Chica-ventura (3/3)
Par Louis Asselin | (2) Commentaires | Permalink
Jean-Marie Chica-ventura peint depuis une quinzaine d'années - son atelier regorgerait de 800 toiles...
Mais les peintures montrées sur ce blog sont récentes.
La première (ci-dessus) date de 2000. Elle montre Manhattan en feu, comme possédée par un démon dévastateur… Le 11 septembre 2001 est arrivé et la vision de sa peinture, prémonitoire, émouvante et angoissante, a déclenché sa période « ruines et déchets ».
La seconde peinture (ci-dessous), réalisée sur du placoplâtre, date de 2001 : il s'agit des ruines de Belchite - ce village espagnol bombardé par les troupes franquistes où Chica-ventura s’est rendu. Elle s’intitule « Le dernier témoin » (El ultimo testigo). Un hommage, aussi, à son grand-père résistant républicain.
Curieux et amateurs peuvent rencontrer Jean-Marie tous les samedi au marché d'art en direct du boulevard Richard Lenoir à Paris (de 9 à 19 heures)
Voir aussi : Peinture | Reportages
Lire la suite "Chica-ventura (3/3)"
Chiva-ventura (2/3)
Par Louis Asselin | (1) Commentaires | Permalink
Désolé, les reproductions photographiques présentées dans ces 3 notes sur Chica-ventura ne sont pas fidèles à la densité de sa peinture, à l’éclat sophistiqué de ses couleurs. En vrai, ça saute aux yeux, et j’aimerai avoir glissé un micro espion derrières ces toiles pour écouter les commentaires interloqués, saisis ou persifleurs des visiteurs du salon Sm'Art.
Sm’art : le salon méditerranéen d’art contemporain et d’art abstrait, qui se tenait à la Villa Khariessa du 21 au 23 mai à Port-de-Bouc – ancien atelier du peintre Henri Girard.
Mauvais esprit, je n’ai pas pu m’empêcher de faire remarquer à l’organisatrice combien la beauté des lieux était telle que les visiteurs risquaient de ne pas regarder les œuvres de la soixantaine d’artistes...
Erreur de ma part, j’ai eu quelques vraies bonnes surprises –comme le peintre Chica-Ventura- tout comme de vraies mauvaises surprises.
Des mauvaises surprises, j’en parlerai. Un devoir d’en parler. Tous les artistes qui osent se montrer dans l’espace public prennent le risque de s’exposer à la critique. Ne pas succomber sous l’empire du Bien et de l'arnaque artistique…
Les jardins du Sm'Art à la Villa Khariessa
Voir aussi : Peinture | Reportages
Lire la suite "Chiva-ventura (2/3)"
Chica-Ventura (1/3)
Par Louis Asselin | (0) Commentaires | Permalink
Allez-y, allez-y promeneurs de l’art, regardez ce travail.
J’aime bien les artistes qui se coltinent " la réalité du monde ", celle qui ne séduit pas, qu’on cache, grossière, où les fleurs, les oiseaux et l’amour ne sautent pas aux yeux.
J’aime aussi les artistes qui ne se réfugient pas dans l’abstraction, devenu facilité artistiquement correcte – je sais, j’exagère en me représentant l’art abstrait comme une forme d’embourgeoisement de l'artiste…
Je l’ai déjà écrit dans ce blog, j’apprécie Jean Hélion : devant « la réalité de monde », effective ou pressentie, il a su se détourner de l’abstraction après avoir été pionnier dans ce domaine.
Jean-Marie Chica-Ventura – espagnol d’origine- se coltine des sujets pas faciles depuis plusieurs années : les ruines puis les déchets. Peindre la casse, les casses. Ci-dessus, "la lune dans le caniveau", ci-dessous "crépuscule d'enfer"...
Nous sommes d’accords je pense : ce sont des sujets de société moralement inesthétiques. Je trouve ces peintures très belles. Oui, j’aimerai accrocher sur mon mur ses amoncellements de poutrelles, ses mikado de déchets, ses tas de rebus… Quels jeux de construction… J'en reste pantois, les yeux écarquillés, à l'écoute...
