l'homme et dans la société des Hommes. Les dieux et leurs aventures sont un miroir tendu vers l'humanité.
Voir aussi : Histoire de l'art
Lire la suite "Vases antiques à figures noires : apprenez à lire la mythologie"
Léopold Survage, un cubisme discret
Par Claire Maingon | (2) Commentaires | Permalink
Vous ne croyez pas, vous, que Léopold Survage est un inclassable? Certains ont voulu faire de lui un second couteau du cubisme, mais il s'avère que Survage était un esprit libre et talentueux. Revenons un instant sur ce peintre qui sera peut-être pour vous une découverte. Survage est né à Moscou en 1879. Comme beaucoup d'artistes désireux de faire des "expériences" picturales à cette époque, il est poussé vers Paris, centre névralgique des avant-gardes. Il arrive dans la capitale en 1909. Dès 1912, au moment où les orphistes font parler d'eux aux Salons des Artistes Indépendants et au Salon d'Automne, Survage se lance dans ses Rythmes colorés, création originale et marginale à cette époque. C'est vrai que la peinture de Survage entretient des liens évident avec l'esthétique cubiste dans les années de l'après Grande Guerre.
Qui pourrait le lui reprocher? Aujourd'hui, ces découpes géométriques, spatiales et temporelles de la réalité apparaissent comme des monuments historiques que je trouve plus véritables que les toiles de Picasso, incroyable phénix, qui avait déjà laissé pour compte le cubisme. C'est étrange, ces toiles cubisantes des années 20. Le cubisme, à cette époque, n'était plus tellement une avant-garde même si la plupart des Français, le grand public, ignorait encore son existence. Mais dans le milieu des peintres, il était en passe de devenir une formule esthétique.
Survage n'apparait pas comme "un petit maître du cubisme". Avec Gleizes, et d'autres, il participé aux Salons de la Section d'Or qui représentent des phénomènes importants dans l'histoire de l'art indépendant. Il exposa aussi chez Léonce Rosenberg, le fameux marchand d'art. Cet artiste tout en discrétion fut un acteur important du petit monde de Montparnassedans les années dites "folles". Il avait fréquenté Modigliani, Delaunay et les surréalistes. A sa mort, en 1968, il laissait derrière lui une oeuvre riche de plus de mille toiles et d'innombrables dessins. Où voir son oeuvre? Au musée d'Art moderne de Céret, Au musée du Montparnasse à Paris, à Lille...
Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture
Lire la suite "Léopold Survage, un cubisme discret"
Les noirs de Soulages
Par Claire Maingon | (5) Commentaires | Permalink
"Un p'tit noir, Msieur Soulages?!": cette question, Pierre Soulages a du l'entendre des milliers de fois au bistro du coin. Le serveur ne savait pas si bien dire. Il ignorait peut-être en toute bonne foi que Pierre Soulages est le maître de la couleur noire. Ce peintre, né en 1919 à Rodez, est un ancien élève des Beaux-Arts de Montpellier. On le dit représentant international de la peinture informelle, c'est à dire abstraite, dégagée du sujet, existant pour elle-même grâce à sa matière, à sa présence, à son rayonnement magnétique.
Car de magnétisme on doit bien parler face aux toiles immenses et sombres de Soulages. En réalité, tout réside dans la densité, dans la sensualité de sa peinture. L'artiste n'est pas un nihiliste, bien au contraire. Il a puisé son inspiration dans les ouvrages d'art romans et les dessins calligraphiques anciens. Soulages travaille ses surfaces avec des outils proches variés, et sa démarche n'est pas sans en référer à l'art de la sculpture. Il est souvent décevant de contempler son oeuvre par reproduction. C'est comme avec Rothko, il faut les voir en vrai pour ressentir leur forte présence, être absorbé dans le noir comme...dans le bleu d'Yves Klein. Je ne cherche pas tant à comparer ces artistes qu'à souligner ici combien la peinture est devenue le refuge spirituel de l'homme moderne, un moyen de reconnexion avec le sacré en nous, ce grand soi qui nous relie au monde. En cela, Soulages est un sage..
A voir dans les collections du Centre Pompidou
Voir aussi : Peinture | Points d'Art
Lire la suite "Les noirs de Soulages"
Vols célèbres d'oeuvres d'art
Par Claire Maingon | (4) Commentaires | Permalink
Arsène Lupin est un personnage mythique de la littérature française, inventé au début du 20e siècle par Maurice Leblanc. Je n'ai pas suffisamment lu ses aventures pour savoir si le gentleman-cambrioleur était aussi un faucheur d'oeuvres d'art. En tout cas, ce n'est surement pas lui qui a fait le coup, à Nice. Vous avez peut-être entendu parler de ça récemment. Le casse a eu lieu au Musée des Beaux-Arts, le même qui va accueillir dans quelques semaine la grande rétrospective du sculpteur des années 30 Alfred Auguste Janniot. On y a dérobé en plein jour, pendant la pause déjeuner, des toiles de Jules Chéret, le célèbre affichiste tant admiré de Georges Seurat.
Les histoires de vol font, d'une certaine façon, partie de l'histoire de l'art. Vous savez peut-être que la Joconde, sans doute l'oeuvre la plus célèbre du musée du Louvre avec la Vénus de Milo, a été volée à plusieurs reprises. Parait même qu'aujourd'hui, enfermée dans son coffre, elle ne demeure pas imprenable. Un voleur décidé parvient toujours à son but. L'un des vols les plus fameux de Mona Lisa fut orchestré en 1911. Le tableau était alors accroché dans la Grande Galerie. Le poète et ami des cubistes, Guillaume Apollinaire, avait été accusé du vol. Il fut blanchi mais son nom avait fait les gros titres des journaux. Un article d'époque, consultable sur le site Anovi, relate cet évènement épique. Plus proche de nous, chacun se souvient du vol désomais historique du Cri du norvégien Munch, à Oslo. L'oeuvre aurait été détruite car elle n'était pas revendable...le vol aurait eu lieu pour détourner l'attention de la police et permettre à la bande de voleurs de...cambrioler une banque!
Voir aussi : Art & Fiction
Lire la suite "Vols célèbres d'oeuvres d'art"