Voir aussi : Peinture | Reportages
Lire la suite "Chica-Ventura (1/3)"
Le musée du Monde (2)
Par Louis Asselin | (1) Commentaires | Permalink
Seconde livraison du "Musée du Monde" : Vermeer
Il semble que les ouvrages consacrés à Vermeer commencent souvent par : "on connaît peu de choses de la vie de Vermeer (...)"
En résumé : il fut aubergiste, marchand d'art et peintre ; son épouse accoucha de quinze enfants. Il peignit en moyenne deux oeuvres par an. La guerre franco-hollandaise qui éclata en 1672 appauvrit sa famille (qui disposait de rentes agricoles) et l'empêcha de vendre ses toiles. Affliction et pauvreté sont, semble-t-il, responsable de sa disparition à 43 ans.
L'ouvrage est donc organisé par thème : religion et moralité, amour, travail, sciences et arts...
Nota : dans son tableau personnel d'évaluation des peintres, Dali donne à Vermeer 20/20 dans toutes les catégories - à l'exception d'un 19/20 au registre de l'originalité...
Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture
Lire la suite "Le musée du Monde (2)"
Dali anecdotique
Par Louis Asselin | (3) Commentaires | Permalink
Voilà un petit livre bien vivant, qui aurait pu s'intituler "Histoire anecdotique de Dali". L'auteur, qui tient la galerie Furstenberg à Paris, et dont les parents étaient dans l'édition d'art de Dali, est tombé à sa naissance dans l'univers dalinien.
Au moins, on ne s'ennuit pas et c'est richement illustré - plein de photos du Maître en situation.
On y apprend que Dali était un homme très consciencieux : un jour, il reçoit un appel du musée de Washington, qui lui signale que sur son célèbre tableau La Cène, acquis une dizaine d'années auparavant, le jaune du centre de la toile commencer à virer. Il se rend immédiatement sur place avec son secrétaire...
Dali, célèbre pour sa clownerie et ses frasques était d'une culture encyclopédique littéraire et scientifique, a écrit nombre de livres, dont un pamphlet intitulé "Les cocus du vieil art moderne" (les peintres abstraits) et notait les peintres, dont lui-même (tableau d'évaluation ci-dessous). Remarquable : le 0,5/20 de Mondrian dans la catégorie "originalité".
Edité chez Timée-Editions, "Des livres ouverts sur Internet"
Le site officiel de Dali : www.salvador-dali.org
Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture
La tectonique des sensations (3/3)
Par Louis Asselin | (1) Commentaires | Permalink
Reculez encore - de quelques pas cette fois.
Vous allez gagner en esthétisme. Vous entrez dans les tectoniques des corps humains, où les plaques et zones colorées font de vous un géologue et géographe averti des émotions charnelles. A sept ou huit mètres, il est temps de s’installer dans un confortable fauteuil, que j’imagine en vieux cuir rugueux, et de se plonger dans un état proche de la méditation des sens : évocations, souvenirs, perspectives, rêveries…
La force de l’équilibre de cette tactique des contacts physiques reste mystérieuse : l’ensemble ne se laisse pas cerner. Les positions et les membres se dérobent pour laisser s’immiscer d’autres aperçus. Les toiles Ligne d’attraction et Le bras jaune sont des tours de passe-passe où l’érotisme se dévoile au détour d’un rapprochement de deux bras ou d’une épaule bien galbée. Sur d’autres, les ombres des couleurs ou l’association et la juxtaposition de verts et de mauves suggèrent non seulement les humeurs de la chair, avec ses zones chaleur et de froideur, mais aussi des courants qui remontent dans le champs des émotions et du cérébral, avec mille et une variations.
Vus du fauteuil, l’orchestration papieriforme lavée à grandes eaux et l’agencement des masses de couleurs continuent à servir l’anatomie de ces êtres en communication et le rendu des sensations, mais ces corps à corps deviennent tour à tour des façons sentimentales, des entrelacs amoureux, des enfouissements, des dialogues feutrés, des moments de remise en question, de réflexions, d’essais, de séparation, de retrouvailles, d’incertitudes ou de sédimentation.
La guerre du goût est suspendue.
Où voir le travail d'Etienne Gros ?
Galerie Jas de la rimade
Vidéo clip : atelier de l'artiste et galerie Maig Davaud
Voir aussi : Peinture
La tectonique des sensations (2/3)
Par Louis Asselin | (0) Commentaires | Permalink
Vous avez devant les yeux une soupe originelle : les éléments primaires d’une oeuvre de stylisme des sensations érotiques.
Reculez d’un coup et d’un pas : une sorte de corps à corps surgit. Vous l’avez à portée de mains, il semble sortir de son cadre, en relief, comme des corps momifiés au cours de leur joute, devenus minéraux, mais traversés de zones de couleurs, témoignage éternel du parcours des vibrations charnelles, de leur cheminement.
Cette même approche des toiles intitulées De dos à dos procurent aussi cette étonnante impression de courant électrique, de chaleur, où les tâches de couleurs, leurs formes, les dégradés ou les transitions brutales transmettent l’étendue et l’intensité des sensations.
Voyez-là sur ce petit triptyque ces zones de papiers rouge, c’est comme si vous mettiez le doigt, la main ou une partie de vous sur ces parties chaudes, juste pour toucher ; et vous voici, vous aussi, revêtu des émois de la chair, les couleurs dans la peau.
Voir aussi : Peinture
La tectonique des sensations (1/3)
Par Louis Asselin | (3) Commentaires | Permalink
Le voile de froideur est levé. Regardeur, tu dois te sentir humain, sensible et sensé.
Il y a plusieurs façons d’aborder –je veux dire physiquement- le travail d’Etienne Gros. Plutôt que de voir venir la toile et de s’en approcher, je recommande le contraire : fermez les yeux avant d’entrer dans la salle et demandez à quelqu’un de vous conduire jusqu’à la toile, le nez collé contre elle et donc les yeux situés à trois ou quatre centimètres au maximum.
Je conseille d’essayer avec un grand format. Exigez par exemple celui intitulé La tension et demandez qu’on vous place devant la partie aux couleurs les plus vives jaune orangé. Ouvrez les yeux, ne bougez pas : examinez les éclats et les grains de papiers peints éparpillés en tous sens - comme le serait un papier mural griffonné, crayonné, peinturluré, tailladé, le tout suivi d’un dégât des eaux et d’un long séchage. C’est comme un champs de bataille papieriffère, jonché d’espèces colorées ou décolorées difformes et insensées. Plutôt étrange ce No man’s land, direz-vous. Entre nous, ce microcosme peinturluresque est l’antithèse de « mon » macroscopique carré jaune.
La toile carrée ici présente est nommée « le jeune jaune »
Voir aussi : Peinture
Lire la suite "La tectonique des sensations (1/3)"
Quel art est-il s'il vous plaît ?
Par Louis Asselin | (2) Commentaires | Permalink
Qui rêve d'accrocher au mur une horloge ou une montre ?
Assez peu de monde, je pense, car la représentation matérielle du temps qui s'écoule ne brille pas d'inspiration. Des chiffres ou des aiguilles dans des cadres assez convenus et hermétiques.
Le designer sculpteur Alain Persouyre renouvelle le genre avec des matériaux comme la pierre de lave polie et le verre sablé, des formes inattendues et symboliques, ainsi -et ça c'est tout de même le clou et le panache- que des systèmes de diodes lumineuses qui matérialisent les heures, les minutes et les secondes.
Le temps est lumière, il pulse et s'écoule.
Le temps qui passe, des petits points lumineux dans des bouts de roche...
Des noms pour ses Marques-Temps : Lune et Soleil, La proue du temps, Arc de ciel, Dialogue avec le temps, Echelle du temps, Temps courbe...
Voir aussi : Sculpture
Lire la suite "Quel art est-il s'il vous plaît ?"
Sur le moment photographique
Par Louis Asselin | (1) Commentaires | Permalink
Martigues - la Venise provençale.
Ballade.
Il est 16 h 37.
Je me retourne et découvre une peinture géante.
Une peinture sur la peinture, du soleil, la rue.
Bientôt des gens vont passer devant.
Le moment des circonstances photographiques approche.
Voilà, ça vient. Clic.
La photo n'est qu'une conjonction de coordination.
Voir aussi : Photographie









